La réforme 2025 du diagnostic de performance énergétique (DPE) rebat les cartes du logement. En modifiant les règles de calcul, elle change la donne pour des centaines de milliers de propriétaires : certains voient leur bien revalorisé, d’autres risquent la décote ou l’interdiction de louer.
DPE : comment la réforme 2025 impacte vos loyers et la valeur de votre bien

En apparence technique, cette réforme du DPE a pourtant des effets très concrets. La nouvelle méthode de calcul, censée corriger les biais pénalisant les petites surfaces, redessine la carte énergétique du parc immobilier français. Elle influe sur les loyers, les prix de vente et jusqu’aux stratégies de rénovation, faisant du DPE un véritable levier économique.
Le DPE, un indicateur devenu économique
Longtemps perçu comme un outil purement administratif, le DPE s’impose désormais comme un véritable baromètre du marché immobilier. Sa note — de A à G — influe directement sur le prix d’un logement, sur les conditions de crédit et même sur la possibilité de le mettre en location.
Selon des chiffres publiés le 13 novembre par le Service des données et études statistiques (SDES), rattaché au ministère de la Transition écologique, 5,4 millions de logements restaient classés F ou G au 1ᵉʳ janvier 2025. Soit environ 400.000 logements qui ont quitté la catégorie des passoires énergétiques depuis janvier 2025. Mais cette baisse ne résulte pas de rénovations massives : elle provient d’un changement de méthode de calcul, plus favorable aux petites surfaces et aux logements chauffés à l’électricité.
Une bonne nouvelle pour certains propriétaires, notamment ceux de studios ou T2 urbains, qui voient la valeur de leur bien remonter sans travaux. Mais pour d’autres — notamment ceux des maisons au fioul ou au gaz — la réforme accentue la pression à la rénovation.
Des loyers et des prix qui bougent
Le nouveau DPE a des répercussions directes sur les loyers et les prix de l’immobilier. Les logements qui améliorent leur note peuvent désormais être reloués ou vendus plus facilement, tandis que ceux restés classés F ou G sont de plus en plus boudés.
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la location des logements classés G est interdite, et celle des F le sera en 2028. Conséquence : les biens mal notés subissent une décote moyenne de 15 à 25%, selon plusieurs agences spécialisées citées par Boursorama.
Inversement, les appartements reclassés dans une meilleure catégorie regagnent jusqu’à 10% de valeur, et séduisent à nouveau les investisseurs. Pour les bailleurs, le DPE devient donc un critère de rentabilité, au même titre que l’emplacement ou la surface.
Rénovation : incitation ou confusion ?
L’objectif du gouvernement reste inchangé : accélérer la rénovation énergétique du parc ancien. Mais la multiplication des réformes du DPE brouille parfois les repères. Entre 2021 et 2025, trois modifications de calcul ont déjà eu lieu — de quoi déstabiliser propriétaires, diagnostiqueurs et acheteurs.
La Cour des comptes a souligné ce risque en rappelant que “la fiabilité du DPE dépendra de la formation des diagnostiqueurs et de la stabilité des méthodes”. Autrement dit, si les règles changent trop souvent, les ménages risquent de perdre confiance dans la note énergétique.
Pour les artisans du bâtiment, la baisse “statistique” du nombre de passoires énergétiques n’a pas encore produit d’effet massif sur les carnets de commandes.
Les rénovations réellement engagées progressent, mais à un rythme plus lent que prévu.
Ce qu’il faut retenir pour les propriétaires
Pour les propriétaires occupants, un bon DPE reste un atout double : il réduit les factures d’énergie et préserve la valeur patrimoniale du bien. Mais la réforme actuelle incite surtout à anticiper. Vendre ou rénover avant 2028 devient une décision stratégique, selon la note énergétique du logement.
Pour les bailleurs, la clé sera la planification : combiner les aides à la rénovation (MaPrimeRénov’, éco-PTZ, CEE) avec une vision à long terme de la rentabilité locative. Le DPE n’est plus seulement une contrainte administrative : c’est un outil économique qu’il faut savoir lire, comprendre et utiliser.
