Les taux nippons au plus haut depuis 1997 ! Et si la crise venait du Japon ?

Dans le monde incertain dans lequel nous évoluons, mon travail d’analyste est d’essayer de prévoir d’où peuvent venir les mauvais coups, d’où peut surgir un risque inattendu et vous permettre d’avoir une longueur d’avance pour vous prémunir au mieux, en quittant les marchés à temps, en fuyant une classe d’actifs au meilleur moment comme cela a été le cas avec les SCPI que les abonnés à la lettre Stratégies avaient pu revendre avant l’effondrement de cette classe d’actifs et les problèmes de liquidités et de valorisation que les SCPI ont connues.

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By Charles Sannat Published on 28 janvier 2026 8h06
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1,70%Taux de croissance annuel du PIB au Japon a atteint en moyenne 1,70 % entre 1981 et 2025

Vous avez un risque qui est très peu évoqué actuellement et qui pourtant pose un véritable problème c’est le cas japonais.

Le problème ce sont les taux japonais qui n’en finissent pas de monter alors qu’ils ont été traditionnellement proches de 0 pendant des années. De très longues années.

Ces taux nippons très bas ont alimenté ce que l’on appelle le « carry trade ».

Le Carry Trade Késako ?

Le carry trade, ou l’opération spéculative sur écart de rendement si on tente une traduction,on est une technique financière très employée sur le Forex (marché des changes), et qui consiste à profiter des écarts de rendement entre différents types d’actifs. Le carry trade n’est pas un arbitrage, car un arbitrage parfait est certain de générer un profit au dénouement. Le carry trade ne génère un profit que si le différentiel de rendement ne s’inverse pas. L’expression importante ici est « si le rendement ne s’inverse pas ».

Les acteurs qui ont recours au carry trade sont nombreux : institutionnels d’une part (Hedge funds, États) et privés d’autre part (entreprises, spéculateurs). La finalité du carry trade est de jouer sur un différentiel de taux d’intérêt entre deux pays, et donc entre deux devises : le principe de base du carry trade est donc de s’endetter dans une devise à faible taux d’intérêt et à placer ces fonds empruntés dans une autre devise à taux d’intérêt plus fort.

Depuis des années pour ne pas dire deux décennies, « ON » s’endette à pas cher en yens japonais à taux proches de zéro et « ON » va investir par exemple en obligations de l’Etat français ou en bons du trésor américain qui rapportent plus que 0.

Le problème c’est que si les taux japonais poursuivent leur mouvement de hausse, il va falloir couper les positions et donc vendre les actifs qui ont été achetés pour aller rembourser le crédit en yen avant de perdre de l’argent.

Résultat… quand tout le monde veut sortir en même temps du même actif, vous avez une situation de krach financier potentiel.

Il faut surveiller comme le lait sur le feu les taux japonais, cette hausse peut mettre le feu aux poudres et être un élément déclencheur d’une grosse crise.

L’année 2026 décidément va être passionnante.

Gardez bien votre or au chaud.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011. Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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