Grève du 5 novembre : pourquoi l’austérité mobilise cinq syndicats

Cinq organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, Unsa, FSU) appellent à une grève interprofessionnelle le 5 novembre 2026 pour dénoncer les 54 milliards d’euros de coupes budgétaires prévues par le gouvernement. Face à l’inflation généralisée et au gel des salaires, l’intersyndicale exige des augmentations salariales, une réforme fiscale et un redéploiement des 211 milliards d’aides publiques aux entreprises.

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By La rédaction Published on 6 octobre 2026 10h45
La CGT veut faire du 29 septembre 2026 une journée nationale de grève des agents publics contre les orientations salariales du budget 2027. ChatGPT
La CGT veut faire du 29 septembre 2026 une journée nationale de grève des agents publics contre les orientations salariales du budget 2027. ChatGPT - © Economie Matin
54 MILLIARDS €Le projet de budget 2027 du gouvernement Lecornu prévoit 54 milliards d'euros de coupes budgétaires

Carburant, alimentation, énergie, logement : tous les postes de consommation des ménages français augmentent depuis des mois, tandis que les salaires et pensions restent gelés. C'est cette équation économique intenable que l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Unsa, FSU) dénonce en appelant à une grève interprofessionnelle le 5 novembre 2026, une semaine après le succès de la mobilisation du secteur public (300 000 manifestants le 29 septembre). L'appel lancé le 5 octobre s'adresse à l'ensemble des salariés du public et du privé, aux retraités et aux jeunes.

Impact des 54 milliards d'euros de coupes budgétaires en 2027

Le projet de budget 2027 du gouvernement Lecornu prévoit 54 milliards d'euros de coupes budgétaires, soit près de 2 % du PIB français, impactant directement les revenus des ménages. Les principales mesures incluent le gel du point d'indice des fonctionnaires, le blocage des revalorisations automatiques des prestations sociales et une limitation des hausses salariales dans le privé. Alors que l'inflation continue d'éroder le pouvoir d'achat, les syndicats estiment que ces mesures d'austérité aggravent la situation économique des Français plutôt que de la résoudre. Le gouvernement justifie ces coupes par la nécessité de réduire le déficit public, mais l'intersyndicale y voit un choix politique qui privilégie l'orthodoxie budgétaire au détriment de la justice sociale.

L'intersyndicale alerte sur un « déclassement inédit » des travailleurs français. Selon leur communiqué, « carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… Tout augmente sauf les salaires et les pensions ». Cette augmentation généralisée des prix, touchant l'énergie, l'alimentation, le logement et les transports, entraîne une diminution des salaires réels. Les syndicats soulignent que cette perte de pouvoir d'achat résulte d'un choix politique délibéré. Le gel des salaires dans la fonction publique et la faiblesse des augmentations dans le privé accentuent le décalage entre le coût de la vie et les revenus disponibles.

Les revendications syndicales pour le pouvoir d'achat

L'intersyndicale formule des revendications précises pour restaurer le pouvoir d'achat. Elle exige une augmentation générale des salaires dans le public et le privé, une revalorisation du Smic, et une hausse des pensions de retraite et des aides sociales. La CGT et ses partenaires demandent également le dégel du point d'indice dans la fonction publique et l'indexation automatique des salaires sur l'inflation. Ces mesures visent à compenser la perte de pouvoir d'achat accumulée depuis plusieurs années. Les syndicats insistent sur la nécessité d'augmentations immédiates et substantielles, pas de simples ajustements symboliques. Ils estiment que sans rattrapage salarial, la consommation des ménages continuera de se contracter, aggravant le risque de récession économique.

Au-delà des salaires, l'intersyndicale propose une alternative budgétaire, demandant l'évaluation, le conditionnement et le redéploiement de 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises. Ce montant considérable représente près de quatre fois les coupes budgétaires envisagées. Les syndicats réclament également une réforme fiscale incluant la taxation des patrimoines, des héritages et des dividendes. Cette approche vise à financer les augmentations salariales et les services publics sans recourir à l'austérité. L'exemple récent du tarif agent montre que l'État peut renoncer à des recettes fiscales significatives quand la pression sociale s'intensifie. L'intersyndicale estime qu'une politique industrielle ambitieuse, combinée à une justice fiscale renforcée, permettrait de relocaliser et décarboner l'économie tout en préservant les revenus.

Enjeux économiques et mobilisation attendue du 5 novembre 2026

La grève du 5 novembre s'inscrit dans une dynamique de mobilisation croissante, après les 300 000 manifestants du secteur public le 29 septembre. Cette fois, l'appel élargit le mouvement au secteur privé, aux retraités et aux jeunes. L'intersyndicale affirme : « La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut sans attendre répondre aux urgences sociales et environnementales ». Cette convergence entre secteurs public et privé constitue un signal fort adressé au gouvernement et au patronat. Le mouvement lycéen et étudiant, qui organise sa troisième journée de mobilisation le 6 octobre, bénéficie du soutien syndical. L'intersyndicale précise toutefois : « Dans le respect de l'indépendance du mouvement lycéen, nos organisations partagent les revendications pour de meilleures conditions d'étude et davantage d'égalité ».

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