Voiture électrique : encore trop chère pour 6 Français sur 10

Le baromètre Logivolt 2026 révèle un paradoxe : 49% des Français citent le coût d’installation des bornes comme principal frein à la voiture électrique, devant le prix du véhicule lui-même. Avec seulement 18% d’immeubles équipés face à 45% d’habitants intéressés, l’infrastructure résidentielle devient le verrou budgétaire majeur de la transition électrique en habitat collectif.

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By La rédaction Published on 6 octobre 2026 14h41
Bornes de recharge : pourquoi les prix deviennent incontrôlables
Voiture électrique : encore trop chère pour 6 Français sur 10 - © Economie Matin
68%Même parmi les propriétaires de voitures électriques, 68% rencontrent des difficultés liées à la recharge.

Bien que le prix des véhicules électriques diminue, un obstacle persiste : l'absence de bornes de recharge dans les immeubles. Selon le baromètre Logivolt 2026 publié le 6 octobre par l'Ifop, 49% des Français considèrent le coût d'installation des bornes comme le principal frein, dépassant même le prix du véhicule. Ce décalage est frappant : tandis que 45% des habitants en habitat collectif envisagent d'acquérir un véhicule électrique ou hybride rechargeable, seuls 18% disposent d'une solution de recharge à domicile.

Au-delà du prix du véhicule

Bien que 58% des répondants citent le coût d'acquisition comme frein principal, cette perception évolue. Les aides gouvernementales, la baisse des prix catalogue et un marché de l'occasion en expansion facilitent l'accès aux véhicules électriques. Les préoccupations concernant l'autonomie (42%) et la durée de vie des batteries (36%) suivent. Cependant, une réalité plus complexe émerge : 67% des sondés pointent des obstacles liés aux bornes ou au temps de recharge, et ce chiffre atteint 73% si l'on inclut le coût de la recharge. L'infrastructure devient centrale dans la transition vers l'électrique.

Le coût des installations de bornes, un frein majeur

Installer une borne en copropriété représente un investissement conséquent, oscillant entre 1 500 et 3 000 euros par station. Pour un immeuble, cela peut rapidement atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros. Selon l'étude Ifop, 49% des résidents en habitat collectif identifient ce coût comme le principal obstacle, bien devant l'accord de la copropriété (36%) et les contraintes techniques (34%). Damien, participant à l'étude, explique : « Ça m'est passé par la tête, mais je me suis dit que ça va être une galère, il faut que je voie la copropriété, etc. » Cette complexité financière décourage souvent dès le départ.

Les défis de l'infrastructure résidentielle

Le baromètre Logivolt expose un écart criant : seuls 18% des immeubles sont équipés de solutions de recharge, contre 45% d'habitants prêts à passer à l'électrique. Même parmi les propriétaires de voitures électriques, 68% rencontrent des difficultés liées à la recharge. L'absence de bornes résidentielles pousse à utiliser des bornes publiques, plus coûteuses (0,40 à 0,70 euro le kWh contre 0,15 à 0,20 euro à domicile), créant un écart budgétaire annuel pouvant dépasser 500 euros pour 12 000 kilomètres parcourus.

Obtenir l'accord de la copropriété nécessite un vote en assemblée générale, précédé d'études de faisabilité coûteuses, entre 500 et 1 500 euros. Certains craignent une dévaluation du parking ou une hausse des charges. Michel, un autre participant à l'étude, exprime ses inquiétudes : « C'est quand même la crainte aussi de se dire, nous on est en immeuble, il n'y a pas de bornes dans la résidence. Donc c'est de se dire : comment est-ce qu'on charge ? » L'incertitude administrative se double d'une incertitude financière, créant un obstacle psychologique et économique.

Le modèle collectif avec souscription individuelle : une solution

Pour surmonter ces obstacles, un modèle émerge : l'offre collective avec souscription individuelle. Un opérateur installe et gère les bornes pour l'immeuble, chaque résident payant son usage via un abonnement mensuel de 20 à 40 euros. L'investissement initial est mutualisé et les frais de maintenance externalisés. Selon l'Ifop, 72% des habitants en habitat collectif sont favorables à ce modèle, et ce chiffre atteint 89% chez les intentionnistes. Ce modèle économique, en diluant les coûts et simplifiant la gestion, attire l'attention des constructeurs automobiles, conscients que l'infrastructure est aussi cruciale que le produit pour la transition vers l'électrique.

Ce modèle permet d'amortir les coûts fixes sur plusieurs années et utilisateurs. Un immeuble de 50 logements équipant 10 places peut diviser le coût unitaire par deux ou trois par rapport à une installation individuelle. Les aides publiques réduisent encore la facture. Pour 88% des intentionnistes, une solution de recharge accessible déclencherait l'achat. La recharge est considérée très tôt dans le processus d'achat : 53% des personnes y réfléchissent avant même d'envisager le véhicule. Résoudre le financement de l'infrastructure pourrait débloquer un marché de plusieurs millions de foyers français.

En résumé, l'adoption de la voiture électrique en habitat collectif est plus freinée par le coût de l'infrastructure que par celui du véhicule. Avec 49% des Français identifiant le coût d'installation des bornes comme obstacle majeur et seulement 18% d'immeubles équipés, le modèle collectif avec souscription individuelle pourrait démocratiser l'accès à l'électrique. Il reste à convaincre syndics et copropriétés d'investir collectivement pour faciliter la mobilité décarbonée.

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