VTC : une hausse de la rémunération face au prix du carburant

La flambée des prix à la pompe rattrape les plateformes de VTC. Uber, Bolt, Freenow, Heetch et LeCab vont relever temporairement la garantie minimale de revenu horaire des chauffeurs. Une revalorisation destinée à amortir le choc des carburants, mais déjà jugée trop limitée par une organisation représentative des conducteurs.

Anton Kunin
By Anton Kunin Last modified on 30 septembre 2026 8h14
VTC : une hausse de la rémunération face au prix du carburant
@shutter - © Economie Matin
32 eurosLes chauffeurs VTC percevront un minimum horaire garanti de 32 euros, contre 30 euros actuellement.

VTC : une revalorisation de 2 euros pour octobre et novembre 2026

Le mardi 29 septembre 2026, les principales plateformes de VTC opérant en France ont annoncé une hausse de leur garantie minimale de revenu horaire pour les mois d’octobre et novembre. Le seuil passera de 30 à 32 euros par heure d’activité, annoncent Uber et la Fédération française du transport de personnes sur réservation, qui regroupe notamment Bolt, Freenow, Heetch et LeCab.

La décision intervient dans un environnement devenu nettement plus coûteux pour les chauffeurs. Le 30 septembre, le gazole atteignait encore 2,392 euros le litre en moyenne en France et le SP95-E10 2,172 euros. Malgré un léger reflux quotidien, ces niveaux restent élevés et pèsent directement sur une profession pour laquelle les kilomètres parcourus constituent l’un des principaux postes de charges variables.

Cette mesure décidée par les plateformes représente une augmentation de 2 euros de la garantie par heure d’activité, soit environ 6,7% par rapport au plancher de 30 euros jusqu’ici appliqué. Elle sera limitée à deux mois, octobre et novembre 2026. « Plateformes et représentants des chauffeurs se sont accordés pour relever temporairement de 30 euros à 32 euros par heure d’activité la garantie minimale de revenu mensuelle », indiquent Uber et la Fédération française du transport de personnes sur réservation.

VTC : davantage de chauffeurs seront éligibles au versement compensatoire

Cette garantie ne doit toutefois pas être confondue avec un salaire horaire classique. Son calcul s’effectue sur l’ensemble du mois à partir des heures d’activité concernées et vise à compléter les revenus lorsque ceux-ci restent sous le plancher prévu. Le mécanisme existait donc avant la flambée actuelle des carburants : il découle d’un accord sectoriel conclu en 2023 avec les représentants des chauffeurs. La décision prise fin septembre ne crée pas un nouveau dispositif, elle rehausse temporairement le seuil existant.

L’effet recherché est double. D’abord, les chauffeurs déjà bénéficiaires du mécanisme verront leur seuil garanti augmenter. Ensuite, certains conducteurs dont les revenus dépassaient auparavant les 30 euros par heure d’activité, mais demeurent inférieurs au nouveau niveau de 32 euros, entreront à leur tour dans le dispositif. Autrement dit, la revalorisation élargit mécaniquement le périmètre des chauffeurs susceptibles de percevoir un versement compensatoire.

Ce relèvement arrive après plusieurs semaines de forte tension sur les carburants. Entre le 1er et le 25 septembre 2026, le prix moyen du gazole est passé de 2,218 à 2,399 euros le litre, soit une progression de 0,181 euro ou 8,2%. Sur la même période, le SP95-E10 est passé de 2,044 à 2,165 euros, soit une hausse de 5,9%. Pour un plein de 50 litres, la seule évolution enregistrée durant ces semaines représentait environ 9,05 euros supplémentaires pour le gazole et 6,05 euros pour le SP95-E10.

Anton Kunin

Après son Master de journalisme, Anton Kunin a rejoint l'équipe d'ÉconomieMatin, où il écrit sur des sujets liés à la consommation, la banque, l'immobilier, l'e-commerce et les transports.

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