La Commission européenne impose des droits antidumping définitifs de 39,8 % à 48,1 % sur certains non-tissés en polyester importés de Chine, utilisés notamment dans l’étanchéité des toitures. Entrée en application le 31 octobre, la mesure vise à protéger une filière industrielle présente en France, mais modifie aussi les conditions d’approvisionnement des fabricants et importateurs.
Textile technique : l’UE applique jusqu’à 48,1 % de droits antidumping sur des importations chinoises

Depuis le 31 octobre 2026, les importations dans l’Union européenne de certains textiles techniques en polyester originaires de Chine sont soumises à des droits antidumping définitifs compris entre 39,8 % et 48,1 %. La Commission européenne a adopté le règlement d’exécution (UE) 2026/2393 le 29 octobre, publié le lendemain au Journal officiel de l’Union européenne. Le dispositif concerne une matière première utilisée notamment pour renforcer les membranes d’étanchéité des bâtiments.
Dans sa présentation de la mesure du 30 octobre, la Commission précise que l’enquête a constaté des importations vendues à des prix de dumping et un préjudice pour les fabricants européens implantés notamment en France, en Allemagne et en Italie. Elle évalue le marché européen de ce produit à environ 200 millions d’euros.
Des taux différents selon les fabricants chinois
Le produit visé est un non-tissé de filaments de polyéthylène téréphtalate (PET), aiguilleté, éventuellement renforcé de fibres de verre. Il sert de support à des matériaux d’étanchéité, en particulier pour les toitures. Le règlement délimite précisément les caractéristiques physiques et les classifications douanières concernées : tous les textiles en polyester importés de Chine ne sont donc pas visés.
Le règlement d’exécution (UE) 2026/2393 fixe un droit de 39,8 % pour Hubei Unibon Nonwovens, de 48,1 % pour les entreprises désignées du groupe Tiandingfeng, de 47,1 % pour d’autres producteurs ayant coopéré à l’enquête et de 48,1 % pour les autres importations chinoises couvertes. L’application d’un taux individuel suppose la présentation d’une facture commerciale conforme aux prescriptions du texte ; à défaut, le taux résiduel peut s’appliquer.
Les nouveaux taux remplacent les droits provisoires de 45,6 % à 50 % instaurés en mai 2026. Les montants garantis au titre de cette période sont définitivement perçus dans les limites prévues par le règlement, tandis que les sommes dépassant les taux définitifs doivent être libérées. La mesure est prévue pour cinq ans, sous réserve des mécanismes de réexamen du droit commercial européen.
Un enjeu de concurrence pour les producteurs et d’achats pour le bâtiment
Pour les fabricants européens de supports d’étanchéité, la décision répond à une concurrence que la Commission juge dommageable. L’existence d’une production en France donne au dossier une portée industrielle nationale, même si la mesure est décidée et appliquée au niveau de l’Union européenne.
Pour les importateurs et les entreprises utilisant ces non-tissés, la question est différente : ils doivent vérifier l’origine, les caractéristiques techniques et le producteur du matériau avant de déterminer le droit applicable. Les coûts effectifs dépendront des fournisseurs retenus, des contrats et des possibilités de substitution. Il serait prématuré d’en déduire une hausse uniforme du prix des travaux d’étanchéité ou des matériaux de couverture.
La Commission estime que les capacités de production européennes et des fournisseurs de pays tiers peuvent contribuer à répondre à la demande. Des utilisateurs industriels ont néanmoins contesté les effets possibles des droits sur leurs achats et leur compétitivité. L’exécutif européen a considéré que les éléments présentés ne justifiaient pas d’abandonner la protection définitive.
Une obligation douanière désormais applicable
Les opérateurs concernés doivent intégrer la nouvelle grille tarifaire dans leurs déclarations d’importation. L’administration douanière suédoise a également détaillé le 30 octobre le périmètre technique du textile concerné, notamment ses critères de poids, d’épaisseur et de teneur en fibres de verre.
La décision transforme une protection provisoire en règle durable pour un marché spécialisé, à la jonction de l’industrie textile, du commerce extérieur et de la construction. Les prochaines décisions d’achat des fabricants de membranes dépendront notamment de la disponibilité des matières premières européennes et des conditions offertes par leurs fournisseurs.