Depuis les frappes du 28 février 2026 contre l’Iran, l’énergie coûte 330 milliards USD de plus aux importateurs mondiaux. Le diesel bondit de 59%, l’Europe paie 78 milliards USD de surcoûts et les ménages français voient leurs factures s’alourdir. Seule lueur d’espoir : les énergies renouvelables ont économisé 36 milliards USD en cinq mois.
Le pétrole a coûté 164 milliards de plus depuis février 2026

Depuis les frappes du 28 février 2026 en Iran, les importateurs de combustibles fossiles ont déboursé 330 milliards de dollars supplémentaires en six mois. Cette situation se traduit pour les consommateurs par une augmentation des prix du carburant, des factures de chauffage alourdies et une inflation réduisant le pouvoir d'achat des ménages européens. Le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) a récemment publié une analyse détaillée de cet impact énergétique, le plus important depuis la Guerre du Golfe de 1990.
Six mois de surcoûts records : la traduction en euros pour les ménages
Les 330 milliards de dollars de surcoûts globaux correspondent à 55 milliards de dollars mensuels pour les importateurs de pétrole brut, de produits pétroliers et de gaz naturel liquéfié. Entre mars et août 2026, le prix du baril de Brent a atteint en moyenne 93 dollars, soit 35% de plus que les prévisions avant les frappes. Le pétrole a souvent été échangé au-dessus de son niveau d'avant-crise, culminant à 105 dollars le baril le 23 juillet 2026.
Pour un ménage français moyen, cette hausse se traduit par des prix plus élevés à la pompe et une inflation qui touche tous les biens transportés. Les dépenses énergétiques augmentent dans le budget familial, limitant ainsi leur capacité à acheter d'autres produits ou services.
Le diesel explose (+59%) : impact direct sur les prix à la pompe et les transports
Le diesel a connu une augmentation de 59% au-dessus des prévisions, dépassant largement le pétrole brut. Euronews rapporte que 134 des 170 pays étudiés paient leur diesel plus cher que prévu. Cette flambée impacte fortement le transport routier, l'agriculture et l'industrie, essentiels à l'économie européenne.
Les transporteurs répercutent ces hausses sur les prix des marchandises, augmentant ainsi le coût des courses, des vêtements et des équipements. Les agriculteurs, confrontés à des coûts de production en hausse, voient également les prix alimentaires augmenter. Le diesel, essentiel à l'économie, affecte l'ensemble des prix à la consommation.
L'Europe paie 78 milliards USD : répartition du fardeau entre France, Italie, Espagne et Pays-Bas
L'Union européenne supporte 78 milliards de dollars de surcoûts bruts, surpassant la Chine (35 milliards) et l'Inde (22,5 milliards). Les Pays-Bas, l'Italie, la France et l'Espagne absorbent 41 milliards d'euros de surcoûts combinés, sans augmenter leurs volumes d'importation, payant simplement plus cher pour la même quantité d'énergie.
Pour un ménage français, cela signifie une ponction financière majeure, détournant des fonds qui pourraient financer des investissements publics, des baisses d'impôts ou des aides sociales. Le gaz naturel liquéfié asiatique a grimpé de 75% au-dessus des attentes, contre 60% en Europe, alors qu'il a baissé de 9% aux États-Unis, créant un écart de 85 points de pourcentage entre les prix asiatiques et américains.
Les inégalités s'aggravent : les ménages des pays pauvres paient deux fois plus en proportion
Selon le CREA, les pays à faible ou moyen revenu supportent environ 1,0% de leur PIB en surcoûts énergétiques, contre 0,45% pour les pays riches. Cela signifie que les pays les plus pauvres paient proportionnellement deux fois plus que les riches pour cette crise, exacerbant les inégalités mondiales et menaçant de provoquer des crises de change dans les économies vulnérables.
Pour les ménages de ces pays, déjà aux revenus modestes, la hausse des prix de l'énergie est un choc majeur, limitant l'accès à l'électricité, au chauffage et aux transports, tout en augmentant le coût des denrées alimentaires importées. En Europe, bien que l'impact proportionnel soit moindre, les classes moyennes et populaires ressentent fortement cette inflation énergétique qui réduit leur pouvoir d'achat.
Les énergies renouvelables ont sauvé 36 milliards USD en cinq mois
Malgré ce tableau sombre, il existe une note positive : les investissements en énergies renouvelables depuis 2020 ont permis d'économiser 36 milliards de dollars en cinq mois, grâce à l'électricité verte remplaçant les achats de charbon, de gaz et de pétrole. Les pays ayant investi dans l'éolien, le solaire et l'hydroélectrique sont aujourd'hui moins vulnérables face aux chocs géopolitiques.
Luke Wickenden, analyste énergie au CREA, explique : "La meilleure façon de se prémunir contre la flambée des prix du pétrole est de se détourner rapidement de l'or noir. Les prix du pétrole et du gaz ont toujours été un point faible pour les finances des ménages et l'économie mondiale."
Plus de 100 ONG européennes et internationales ont demandé à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, un plan de sortie des énergies fossiles lors du discours sur l'état de l'Union prévu le 16 septembre 2026. Elles soulignent : "La dépendance aux énergies fossiles a souvent limité la prospérité de l'Europe et sa capacité d'action mondiale. Tant que l'Europe restera dépendante, ses citoyens seront vulnérables aux variations de prix et décisions géopolitiques internationales."
Pour les ménages français et européens, l'optimisation de la consommation électrique et la transition vers les énergies renouvelables sont désormais essentielles, non seulement pour le climat, mais aussi pour protéger le pouvoir d'achat. Chaque kilowattheure produit par le solaire ou l'éolien réduit l'exposition aux fluctuations des marchés pétroliers et aux tensions géopolitiques.
