Les énergies renouvelables atteignent 31,7 % de la production électrique mondiale en 2024, avec une croissance record de 9,8 %, sept fois supérieure à celle des fossiles. L’Asie domine avec 4 589 TWh produits, attirant massivement les investisseurs et redéfinissant les équilibres économiques du secteur énergétique.
Les énergies renouvelables établissent un nouveau record de production en 2024

En 2024, les énergies renouvelables franchissent un seuil économique critique : elles représentent désormais 31,7 % de la production électrique mondiale et croissent sept fois plus vite que les énergies fossiles. Pour les investisseurs et les entreprises, ce basculement redéfinit les règles du jeu.
Un tipping point économique : 31,7 % de la production mondiale
Le secteur énergétique mondial traverse une mutation structurelle. Les énergies renouvelables atteignent 31,7 % de la production électrique planétaire, franchissant pour la première fois le seuil symbolique du tiers. Selon les données compilées par plusieurs agences internationales, dont l'Agence internationale de l'énergie renouvelable (IRENA), la production renouvelable enregistre sa croissance la plus rapide de l'histoire. Les marchés financiers ajustent leurs stratégies d'allocation d'actifs en conséquence, privilégiant massivement les technologies propres.
La croissance record de 9,8 % redessine les opportunités d'investissement
L'année 2024 marque un tournant avec une progression de 9,8 % de la production d'électricité renouvelable. Le solaire et l'éolien captent l'essentiel des flux de capitaux, représentant plus de 80 % des nouvelles capacités installées selon l'analyse des investissements dans l'industrie énergétique. Les fonds d'investissement réorientent leurs portefeuilles : Bloomberg New Energy Finance chiffre à 1 700 milliards de dollars les investissements mondiaux dans les renouvelables pour 2024, soit une hausse de 17 % par rapport à 2023. Les obligations vertes explosent, atteignant 650 milliards de dollars d'émissions.
L'écart se creuse : renouvelables sept fois plus dynamiques que les fossiles
La comparaison avec les énergies conventionnelles révèle un décrochage spectaculaire. Les sources non renouvelables ne progressent que de 1,4 % en 2024, soit un ratio de croissance de 1 à 7. Les analystes de Wood Mackenzie soulignent que les énergies fossiles perdent des parts de marché dans 85 % des régions mondiales. Les compagnies pétrolières et gazières diversifient leurs activités : TotalEnergies annonce 40 % de ses investissements dans les renouvelables, Shell vise 35 %. Les bourses sanctionnent les acteurs exclusivement fossiles, dont les valorisations reculent de 12 % en moyenne sur l'année.
Asie : le centre de gravité économique des énergies renouvelables
L'Asie s'impose comme l'épicentre industriel et financier de la transition énergétique. La région concentre 63 % de la production renouvelable mondiale et attire 58 % des investissements globaux dans le secteur. Les chaînes de valeur du solaire et de l'éolien dépendent à 75 % des capacités manufacturières asiatiques, créant des enjeux de souveraineté économique pour l'Europe et l'Amérique du Nord.
4 589 TWh produits en Asie, une domination qui crée des enjeux géoéconomiques
Avec 4 589 térawattheures générés en 2024, l'Asie devance largement l'Europe (1 200 TWh), l'Amérique du Nord (950 TWh) et l'Amérique du Sud (680 TWh). La Chine représente à elle seule 3 200 TWh, soit 70 % de la production asiatique. Le pays installe 250 gigawatts de capacités solaires et éoliennes par an, l'équivalent de la puissance électrique totale de la France. L'Inde suit avec 180 GW de nouvelles capacités depuis 2022. Les entreprises chinoises comme Longi Solar ou Goldwind dominent les classements mondiaux, captant 45 % des revenus du secteur. Les tensions commerciales s'intensifient : l'Union européenne impose des droits de douane sur les panneaux solaires importés, tandis que Washington subventionne massivement sa production locale via l'Inflation Reduction Act.
Implications pour les portefeuilles et les secteurs traditionnels
La transition énergétique redistribue les cartes économiques. Les créations d'emplois dans les renouvelables atteignent 16,2 millions de postes en 2024 selon l'IRENA, contre 32 millions dans les fossiles (en baisse de 8 % depuis 2020). Les métiers évoluent : ingénieurs en stockage d'énergie, techniciens en maintenance éolienne offshore, spécialistes en réseaux intelligents. Les régions charbonnières européennes et américaines bénéficient de 85 milliards d'euros de fonds de reconversion. Parallèlement, les coûts de l'électricité se stabilisent grâce à la compétitivité accrue du solaire et de l'éolien, dont les prix de production chutent de 12 % par an.
Emplois, déclin des fossiles et recomposition des chaînes de valeur
Les acteurs financiers anticipent un déclin structurel du charbon et du pétrole dans la production électrique. Les centrales à charbon ferment au rythme de 60 gigawatts par an, principalement en Europe et en Amérique du Nord. Les banques centrales intègrent le risque climatique dans leurs stress tests : la Banque centrale européenne estime à 1 200 milliards d'euros les actifs fossiles exposés à une dépréciation d'ici 2030. Les assureurs revoient leurs polices, augmentant les primes sur les infrastructures carbonées de 25 % en moyenne. Les fonds de pension nordiques désinvestissent massivement : le fonds souverain norvégien retire 120 milliards de dollars des énergies fossiles entre 2020 et 2024.
