La dette des États-Unis s’envole à nouveau. Selon les dernières projections du Congressional Budget Office, le déficit fédéral va se creuser durablement sous l’effet des choix budgétaires et fiscaux récents. À la clé, une dette publique qui dépasserait 120 % du PIB d’ici dix ans, dans un contexte politique dominé par le retour de Donald Trump et des arbitrages fiscaux lourds pour l’économie américaine.
Dette des Etats-Unis : 120 % du PIB en 2036 ?

Le 11 février 2026, le Congressional Budget Office (CBO) a publié ses nouvelles perspectives budgétaires à dix ans. Ce rapport, très attendu à Washington, dresse une trajectoire préoccupante pour la dette fédérale des Etats-Unis. En effet, le déficit se creuse plus vite que prévu, tandis que les projections intègrent désormais l’impact de la politique fiscale et commerciale défendue par Donald Trump.
Une dette des États-Unis sur une trajectoire ascendante, portée par des déficits records
D’emblée, le CBO chiffre le déficit fédéral pour l’exercice 2026 à 1 853 milliards de dollars, soit environ 1 700 milliards d’euros au taux actuel, ce qui représente 5,8 % du PIB, selon Reuters. Autrement dit, la dette continue d’augmenter mécaniquement. De plus, les déficits resteront en moyenne à 6,1 % du PIB sur la période 2026-2035 et atteindraient 6,7 % du PIB en 2036.
Le CBO a révisé à la hausse le cumul des déficits sur dix ans. Il anticipe désormais 23 100 milliards de dollars de déficits entre 2026 et 2035, soit environ 21 200 milliards d’euros, en hausse de 1 400 milliards de dollars par rapport à ses précédentes estimations. Ainsi, la dette détenue par le public dépasserait 120 % du PIB d’ici 2036, contre 101 % aujourd’hui, d’après Reuters. Ce niveau excéderait le pic atteint après la Seconde Guerre mondiale.
La politique économique de Donald Trump critiquée
Cette aggravation de la dette ne tient pas seulement à la dynamique démographique ou aux dépenses sociales. Elle s’explique aussi par des décisions politiques récentes. Le CBO souligne que la trajectoire budgétaire est fragilisée par la prolongation des baisses d’impôts adoptées lors du premier mandat de Donald Trump et par de nouvelles mesures fiscales. Le Financial Times estime que l’extension des réductions d’impôts et certaines politiques migratoires pourraient ajouter environ 4 700 milliards de dollars au déficit sur dix ans, soit près de 4 300 milliards d’euros.
D’un autre côté, les droits de douane élevés, autre pilier de la politique économique de Donald Trump, généreraient environ 3 000 milliards de dollars de recettes supplémentaires sur la décennie. Cependant, ces recettes ne compenseraient qu’en partie l’ampleur des baisses d’impôts et des hausses de dépenses. En conséquence, la dette continuerait de croître. Le directeur du CBO, Philip Swagel, a d'ailleurs jugé que « la trajectoire budgétaire n’est pas durable », lors de la présentation du rapport.
Près de 2000 milliards de dollars de déficit annuel
Au-delà des choix politiques, la mécanique de la dette repose aussi sur la hausse des charges d’intérêts. Selon le Committee for a Responsible Federal Budget, citant le rapport du CBO, les dépenses fédérales passeraient de 23,1 % du PIB à 24,4 % du PIB d’ici 2036, tandis que les recettes progresseraient seulement de 17,2 % à 17,8 % du PIB. Ce déséquilibre structurel nourrit le déficit et accroît le besoin d’emprunt. Or, plus la dette augmente, plus les intérêts pèsent lourdement sur le budget fédéral.
Dans ce contexte, le déficit annuel avoisinerait 1 900 milliards de dollars, soit environ 1 740 milliards d’euros, selon le CBO cité par Associated Press. La dette progresserait presque mécaniquement et une part croissante des recettes fiscales serait absorbée par le service de la dette, réduisant les marges de manœuvre pour l’investissement public ou les priorités stratégiques.
