Disney affiche des résultats financiers exceptionnels en 2026 avec 4 milliards de dollars de recettes mondiales et un streaming rentable. Pourtant, le groupe a lancé trois vagues de licenciements massifs depuis avril, supprimant environ 1 000 postes. Dana Walden, présidente de l’entreprise, justifie ces coupes par l’adaptation aux disruptions technologiques et annonce une restructuration télévisuelle visant des centaines de postes supplémentaires.
Disney : 4 milliards de recettes, mais 1 000 licenciements

Avec des recettes mondiales atteignant 4 milliards de dollars en 2026 et un streaming devenu rentable, Disney affiche des résultats impressionnants. Pourtant, depuis mars, le groupe a entrepris trois vagues de licenciements massifs. Le 2 octobre, Dana Walden, présidente du géant du divertissement, a expliqué lors de la conférence Bloomberg Screentime que ces réductions étaient nécessaires pour faire face aux disruptions technologiques.
Prospérité financière et réductions massives
Au troisième trimestre 2026, Disney a dépassé les attentes des analystes. Le segment Experiences a affiché des performances record et le streaming, auparavant déficitaire, est désormais profitable. Les studios ont généré plus de 4 milliards de dollars de recettes mondiales, devenant le deuxième acteur du secteur cette année. Malgré cela, environ 1 000 employés ont quitté l'entreprise en avril, suivis par plusieurs centaines en juillet, puis une troisième vague en septembre a touché les ressources humaines et l'informatique.
Chez Pixar, près de 100 postes ont été supprimés sur un effectif d'environ 1 100 personnes. Des coupes ont également eu lieu chez National Geographic, ESPN, ABC News et Disney Entertainment Television. Cette restructuration massive survient alors que le groupe n'est pas en difficulté financière, contrairement aux licenciements de 2023 liés aux pertes du streaming.
Une stratégie d'amélioration des marges
Dana Walden a reconnu la difficulté de ces décisions. "C'est extrêmement douloureux. Nous avons vu partir des collègues avec qui j'ai travaillé pendant la majeure partie de ma carrière", a-t-elle déclaré. Elle défend néanmoins une stratégie visant à optimiser les marges pour assurer la compétitivité future. "La technologie a jeté son dévolu sur notre secteur ; nous devons survivre, prospérer et croître", a-t-elle affirmé.
Depuis sa nomination en mars 2026, Josh D'Amaro dirige cette campagne de réduction des coûts, tandis que le directeur financier Hugh Johnston se concentre sur l'amélioration de la rentabilité du groupe. L'objectif est de réorienter les ressources vers les investissements créatifs et les parcs à thème, jugés plus stratégiques.
Chronologie des licenciements en 2026
En avril 2026, quelques semaines après l'arrivée de Josh D'Amaro, environ 1 000 employés ont quitté l'entreprise, principalement dans le marketing d'entreprise. Cette première vague a marqué le début d'une ère de rigueur budgétaire, malgré l'absence de crise financière.
Le 21 juillet, une deuxième vague a touché plusieurs centaines d'employés chez Pixar, National Geographic, ESPN, ABC News et Disney Entertainment Television. Le 29 septembre, une troisième série de réductions a visé les fonctions support, notamment les ressources humaines et l'informatique. Fin août, un programme de retraite anticipée volontaire a été lancé pour les cadres américains, fermé les 27 et 28 septembre.
Sonia Coleman, directrice des ressources humaines, a supervisé ce programme, offrant une alternative aux licenciements forcés. Les cadres éligibles ont dû choisir entre un départ volontaire avec indemnités ou risquer un licenciement ultérieur sans garantie.
Technologie : adaptation ou prétexte ?
Dana Walden évoque l'adaptation aux bouleversements technologiques comme justification des coupes. L'intelligence artificielle, la décentralisation du contenu et l'évolution des habitudes de consommation nécessiteraient une transformation organisationnelle profonde. Cependant, certains y voient surtout une stratégie d'amélioration des marges pour rassurer les actionnaires, la restructuration télévisuelle annoncée visant des économies d'échelle plutôt qu'une adaptation technologique immédiate.
Les conséquences pour les salariés sont tangibles : en plus des pertes d'emploi, Disney impose quatre jours de présence hebdomadaire au bureau, réduisant la flexibilité acquise pendant la pandémie. Le programme de départs volontaires offre une sortie honorable aux cadres seniors, mais laisse les autres employés dans l'incertitude.
Restructuration télévisuelle et économies d'échelle
"Nous allons regrouper un ensemble de divisions qui ont été gérées séparément et les centraliser en tant qu'activité télévisuelle unifiée", a annoncé Dana Walden. Des entités comme ABC Entertainment, 20th Television, Hulu Originals, Disney Kids & Family, National Geographic Content et Freeform seront fusionnées sous la supervision de Debra O'Connell, présidente de Disney Entertainment Television.
Selon le Wall Street Journal, cette restructuration pourrait toucher des centaines de postes supplémentaires. L'objectif est de réduire les doublons, mutualiser les ressources et améliorer la rentabilité d'un secteur encore fragmenté. Toutefois, la consolidation pourrait uniformiser les contenus et réduire la diversité créative.