La guerre en Iran fait vaciller l’équilibre énergétique mondial. En quelques heures, le baril a bondi de plus de 13 %, franchissant les 80 dollars, sous l’effet des tensions autour d’Ormuz, artère vitale du transit pétrolier planétaire.
Détroit d’Ormuz : la guerre en Iran fait bondir de 13% le baril de pétrole

Le détroit d’Ormuz, artère stratégique du pétrole et de l’énergie mondiale
Lundi 2 mars 2026, à l’ouverture des marchés asiatiques, les écrans des salles de marché ont viré au rouge vif. Le baril de Brent (pétrole de la mer du Nord), référence internationale, a brièvement dépassé les 80 dollars, atteignant environ 82 dollars dans les premiers échanges, selon The Guardian du 2 mars 2026. Cela représente une envolée de plus de 13 % par rapport à la fin de semaine précédente, dans un contexte d’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Ce seuil psychologique n’est pas anodin. Il traduit la nervosité extrême des opérateurs face au risque d’un blocage du détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement pétrolier mondial, selon une analyse d’UBS. Un baril sur cinq dépend en effet directement de cette étroite bande d’eau séparant l’Iran de la péninsule arabique.
Comme l’a souligné un analyste d’HSBC cité par Investing.com, « le transit par Ormuz est la principale préoccupation ». Il ajoute que « même si les capacités de réserve dans le Golfe du Moyen-Orient sont importantes, elles ne seraient pas accessibles si le détroit était fermé ». Le message est limpide : en cas de rupture physique du trafic, les volumes théoriquement disponibles resteraient bloqués en amont.
Le détroit, large d’une quarantaine de kilomètres dans sa partie la plus étroite, concentre les exportations de plusieurs grands producteurs du Golfe. Toute menace militaire ou attaque contre des navires suffit à déclencher une flambée immédiate des cours. Plusieurs dizaines de pétroliers se sont d’ailleurs déjà arrêtés en mer dans l’attente de savoir si le passage est sûr.
Guerre en Iran : un risque direct sur l’approvisionnement pétrolier
La guerre en Iran menace de fait directement l’offre mondiale de pétrole. Selon UBS, toujours cité par Investing.com, des dommages aux infrastructures pourraient mettre en péril environ 3,3 millions de barils par jour d’approvisionnement iranien. Cela équivaut à plus de 3 % de la consommation mondiale quotidienne.
Dès le dimanche 1er mars, les marchés de gré à gré ont intégré cette menace. Reuters rapportait le 1er mars 2026 que les prix du pétrole avaient bondi d’environ 10 % en réaction aux frappes et aux risques sur la navigation. Les analystes interrogés par l’agence évoquaient même la possibilité d’un baril à 100 dollars si la situation devait s’aggraver.
Le mouvement s’est confirmé le lendemain. Selon The Guardian du 2 mars 2026, le Brent a brièvement atteint 82 dollars le baril. L’Associated Press, le même jour, évoquait également une forte hausse des prix, avec un marché fortement en hausse à l’ouverture, traduisant une inquiétude généralisée sur la sécurité du transit maritime.
Le signal est clair : ce n’est pas seulement la production iranienne qui inquiète, mais l’ensemble de la chaîne logistique. Si des navires sont touchés ou si les assureurs majorent brutalement leurs primes de risque, le flux se grippe.
Guerre en Iran : Un choc potentiel sur le commerce mondial
Le rôle d’Ormuz dépasse largement la seule question du pétrole brut. Gaz naturel liquéfié, produits raffinés, condensats : l’ensemble du complexe énergétique du Golfe dépend de ce corridor. Une fermeture partielle provoquerait un effet domino sur les prix du gaz et, par ricochet, sur les marchés de l’électricité et de l’énergie industrielle.
De fait, les risques accrus dans le détroit d’Ormuz justifient une hausse attendue des prix du pétrole et du gaz. Le marché intègre donc déjà une prime géopolitique. Cette prime se matérialise par une tension accrue sur les contrats à terme et une volatilité inhabituelle des échéances courtes.
Le 27 février 2026, avant l’escalade la plus récente qui a conduit à la mort de Khamenei, le Brent évoluait autour de 72,48 dollars le baril en clôture, selon Reuters le 27 février 2026. En l’espace de trois séances, le marché a donc gagné près de 10 dollars.
Iran : vers un baril durablement élevé ?
À court terme, le marché réagit à la peur. À moyen terme, il évalue la durée du conflit. Si la guerre en Iran s’installe, les opérateurs pourraient revaloriser durablement le baril. L’hypothèse d’un retour au-dessus des 100 dollars le baril circule déjà parmi certains analystes. Toutefois, l’évolution dépendra de plusieurs facteurs. D’une part, la capacité des autres producteurs à augmenter leur offre. D’autre part, l’attitude des grandes puissances importatrices, qui pourraient puiser dans leurs réserves stratégiques pour amortir le choc. Enfin, la stabilité du transit par Hormuz restera déterminante.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que le marché pétrolier mondial fonctionne en flux tendu. Lorsque 20 % de l’approvisionnement mondial transite par un seul détroit, la moindre étincelle militaire se transforme en onde de choc financière.
