Alors que le gouvernement table encore sur un redressement progressif, les dernières prévisions de croissance publiées par l’OFCE confirment un ralentissement durable de l’économie française. L’institut anticipe une progression du PIB limitée à 0,7 % en 2025 et 2026, loin des ambitions du gouvernement.
Croissance : l’OFCE est pessimiste pour 2025 et 2026

Publié le 15 octobre 2025, le dernier rapport de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dresse un constat prudent sur la croissance de la France. L’organisme, rattaché à Sciences Po, ne partage pas l’optimisme du gouvernement. Il prévoit une progression de seulement 0,7 % du PIB en 2025, contre plus du double dans les hypothèses officielles.
Croissance française : l’OFCE table sur un rythme au ralenti
L’OFCE estime que la croissance restera « timide en 2025 et 2026, amputée par un climat politique incertain, un affaiblissement de la demande intérieure et des tensions commerciales internationales croissantes », relaye BFMTV. Ce diagnostic rejoint celui publié dans le Policy Brief intitulé France : l’incertaine croissance, où les chercheurs soulignent que « les chocs négatifs l’emportent sur ceux positifs ».
Selon cette analyse, l’activité économique ne progresserait que de 0,7 % en 2025, puis 0,7 % en 2026, bien en-deçà de la croissance potentielle estimée à 1,4 % par l’institut. La prévision repose sur un faisceau de facteurs : un environnement international incertain, un commerce extérieur atone et une politique budgétaire plus restrictive que prévu. L’OFCE chiffre l’effet négatif des mesures de consolidation à – 0,4 point de PIB en 2025, illustrant combien la réduction du déficit pèse sur la reprise.
Un déficit public durablement élevé selon les prévisions
Le déséquilibre budgétaire reste, selon l’OFCE, un sujet majeur. L’institut prévoit un déficit public atteignant 5,4 % du PIB en 2025, puis 5,0 % en 2026. Ces chiffres contredisent la cible gouvernementale, qui vise un retour à 4,7 % dès 2026.
L’analyse de l’OFCE explique cet écart : malgré des mesures de réduction des dépenses équivalentes à 1,6 point de PIB sur deux ans, la hausse des charges d’intérêt (+ 0,5 point sur la période) et la faiblesse de l’activité neutralisent l’essentiel des efforts. Le rapport souligne : « Compte tenu de la hausse des charges d’intérêts (+ 0,5 point de PIB en deux ans) et du creusement du déficit conjoncturel lié à la faiblesse de l’activité », la consolidation budgétaire sera moins efficace que prévu.
Les économistes de l’institut rappellent que le déficit avait déjà atteint 5,8 % du PIB en 2024, un niveau historiquement élevé. L’objectif européen de retour sous la barre des 3 % semble donc hors d’atteinte avant 2029.
