Donald Trump quitte 66 organisations internationales : une menace pour le climat

Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont le GIEC et la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, l’ancien président provoque une onde de choc. Cette décision, motivée par des considérations souverainistes, pourrait durablement compromettre les efforts collectifs contre le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 9 janvier 2026 14h30
Donald Trump quitte 66 organisations internationales : une menace pour le climat
Donald Trump quitte 66 organisations internationales : une menace pour le climat - © Economie Matin

Le 7 janvier 2026, Donald Trump a officialisé le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, une manœuvre qui s'avère être une première dans l’histoire des relations multilatérales. Donald Trump, dont la vision est résolument unilatéraliste, place à nouveau les intérêts américains au-dessus des engagements mondiaux, y compris en matière de climat.

Washington se détourne des cadres environnementaux mondiaux

Par un mémorandum présidentiel signé mercredi, Donald Trump a ordonné aux agences fédérales américaines de cesser toute collaboration et tout financement envers 66 organisations internationales, parmi lesquelles figurent plusieurs piliers de la coopération climatique mondiale. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ou encore l’IPBES, équivalent du GIEC pour la biodiversité, figurent sur la liste noire établie par l’administration.

Selon un communiqué de la Maison Blanche, publié le 7 janvier 2026, cette décision vise à « mettre fin à la participation des États-Unis à des institutions qui s’opposent à nos valeurs fondamentales et à notre souveraineté nationale ». Dans le même document, l’exécutif affirme vouloir réorienter les efforts diplomatiques américains vers des alliances jugées « plus stratégiques et conformes aux priorités économiques du pays ». Pour les États-Unis, il s’agit d’une rupture sans précédent. En se retirant de la CCNUCC, Washington devient le seul pays au monde à sortir de cet accord universel, ratifié en 1992 par 197 États. L'impact s’annonce aussi symbolique que pratique, tant cette convention constitue le socle des conférences annuelles des parties (COP) et des mécanismes internationaux de suivi des émissions.

Le climat mondial fragilisé par un retrait américain

Au moment où la planète fait face à une intensification des catastrophes climatiques, le départ des États-Unis du GIEC suscite une vive inquiétude parmi les chercheurs et diplomates. Cette instance, qui établit depuis 1988 les évaluations scientifiques de référence sur le changement climatique, perd l’un de ses contributeurs les plus influents. Robert Vautard, co-président du groupe 1 du GIEC, a déclaré, dans des propos rapportés par Vert : « Le retrait officiel des États-Unis du GIEC est une vraie perte car leurs diplomates étaient influents dans le concert mondial. Ils étaient force de proposition pour faire converger les positions, leur absence est donc remarquée ». En effet, les rapports du GIEC ne se contentent pas de compiler les connaissances, ils façonnent la diplomatie climatique, influencent les marchés financiers et orientent les politiques publiques.

Autre effet immédiat, le retrait de la CCNUCC met fin à la présence américaine aux négociations climatiques annuelles, aux mécanismes de transparence et aux discussions sur les financements. Or, selon Reporterre, les États-Unis représentaient à eux seuls près de 20 % des contributions au Fonds vert pour le climat, destiné à aider les pays du Sud à faire face aux dérèglements. Cette absence financière risque de ralentir la dynamique de solidarité internationale. D’autant plus que les pays émergents, confrontés à des défis croissants, pourraient interpréter ce désengagement comme une permission implicite de relâcher leurs propres efforts.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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