Plutôt que de céder au découragement, les micro-fermes laitières tirent parti de la menace sanitaire pour renforcer leurs pratiques et préserver le goût du terroir. Une leçon d’adaptation à l’heure de l’encéphalite à tiques.
Encéphalite à tiques : les petits fromagers face aux risques

Depuis que l’Anses a confirmé, le 8 juillet 2025, que l’encéphalite à tiques peut être transmise par la consommation de lait cru, de nombreux petits producteurs français réajustent leur modèle. Loin de paniquer, ils s’engagent dans une démarche proactive : adaptation des parcours, hygiène renforcée, innovation collective. Le risque devient opportunité pour entretenir confiance et authenticité.
Des pâturages gérés contre les tiques
En zones sensibles – notamment en Auvergne‑Rhône‑Alpes –, les exploitants intensifient la surveillance des zones boisées. « L’Anses recommande d’installer des clôtures empêchant les contacts des animaux avec les zones les plus favorables à la présence de tiques », rappelle un rapport cité par Santé Magazine.
Concrètement, cela signifie :
- aménagement de zones délimitées pour le pâturage,
- rotation régulière des parcelles,
- entretien des haies pour limiter les tiques sur les parcours.
Résultat : réduction de l’exposition des animaux, et donc du risque de transmission via lait cru.
Protéger le lait avant d’affiner
Sur les petites fromageries, les contrôles renforcés deviennent la norme. Sampling régulier du lait, traçabilité accrue, analyse en laboratoire. Selon l’Anses, le processus de surveillance doit « intégrer des espèces animales sentinelles domestiques… et surveiller les produits laitiers ».
Pour les producteurs, cela représente une charge supplémentaire : entre frais d’analyses, logistique et traitement des données, les coûts grimpent – mais la confiance du consommateur aussi.
Un dialogue repensé avec les clients
Les producteurs misent désormais sur la transparence : affichage des pratiques, communication sur les prélèvements, rencontres pédagogiques dans les exploitations.
Le message : « Oui, nous produisons sur pâtures libres », mais avec protocoles anti‑tiques certifiés et analyses systématiques du lait. Cela vise à renforcer la confiance sans toucher à l’authenticité du fromage au lait cru.
Coopérations territoriales et intelligence collective
Les initiatives individuelles se mettent en réseau. En Savoie, un réseau d’éleveurs partage les résultats de prélèvements. En Occitanie, la DRAAF pilote des formations pratiques pour sensibiliser aux mesures anti-piqûres.
L’innovation collaborative est à l’œuvre : échanges de bonnes pratiques, mutualisation du matériel, voire groupement d’achat pour contrôles biologiques. C’est ce qu’encourage l’Anses lorsqu’elle appelle à « déployer dans ces zones les mesures de prévention adaptées ».
Un modèle fragile… mais volontaire
Ces efforts réclament des investissements – temps, argent, énergie. Mais pour ces producteurs, l’enjeu est double : préserver la saveur du terroir et sécuriser la fidélité du consommateur. Dans un marché où le lait cru reste plébiscité, ce
L’ encéphalite à tiques reste une préoccupation modeste en nombre de cas. Mais elle a déclenché un mouvement de modernisation prudent et réfléchi chez les petits fromagers : réaménagement des troupeaux, contrôles sanitaires plus rigoureux, alliances coopératives, guidés par un seul objectif : allier passion du lait cru et sécurité alimentaire. Une preuve que le terroir, quand on en prend soin, peut se renforcer face à la menace.