Le marché automobile français change rapidement de visage. En septembre 2026, les immatriculations de voitures diesel se sont contractées de 62% sur un an et ne représentent plus que 2% des voitures neuves. À l’inverse, l’électrique atteint un niveau inédit, avec près de 42% du marché. Les aides publiques et le leasing social jouent un rôle majeur dans cette accélération.
Automobile : le diesel tombe à 2% du marché français tandis que l’électrique atteint un sommet

Le diesel devient marginal sur le marché des voitures neuves
La progression globale du marché français masque une rupture profonde entre les différentes motorisations. Selon les statistiques publiées par la Plateforme automobile (PFA) et le CCFA, les immatriculations de voitures particulières neuves ont augmenté de 11,6% en septembre 2026 par rapport à septembre 2025. Au total, 156.629 voitures ont été mises en circulation. Mais cette amélioration ne profite pratiquement plus aux motorisations thermiques traditionnelles. Les données détaillées d’AAA Data, qui constituent l’une des principales sources statistiques utilisées pour suivre le marché automobile français, font état de seulement 2.412 voitures diesel immatriculées sur le mois. Le recul atteint 62% sur un an. Le diesel ne pèse donc plus que 2% des nouvelles immatriculations. La chute concerne également les voitures à essence. Avec 16.391 unités, leurs immatriculations reculent de 39% et leur part de marché est ramenée à 10%. Seul le GPL résiste parmi les carburants traditionnels, avec une progression de 23%. AAA Data replace cette évolution dans un environnement marqué par le durcissement de la fiscalité automobile et par des prix élevés des carburants.
La disparition progressive du diesel du marché neuf est encore plus spectaculaire lorsqu'elle est replacée dans le temps. Sur l'ensemble de 2025, cette motorisation représentait encore 4,9% des immatriculations françaises, avec près de 80.000 voitures vendues. En septembre 2026, sa part mensuelle est donc tombée à environ 2%. Cette évolution ne signifie cependant pas que le parc diesel français ait déjà disparu. Sur le marché de l'occasion, cette motorisation représente toujours 40% des transactions. Mais le mouvement baissier y est également visible : les ventes de voitures diesel d'occasion ont reculé de 13% en septembre. À l'inverse, les transactions de voitures électriques d'occasion ont progressé de 32%, à 22.428 unités. Le renouvellement du parc français commence ainsi à modifier simultanément le marché du neuf et celui de la seconde main. Pour le diesel, l'enjeu ne porte donc plus seulement sur une baisse ponctuelle des ventes. Il s'agit désormais d'un changement structurel de la demande automobile.
L’électrique atteint près de 42% des ventes grâce à un puissant soutien public
À l'autre extrémité du marché, septembre marque une accélération spectaculaire des voitures électriques. Les données de la PFA et du CCFA donnent une part de marché de 41,7%, contre 38,3% en août. AAA Data comptabilise précisément 65.243 voitures électriques neuves immatriculées en septembre, soit une progression de 108 % sur un an. Sur les neuf premiers mois de 2026, 387.338 modèles électriques ont déjà été immatriculés. Leur part de marché atteint 31% depuis janvier et leurs ventes progressent de 79%. L'électrique se retrouve désormais quasiment à égalité avec l'ensemble des motorisations hybrides, qui ont représenté 43% des immatriculations du mois. Chez les particuliers, le basculement est encore plus marqué : 41.503 voitures électriques ont été enregistrées et cette motorisation atteint 47% des achats. Les flottes accélèrent elles aussi leur transition, avec 16.940 véhicules électriques immatriculés et une hausse de 76% sur un an.
Cette envolée ne peut toutefois pas être dissociée de la politique publique de soutien à la voiture électrique. Le leasing social 2026, relancé le 16 juillet, prévoit au moins 50.000 véhicules électriques accessibles à des loyers ne dépassant pas 200 euros par mois, avec une enveloppe publique de 401 millions d'euros. À cela s'ajoutent les mécanismes financés par les certificats d'économies d'énergie (CEE) et différentes aides destinées à certains professionnels ou gros rouleurs. Le gouvernement a notamment maintenu en 2026 son soutien à l'achat de voitures particulières électriques par les ménages par l'intermédiaire des CEE. Ces dispositifs influencent directement la composition des ventes. AAA Data souligne d'ailleurs que le leasing social et les aides constituent l'un des principaux moteurs de la demande des particuliers. Le classement des modèles illustre également cette mutation. En septembre, le Tesla Model Y arrive en tête des voitures électriques avec 8.183 immatriculations, devant la Renault 5 avec 5.224 exemplaires, la Renault Twingo IV, la Peugeot 208 électrique et le Renault Scenic.
La photographie de septembre 2026 dépasse donc la simple opposition entre diesel et électrique. Elle montre une recomposition complète du marché automobile français. Les voitures neuves purement thermiques deviennent minoritaires, tandis que l'électrique et l'hybride concentrent désormais l'essentiel des immatriculations. Pour le diesel, la chute de 62% apparaît comme un nouveau signal de marginalisation sur le marché du neuf. Pour l'électrique, le seuil de 41,7% constitue au contraire une étape historique. Reste une inconnue déterminante : la capacité du marché à conserver un tel niveau lorsque les aides publiques seront réduites ou réorientées. La progression actuelle démontre que la demande existe. Elle montre aussi qu'elle reste étroitement liée au prix d'achat, à la fiscalité automobile et aux politiques d'accompagnement de la transition énergétique.
