Croissance : l’économie française ralentit en 2025

La croissance de la France en 2025 s’inscrit dans un paysage économique européen marqué par la prudence. Avec une progression mesurée du produit intérieur brut, l’économie française évite la stagnation tout en confirmant un ralentissement structurel, à rebours de certaines dynamiques observées chez ses voisins.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 30 janvier 2026 8h12
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0,2%La croissance en France n'a été que de 0,2% au dernier trimestre 2025.

Les résultats définitifs publiés par l’Insee le 30 janvier 2026 éclairent la trajectoire de la croissance française en 2025. Le PIB progresse de 0,9 % sur l’ensemble de l’année, un niveau supérieur aux anticipations initiales mais inférieur aux performances passées. Cette croissance modérée s’inscrit dans un contexte européen contrasté, marqué par le ralentissement de l’Allemagne et une reprise plus vigoureuse dans le sud de l’Europe, notamment en Espagne.

La croissance de la France en 2025 en plein ralentissement

La croissance de la France en 2025 repose sur des moteurs inégalement répartis. Selon l’Insee, le PIB augmente de 0,9 % en moyenne annuelle, après une hausse de 1,1 % en 2024. Cette progression traduit une économie en hausse, mais sans dynamique forte. La demande intérieure finale hors stocks apporte une contribution positive de 0,3 point à la croissance, confirmant son rôle central dans le modèle économique français.

Toutefois, l’investissement constitue un frein notable. La formation brute de capital fixe recule sur l’année, amputant la croissance de 0,2 point. Ce ralentissement s’explique par le maintien de conditions financières restrictives et par l’attentisme des entreprises face aux incertitudes économiques. En parallèle, la consommation des ménages progresse faiblement. Malgré une inflation en recul sur la seconde partie de l’année, les comportements d’épargne demeurent prudents, limitant l’impact de la consommation sur la croissance, analyse l’Insee.

Le commerce extérieur, en revanche, soutient nettement l’économie. En 2025, la contribution des échanges extérieurs atteint +0,9 point, une évolution inhabituelle pour la France. Selon l’Insee, cette amélioration résulte d’une progression plus rapide des exportations que des importations, dans un contexte de normalisation des prix de l’énergie et de demande mondiale plus favorable en fin d’année.

Un ralentissement progressif de la croissance française en 2025

La dynamique trimestrielle confirme le ralentissement de la croissance en 2025. Après une accélération notable au troisième trimestre, avec une hausse du PIB de 0,5 %, l’économie française marque le pas en fin d’année. Au quatrième trimestre, la croissance se limite à 0,2 %, selon les données publiées par l’Insee.

Ce ralentissement s’inscrit dans une tendance plus large. Après une croissance de 1,6 % en 2023, puis de 1,1 % en 2024, l’année 2025 confirme une trajectoire descendante. La hausse prolongée des taux d’intérêt pèse sur l’investissement immobilier et productif, tandis que la normalisation progressive des politiques budgétaires réduit les soutiens à l’activité. Dans ce contexte, la croissance reste positive mais insuffisante pour générer une reprise vigoureuse.

La croissance de la France en 2025 face aux performances européennes

Comparée à ses partenaires, la croissance de la France en 2025 se situe dans une position intermédiaire. Selon les projections de l’OCDE, la croissance moyenne de la zone euro atteindrait environ 1,3 % en 2025, un niveau supérieur à celui observé en France. L’Allemagne, en revanche, affiche une quasi-stagnation, pénalisée par la faiblesse de son industrie et le recul de ses exportations. À l’opposé, l’Espagne bénéficie d’une croissance plus dynamique, portée par le tourisme et l’investissement public.

Cette comparaison met en lumière les spécificités de l’économie française. La croissance repose principalement sur la demande intérieure et les services, offrant une certaine résilience face aux chocs extérieurs. Toutefois, ce modèle limite les gains de productivité et la capacité d’accélération à moyen terme. En 2025, cette configuration permet à la France d’éviter la récession, mais l’empêche de rejoindre les économies européennes les plus dynamiques.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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