Dans un contexte marqué par l’incertitude fiscale, la pression sur les entreprises et un nombre record de défaillances, une stratégie radicale s’impose : ne plus subir mais agir, en transformant chaque euro économisé en levier de croissance. Ce changement de posture est la clé pour traverser la crise conjoncturelle, sans s’enliser.
Faire des coûts cachés le carburant de la reprise

Déjà 32 000 défaillances d’entreprises ont été enregistrées au premier semestre 2025. Soit une hausse de 14,5 % par rapport à la même période, en 20241. Ce constat n’est pas qu’un chiffre alarmant : il est le révélateur d’une faiblesse trop souvent sous-estimée : celle de la marge de manœuvre interne des entreprises, de leur capacité à anticiper, à se préparer, à agir.
Pourtant, loin de subir passivement les hausses de taxation, la fragilisation des marchés ou l’instabilité réglementaire, les entreprises ont à leur portée des « gisements » d’économie et de croissance. Mais encore faut-il les identifier et les mobiliser. Et surtout, les considérer non comme des coins de table à rogner, mais comme des ressources stratégiques à valoriser.
L’urgence d’agir plutôt que d’attendre
Dans un environnement où la croissance stagnante se conjugue à une hausse des taux, à des tensions sur les coûts de l’énergie, à la faible consommation des ménages, l’attente est un piège. La crise dure, la confiance ne revient pas et la perspective de solutions externes se réduit. L’État ne semble pas disposé à ouvrir les vannes. L’attention se concentre sur de micro-avancées, qui n’en sont pas vraiment, comme l’exonération des pourboires. Signe que les décisions en faveur des entreprises, en lien avec le projet de loi de finance, seront – au mieux – marginales. Et au pire, en notre défaveur.
La tendance est davantage aux hausses des taxations. Résultat : l’air manque. Et des décisions drastiques s’imposent aux organisations les plus fragiles. Les chiffres des licenciements économiques sont d’ailleurs en hausse au deuxième trimestre 2025 (+2,5 % par rapport au trimestre précédent2).
Les « gisements invisibles »
Car, quand il s’agit de faire des économies, le premier réflexe est souvent de diminuer la masse salariale. Avec, en première ligne, les profils séniors, qui ont la plus forte rémunération. Bien que parfois indispensable, c’est une erreur. Avec une économie française majoritairement composée à 80%3 d’activités de service, l’humain ne peut pas être la variable d’ajustement principale. Car sans équipe, sans talent, sans expertise, pas de capacité de rebond. Dès que l’horizon s’éclaircira, seuls ceux qui ont pu maintenir leur capacité de production repartiront.
Il faut donc se concentrer sur d’autres leviers d’économies, qui n’entacheront pas la reprise. Les vrais gisements sont ailleurs : des achats indirects mal calibrés, des bulletins de paie comportant des erreurs, des taxes mal calculées, des services sous-exploités, des contrats passifs... Ces postes ne sont pas spectaculaires, mais cumulés, ils peuvent libérer des centaines de milliers d’euros dans une PME ou des millions dans une ETI.
Ils permettent ainsi de continuer à investir, même en période creuse. Renouveler son parc de machines pour gagner en compétitivité, se former aux dernières innovations technologiques pour accroitre la productivité ou tout simplement maintenir son effectif constant pour conserver les talents et faire la différence pour sortir de l’ombre quand les autres attendent ou ralentissent.
Les entreprises, qui comprennent qu’au cœur de leur organisation résident des gisements de croissance souvent invisibles, créent non seulement de la marge mais aussi de la liberté. La liberté d’investir, de choisir, de rebondir.
1 : source Infogreffe
2 : source DARES
3 : source Insee
