Le rendement de l’épargne réglementée sera de nouveau revu à la baisse en février 2026, sous l’effet du recul de l’inflation et de la détente des taux monétaires.
Épargne : ce qui va vraiment changer pour vos livrets en 2026

Le Livret A, le LEP et le LDDS s’apprêtent à entrer dans une nouvelle phase, moins favorable que les précédentes, sous l’effet du repli durable des prix et des marchés monétaires. Cette évolution redessine la place de l’épargne liquide dans le portefeuille des ménages.
Ce que l’évolution des taux dit vraiment de l’épargne des Français
L’épargne des ménages entre dans une nouvelle phase. Après plusieurs années marquées par des hausses rapides du Livret A et du Livret d’Épargne Populaire (LEP), le mouvement s’inverse. Le mécanisme de revalorisation des livrets réglementés — qui combine l’inflation hors tabac et les taux pratiqués sur les marchés monétaires — pointe désormais vers un repli. Ce changement intervient au moment où la Banque centrale européenne poursuit l’allègement de sa politique monétaire pour accompagner le ralentissement économique.
Dans les colonnes de Capital, on peut lire que le taux du Livret A « pourrait retomber aux environs de 1,4% à 1,5% » à partir du 1er février 2026. Cette marche arrière, moins brutale que celle observée après 2009 mais suffisamment marquée pour réduire le rendement réel, reconfigure l’usage des livrets réglementés. Le LEP — considéré comme le livret le plus protecteur pour les foyers modestes — suit la même trajectoire. Capital précise qu’il « perdrait près d’un point par rapport à son niveau antérieur », conséquence directe du repli de l’inflation.
La situation soulève deux questions : que vaut encore l’épargne réglementée comme outil de protection du pouvoir d’achat ? Et quelles alternatives s’offrent à ceux qui souhaitent obtenir un rendement supérieur sans renoncer totalement à la sécurité ?
Les livrets en 2026 : à quoi s’attendre réellement ?
Pour mesurer l’impact du changement de taux, il suffit de regarder ce que rapporte un encours de 10.000 euros. À 1,5%, le gain annuel tourne autour de 150 euros. À 3%, il était deux fois supérieur. Le calcul est simple, et la perte de rendement est visible immédiatement sur une épargne de précaution constituée depuis la crise sanitaire.
Le LEP, dont le plafond reste toutefois limité, conserve un avantage appréciable. Plusieurs analystes évoquent un taux probable entre 2% et 2,3%, même si ce niveau marque une rupture nette avec les années où le produit avait approché les 6%. Pour les ménages éligibles, il s’agit encore d’un refuge pertinent, mais dont le pouvoir d’achat dépend directement de la trajectoire future des prix.
Ces évolutions, confirmées par plusieurs observateurs, replacent les livrets dans leur rôle d’origine : une réserve disponible immédiatement, non fiscalisée, mais dont la performance dépend étroitement du cycle monétaire. Les hausses observées après la flambée inflationniste de 2022-2023 n’étaient qu’une parenthèse.
Capital rappelle cette distinction essentielle : « Ce produit ne doit plus être considéré comme un outil de croissance patrimoniale. » Cette analyse résume l’état du marché : l’épargne réglementée protège, mais ne fait plus croître.
Épargne de précaution ou stratégie patrimoniale : le dilemme des ménages
L’enjeu, désormais, est d’adapter sa stratégie. L’épargne réglementée reste indispensable pour absorber un imprévu, lisser un mois difficile ou éviter d’immobiliser un capital dans des placements plus volatils. Mais son rendement réel devient faible, parfois négatif selon l’évolution de l’inflation.
Les conseillers patrimoniaux insistent sur l’importance d’une allocation plus diversifiée. Les fonds euros de nouvelle génération reviennent dans le jeu, notamment grâce à une réouverture progressive des obligations longues. Certaines SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) maintiennent un niveau de distribution attractif, malgré les ajustements de valorisation immobilière. Les ETF — supports indiciels à frais réduits — séduisent de plus en plus d’épargnants prêts à accepter une volatilité raisonnable.
L’idée n’est pas d’opposer les livrets réglementés aux autres placements, mais de redéfinir leur place. Ils constituent le socle liquide d’un ensemble plus large. Capital met d’ailleurs en avant la nécessité d’ajuster ses choix : « Diversifier ses supports devient donc une nécessité pour éviter que son capital ne s’érode lentement. » Une phrase qui résume précisément la dynamique actuelle : la baisse des taux renvoie l’épargnant vers une gestion plus active, même pour des montants modestes.
Quelles pistes pour optimiser son épargne en 2026 ?
Les solutions varient selon les profils, mais plusieurs tendances se dégagent :
- Les épargnants attachés à la sécurité privilégieront des fonds euros renforcés, soutenus par des stratégies obligataires plus diversifiées.
- Ceux qui recherchent un rendement supérieur à moyen terme examinent des SCPI investies dans des secteurs porteurs (logistique, santé, résidences gérées).
- Les investisseurs les plus avisés montent en puissance sur des ETF mondiaux, adaptés à une gestion progressive et étalée dans le temps.
Chaque piste présente des risques distincts, mais toutes répondent à la même réalité : l’épargne 2026 ne peut reposer uniquement sur les livrets réglementés. Leur rôle n’est pas remis en question, mais leur périmètre doit être redéfini.
Points clés
- Le Livret A devrait tomber autour de 1,4 à 1,5% en février 2026.
- Le LEP conserverait un taux supérieur, mais en retrait d’environ 1 point selon Capital.
- Les livrets réglementés protègent la trésorerie mais ne constituent plus un outil de rendement.
- La diversification devient indispensable pour éviter une érosion du capital.
- Les alternatives crédibles : fonds euros, SCPI, ETF mondiaux.
