La Commission de régulation de l’énergie a publié le 5 novembre ses analyses des projets énergétiques de la Corse et de la Guadeloupe. Le régulateur souligne le coût des conversions de centrales thermiques au bioliquide et l’intérêt économique d’un développement soutenu du solaire.
Électricité en Corse et en Guadeloupe : la CRE met en garde contre le coût du bioliquide

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a rendu accessibles le 5 novembre 2026 ses analyses des projets de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de la Corse et de la Guadeloupe. Ces avis, élaborés en 2024, attirent l’attention sur l’impact financier des conversions de centrales thermiques au bioliquide et sur le rôle du photovoltaïque dans la maîtrise des coûts de production.
Deux conversions thermiques examinées
Dans sa présentation des avis publiée le 5 novembre, la CRE cite les centrales de Pointe Jarry, en Guadeloupe, et de Lucciana, en Corse. Leur conversion au bioliquide soulève une question budgétaire : le coût variable de cette production reste élevé par rapport à celui des filières renouvelables étudiées.
Les documents portent sur les orientations des territoires, et non sur une nouvelle décision tarifaire applicable immédiatement aux consommateurs. Le rapport consacré à la Guadeloupe est daté du 16 mai 2024 ; celui consacré à la Corse du 4 avril 2024. Leur mise en ligne commune intervient dans le débat sur les trajectoires énergétiques des zones non interconnectées.
Le solaire, levier de maîtrise des charges publiques
La CRE juge cohérents et ambitieux les objectifs de développement des énergies renouvelables prévus dans les deux projets, principalement le photovoltaïque et, dans une moindre mesure, l’éolien. Elle recommande de poursuivre le déploiement de ces filières, dont les coûts sont inférieurs aux coûts variables des centrales au bioliquide. Ses analyses évaluent également les conséquences financières d’un développement des renouvelables moins rapide que prévu.
Dans ces territoires, la production d’électricité supporte des contraintes particulières liées à l’insularité et à la taille des réseaux. La CRE rappelle dans sa présentation des zones non interconnectées que les surcoûts de production sont compensés au titre des charges de service public de l’énergie. Les choix de production intéressent donc les finances publiques autant que la sécurité d’approvisionnement locale.
Des programmations encore soumises à leur procédure d’adoption
Pour la Corse, dont le projet examiné porte sur l’horizon 2028, le régulateur recommande d’engager dès maintenant les travaux d’une programmation allant jusqu’en 2038. Les PPE suivent une procédure comprenant plusieurs consultations institutionnelles et une consultation publique d’au moins un mois, avant validation territoriale et adoption par décret. La publication de ces avis ne vaut donc pas adoption des projets.
L’enjeu pour les collectivités et l’État consiste à articuler investissements thermiques, renouvelables et sécurité du réseau tout en limitant les charges de compensation supportées à l’échelle nationale.