Énergie : l’Europe annonce un plan à 25 milliards d’euros pour les renouvelables

L’Union européenne lance l’initiative T-MED pour développer les énergies renouvelables en Méditerranée, mobilisant 25 milliards d’euros d’investissements d’ici 2035. Ce plan ambitieux vise 15 gigawatts de nouvelles capacités et plus de 100 000 emplois dans les technologies propres.

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By Cédric Bonnefoy Published on 10 juin 2026 14h40
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Énergie : l’Europe annonce un plan à 25 milliards d’euros pour les renouvelables - © Economie Matin
25 milliards d'eurosL'Europe dévoile un méga-plan 25 milliards d'euros pour booster les énergies renouvelables d'ici à 2035.

Un partenariat méditerranéen pour 25 milliards d'investissements verts

La Commission européenne vient de lancer l'initiative T-MED, un programme d'envergure qui mobilisera jusqu'à 25 milliards d'euros d'ici 2035 pour développer les énergies renouvelables dans le bassin méditerranéen. Cette stratégie, annoncée mardi 9 juin, rassemble dix pays partenaires autour d'un objectif commun : transformer la Méditerranée en laboratoire de la transition énergétique mondiale.

Le programme s'appuie sur le « Pacte pour la Méditerranée » présenté en octobre 2025 et associe l'Algérie, l'Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, la Palestine, la Syrie et la Tunisie. Cette initiative européenne répond à une double nécessité : réduire la dépendance énergétique de l'Europe tout en exploitant le potentiel considérable des pays du sud de la Méditerranée.

L'avantage concurrentiel du solaire méditerranéen

Les chiffres révèlent un écart saisissant entre l'Europe et ses voisins méditerranéens. La production d'énergies renouvelables coûte 30 à 40% moins cher en Afrique du Nord qu'en Europe, selon Dubravka Šuica, commissaire européenne à la Méditerranée. Cette différence substantielle constitue l'atout maître du projet européen.

« Nos partenaires du sud de la Méditerranée recèlent un potentiel en énergies renouvelables sans égal », souligne la commissaire. L'exploitation de ces avantages comparatifs permettra de créer un écosystème énergétique intégré, bénéfique tant aux producteurs méditerranéens qu'aux consommateurs européens. Contrairement aux investissements persistants dans les énergies fossiles, cette approche mise résolument sur la décarbonation.

Des objectifs quantifiés pour la décennie

T-MED se fixe des cibles précises d'ici 2035. Le programme vise à développer 15 gigawatts de nouvelles capacités renouvelables dans les pays partenaires, soit l'équivalent de quinze centrales nucléaires de taille moyenne. Cette capacité supplémentaire s'accompagnera de trois projets transfrontaliers d'électricité et d'hydrogène, ainsi que de trois chaînes de valeur industrielles dédiées aux technologies propres.

Le financement repose sur 5 milliards d'euros de garanties fournis par le Fonds européen pour le développement durable Plus (EFSD+). Ces garanties devraient générer un effet de levier considérable, multipliant par cinq les investissements initiaux pour atteindre l'objectif de 25 milliards d'euros. Plus de 100 000 emplois sont attendus dans les secteurs des énergies propres, transformant le paysage économique régional.

Une architecture institutionnelle en cinq volets

Le programme s'organise autour de cinq piliers stratégiques. La plateforme d'investissement, opérationnelle dès septembre 2026, centralisera l'identification des projets viables et coordonnera les financements. Cette instance unique vise à fluidifier les processus décisionnels et optimiser l'allocation des ressources entre les différents pays partenaires.

L'accélérateur réglementaire forme le second pilier, avec l'ambition de réformer les cadres juridiques de cinq pays partenaires avant 2035. La Commission européenne conditionne progressivement l'accès aux financements à ces réformes réglementaires, créant une incitation puissante à la modernisation des législations nationales.

Les trois derniers volets concernent la modernisation des infrastructures électriques, la formation de personnel qualifié et la création d'un environnement favorable aux technologies propres. Cette approche globale traite simultanément les défis techniques, humains et institutionnels du secteur énergétique, à l'image des innovations en matière de stockage d'énergie développées ailleurs en Europe.

Des retombées économiques majeures attendues

Selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), entre 400 000 et 500 000 emplois pourraient être créés en Afrique du Nord d'ici 2040. Ces créations concernent l'ensemble de la chaîne de valeur, de la recherche-développement à la maintenance industrielle, en passant par la fabrication et l'installation.

Un programme de formation accompagne cette dynamique pour « garantir que les qualifications correspondent aux besoins du marché du travail dans l'ensemble du secteur de l'énergie ». Cette dimension formation répond à un enjeu crucial : disposer des ressources humaines qualifiées nécessaires à la montée en puissance rapide du secteur renouvelable.

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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