Trouver un emploi ne dépend pas uniquement des compétences ou du diplôme. Pour beaucoup, le réseau reste un facteur déterminant dans une carrière. C’est de ce constat qu’est né le concept de micro-altruisme, développé par Chance.co. En s’appuyant sur l’intelligence artificielle pour faciliter des connexions solidaires entre professionnels, l’entreprise défend une idée simple : quelques minutes d’entraide peuvent parfois ouvrir des portes que le déterminisme social maintient fermées.
Emploi : avec le micro-altruisme, une nouvelle approche solidaire pour lutter contre le déterminisme social

Le 22 juin 2026, Chance.co a annoncé avoir franchi le cap des 50 000 connexions solidaires réalisées par les membres de son collectif d'entraide professionnelle. Derrière ce chiffre se dessine une réflexion plus large sur l'accès à l'emploi. Alors que les parcours professionnels deviennent plus complexes et que l'intelligence artificielle transforme déjà de nombreux métiers, la question du réseau apparaît plus que jamais comme un facteur d'inégalité. Le micro-altruisme ambitionne précisément de rendre ce capital relationnel plus accessible.
Une démarche solidaire pour réduire le poids du déterminisme dans l'emploi
Selon les données de la DARES issues de l'enquête OFER, près d'un recrutement sur trois en France passe aujourd'hui par des relations professionnelles ou personnelles. Ce constat illustre le rôle majeur du capital social dans les trajectoires professionnelles. Les compétences restent indispensables, mais elles ne suffisent pas toujours lorsqu'un candidat ne dispose pas des contacts permettant d'obtenir un entretien ou simplement de mieux comprendre un secteur d'activité.
C'est précisément cette réalité que souhaite combattre Chance.co avec son approche solidaire. L'entreprise définit le micro-altruisme comme un geste simple consistant à partager une partie de son réseau ou de son expérience professionnelle avec une personne qui en est dépourvue. Selon Ludovic de Gromard, cofondateur et directeur général de Chance.co, « On nous répète que le réseau, ça se mérite ou ça s'hérite. On a décidé de montrer que le capital social, ça se partage aussi. » Cette philosophie repose sur l'idée que quelques minutes accordées à un inconnu peuvent avoir un impact déterminant sur son avenir professionnel.
Le projet s'inscrit dans la continuité du manifeste #ProvoquonsLaChance lancé en 2022. À l'époque, cent personnalités françaises, dont plusieurs ministres, avaient accepté d'ouvrir leur carnet d'adresses afin de favoriser davantage d'égalité des chances. Trois jours seulement après son lancement, plus de 3 000 personnes avaient rejoint cette initiative. Deux ans plus tard, elle rassemble près de 20 000 membres et totalise désormais 50 000 connexions solidaires.
Des connexions solidaires rendues possibles grâce à l'IA
L'originalité du dispositif repose largement sur l'utilisation de l'intelligence artificielle. Chaque semaine, les membres du collectif reçoivent une sélection personnalisée de personnes susceptibles d'avoir besoin de leur expérience. L'algorithme rapproche ainsi les profils en fonction des métiers, des compétences ou des secteurs concernés afin de faciliter une mise en relation pertinente.
L'entraide prend principalement deux formes. La première consiste à partager un retour d'expérience ou à répondre à des questions sur un métier. La seconde vise à transmettre une candidature à une entreprise lorsque cela est possible. Dans les deux cas, il ne s'agit pas d'un accompagnement de longue durée mais d'un geste ponctuel que Chance.co qualifie de micro-altruisme. L'objectif est de rendre l'entraide suffisamment simple pour qu'elle puisse être pratiquée par un grand nombre de professionnels.
Selon Chance.co, cette logique de réciprocité constitue l'un des fondements du projet. Les personnes aidées aujourd'hui pourront, demain, aider à leur tour lorsqu'elles disposeront d'une expérience ou d'un réseau plus développé. L'entraide professionnelle devient ainsi un mécanisme collectif plutôt qu'une démarche individuelle réservée à quelques privilégiés.
Le réseau devient un enjeu majeur dans un marché du travail en mutation
Le développement du micro-altruisme intervient dans un contexte où le monde du travail connaît de profondes transformations. L'intelligence artificielle accélère les évolutions de métiers, tandis que les reconversions professionnelles deviennent plus fréquentes. Pour de nombreux actifs, il ne s'agit plus seulement de trouver un emploi mais aussi d'identifier les secteurs qui recrutent et de comprendre les nouvelles compétences attendues.
C'est dans cette perspective que Chance.co prévoit d'étendre son modèle à l'international dès juillet 2026 avec le lancement du programme First Chance dans 23 pays. L'objectif affiché est d'accompagner 100 000 étudiants dont les carrières pourraient être profondément transformées par l'essor de l'IA. À plus long terme, l'entreprise ambitionne d'atteindre un million de connexions solidaires d'ici 2030.
Au-delà des objectifs chiffrés, cette initiative témoigne d'une évolution des pratiques de recrutement et d'accompagnement professionnel. Face à un marché du travail où le réseau demeure un facteur décisif, le micro-altruisme propose de transformer une ressource souvent héritée en un bien plus largement partagé. Sans remettre en cause l'importance des compétences, cette approche rappelle que l'accès à une opportunité dépend parfois d'une simple mise en relation, d'un conseil ou d'un échange de quelques minutes.