Un constat inquiétant s’impose, selon une étude menée par le ministère de l’Éducation nationale, la moitié des élèves de sixième ne sont pas capables de courir plus de cinq minutes. Cette révélation, issue d’une évaluation physique à l’échelle nationale, soulève de nombreuses interrogations sur la sédentarité croissante des plus jeunes, leur santé globale et la place de l’activité physique dans leur quotidien.
Courir 5 minutes : la moitié des élèves de sixième en sont incapables

Lancement d’une évaluation inédite en septembre 2025
C’est en septembre 2025 que le ministère de l’Éducation nationale a lancé une évaluation physique de grande ampleur, portant sur 267 000 élèves de sixième répartis dans environ un tiers des collèges publics et privés sous contrat. L’objectif ? Mesurer leurs aptitudes physiques, à travers trois tests : un test d’endurance cardiorespiratoire, un saut en longueur sans élan et une course de 30 mètres. Ce dispositif visait à dresser un état des lieux précis de leur condition physique, dans un contexte où la question du niveau de forme des élèves de sixième est devenue un enjeu de santé publique. Les premiers résultats, rendus publics le 6 février 2026, ont révélé des chiffres préoccupants.
Selon Le Parisien, seuls 50 % des élèves de sixième ont réussi à courir pendant cinq minutes consécutives à une vitesse minimale de 9,5 km/h. À l’inverse, 18 % des élèves ne parviennent pas à courir plus de trois minutes à 8,5 km/h. Cette situation met en évidence une chute significative de l’endurance chez une large partie des collégiens, reflet d’un mode de vie de plus en plus sédentaire. Cette tendance a été confirmée par Franceinfo qui rapportait : « La moitié des élèves de sixième sont incapables de courir plus de 5 minutes, selon le ministère de l’Éducation nationale ».
Des résultats révélateurs d’inégalités persistantes
L’analyse des données révèle également d’importantes disparités selon les profils. Tout d’abord, les garçons s’en sortent globalement mieux que les filles lors de l’épreuve d’endurance. « Les garçons présentent des performances supérieures à celles des filles : ils sont 55,7 % à avoir une maîtrise satisfaisante contre 34,8 % des filles, soit un écart de 20,9 points en leur faveur », peut-on lire dans le communiqué. Bien que les raisons exactes de cet écart n’aient pas été détaillées dans le rapport ministériel, cette différence pose question quant à la manière dont l’éducation physique est vécue et pratiquée selon le genre. Par ailleurs, les écarts de performances sont également sensibles selon les établissements. Les résultats varient en fonction du milieu social des élèves : les collèges situés dans des zones prioritaires enregistrent des performances moyennes inférieures à celles des établissements situés en zones plus favorisées.
Cela confirme que les inégalités sociales se reflètent aussi dans les conditions d’accès à l’activité physique, tant au sein qu’en dehors de l’école. À noter également que seulement 34,2 % des élèves atteignent un niveau d’endurance jugé satisfaisant selon les critères du ministère. Ce chiffre met en évidence la nécessité de revoir les dispositifs d’encouragement à la pratique sportive régulière, tant dans l’environnement scolaire qu’extrascolaire.
Une alerte sanitaire sur la capacité à courir, et au-delà
Les résultats de cette évaluation ne se limitent pas à un simple indicateur sportif, ils traduisent un problème de santé publique plus large. Courir, en effet, est bien plus qu’un effort physique ponctuel. Il s’agit d’un révélateur de la condition physique générale des enfants, de leur endurance cardiovasculaire, mais aussi de leur rapport au corps et à l’effort. Or, les données collectées soulignent une dégradation généralisée de ces capacités dès l’entrée au collège. Le ministère n’a pas encore précisé les suites concrètes qu’il compte donner à cette évaluation. Néanmoins, plusieurs pistes sont déjà évoquées, comme la revalorisation des heures d’éducation physique et sportive au collège, le renforcement du sport scolaire, ou encore la collaboration avec les collectivités locales pour améliorer l’accès aux installations sportives.
Pour rappel, le Haut Conseil de la santé publique recommande au moins 60 minutes d’activité physique quotidienne pour les enfants et adolescents. Pourtant, selon plusieurs études antérieures, moins d’un élève sur deux respecte cette consigne. Les résultats actuels sur leur capacité à courir en sont une illustration directe. Si la capacité à courir peut sembler secondaire à première vue, elle constitue en réalité un marqueur puissant de l’état de santé des nouvelles générations, et un indicateur précieux pour orienter les politiques publiques de prévention.
