Accord douanier UE-USA : Bayrou dénonce une “soumission” et “un jour sombre”

C’est signé. Et déjà vivement contesté. Ce lundi 28 juillet 2025, François Bayrou s’en prend à l’accord douanier scellé entre l’Union européenne et les États-Unis. En cause : des droits de douane à 15 %, des achats massifs de gaz américain, et des engagements financiers colossaux.

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By Grégoire Hernandez Published on 28 juillet 2025 11h40
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Accord douanier UE-USA : Bayrou dénonce une “soumission” et “un jour sombre” - © Economie Matin
750 MILLIARDS €Selon les détails communiqués, l’Union européenne promet 750 milliards d’achats d’énergie, en majorité du gaz naturel liquéfié américain, et 600 milliards d’euros d’investissements supplémentaires dans l’économie des États-Unis.

« Un jour sombre ». C’est par ces mots que François Bayrou a réagi, ce lundi matin, à l’accord trouvé avec Washington. Pour lui, l’Europe vient d’abdiquer.

Bayrou, Ferracci, Le Pen… les critiques fusent

L’Union européenne et les États-Unis ont conclu dimanche 27 juillet 2025, en Écosse, un accord commercial important. À la clé : des droits de douane fixés à 15 % sur la majorité des produits européens exportés vers les États-Unis. Un chiffre élevé, mais bien inférieur aux 30 % que menaçait d’imposer Donald Trump à partir du 1er août 2025.
L’accord prévoit en contrepartie la suppression des droits de douane sur certains secteurs, notamment l’aéronautique, ainsi que des engagements très lourds du côté européen : 750 milliards d’euros d’achats d’hydrocarbures américains, et 600 milliards d’euros d’investissements sur le sol américain.

Dès l’annonce officielle, les réactions politiques se sont multipliées. François Bayrou, Premier ministre français, a dénoncé dans un tweet, ce lundi 28 juillet 2025, « un jour sombre » où « une alliance de peuples libres (…) se résout à la soumission ».
Le ministre de l’Industrie Marc Ferracci, sur France Inter, parle d’un accord « déséquilibré » et pointe les concessions européennes sur les services numériques, un domaine où les États-Unis disposent d’un excédent commercial structurel.
À droite comme à gauche, les critiques convergent. Marine Le Pen évoque une « capitulation en rase campagne », citant les engagements d’importations de gaz et d’armements américains. Jean-Luc Mélenchon parle d’un accord « cédé à Trump », qu’il qualifie de « blague libérale ».

Un deal jugé asymétrique, malgré les garanties annoncées

Côté Commission européenne, Ursula von der Leyen défend une vision opposée. « C’est un bon accord », a déclaré la présidente de l’exécutif européen, affirmant que certains produits seront désormais exonérés de tous droits de douane. Mais le déséquilibre des engagements chiffrés reste au cœur des critiques.
Selon les détails communiqués, l’Union européenne promet 750 milliards d’achats d’énergie, en majorité du gaz naturel liquéfié américain, et 600 milliards d’euros d’investissements supplémentaires dans l’économie des États-Unis. Des montants considérables, jugés excessifs par de nombreux responsables politiques.

Au-delà des chiffres, quelle est la véritable place de l’Europe dans le commerce mondial ? Peut-on parler de partenariat quand un seul camp multiplie les concessions ? Pour Pierre Jouvet, eurodéputé socialiste, cet accord incarne la « vassalisation » économique du Vieux Continent.
Dans les faits, l’objectif était clair : éviter des droits de douane de 30 %, qui auraient pesé lourdement sur les exportateurs européens. Mais à quel prix ?

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Étudiant en école de journalisme. Journaliste chez Économie Matin de 2023 à 2025.

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