Eurostat recense, pour 2024, quatorze territoires français dont l’indicateur de fécondité atteint au moins 1,75 enfant par femme, dans une Union européenne tombée à 1,34. Cette géographie contrastée s’inscrit dans une baisse nationale confirmée par l’Insee en 2025.
Fécondité en Europe : Eurostat relève 14 territoires français au-dessus de 1,75 enfant par femme

La France compte quatorze territoires où la fécondité atteignait au moins 1,75 enfant par femme en 2024, selon la comparaison régionale publiée le 27 octobre 2026 par Eurostat. La Bulgarie en compte également quatorze, tandis que l'ensemble de l'Union européenne affiche un indicateur de 1,34 enfant par femme, son plus bas niveau depuis le début de la série en 2001.
Le contraste est instructif : des territoires français conservent une fécondité relativement élevée dans un pays où le nombre moyen d'enfants par femme recule. La statistique européenne porte sur 2024 et sur des unités territoriales de niveau NUTS 3, un découpage plus fin que les grandes régions administratives françaises. Elle ne signifie donc pas que quatorze régions françaises au sens courant dépassent ce seuil.
Un écart marqué entre les territoires européens
Eurostat a comparé 1 165 territoires de l'Union disposant de données : 439, soit 37,7 %, se situent sous la moyenne européenne de 1,34 enfant par femme ; 714, soit 61,3 %, sont au-dessus, et douze se trouvent exactement à ce niveau. L'indicateur synthétique de fécondité mesure le nombre théorique d'enfants qu'aurait une femme si les taux observés à chaque âge au cours de l'année restaient inchangés. Il ne représente ni le nombre réel d'enfants par famille ni une prévision de naissances.
Parmi les territoires atteignant au moins 1,75 enfant par femme, Eurostat en recense six en Allemagne, trois en Slovénie, deux dans chacun des pays suivants — Hongrie, Pays-Bas et Roumanie — et un en Irlande, en Grèce, en Croatie et en Slovaquie. À l'autre extrémité, seize territoires espagnols, sept polonais et cinq italiens affichent un indice inférieur à un enfant par femme. Ces écarts internes rendent les seules moyennes nationales insuffisantes pour décrire la démographie européenne.
En France, la baisse s'est poursuivie en 2025
La comparaison européenne concerne l'année 2024. Les chiffres français plus récents montrent que la tendance nationale s'est prolongée : dans son bilan démographique 2025, l'Insee estime l'indicateur conjoncturel de fécondité à 1,56 enfant par femme en 2025, après 1,61 en 2024 dans la série révisée. Le pays a enregistré 645 000 naissances en 2025, soit 2,1 % de moins qu'en 2024.
Le même bilan estime à 651 000 le nombre de décès en 2025. Le solde naturel, différence entre naissances et décès, devient ainsi négatif, à environ 6 000 personnes, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ces données nationales ne permettent pas d'actualiser automatiquement le classement territorial européen de 2024.
Des besoins familiaux différents selon les territoires
Pour les collectivités, les services à la petite enfance et les politiques familiales, les écarts locaux de fécondité constituent un élément de diagnostic. Leur traduction en besoins de crèches, d'écoles ou d'accompagnement des familles dépend également du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants, des mobilités résidentielles et de la structure par âge de chaque territoire.
La publication européenne rappelle aussi l'ampleur du recul de la fécondité dans l'Union : depuis vingt ans, son indicateur est resté entre 1,34 et 1,57 enfant par femme, toujours sous le seuil conventionnel de renouvellement des générations de 2,10. Les prochaines comparaisons territoriales devront établir si les zones françaises encore relativement fécondes en 2024 conservent cette position à mesure que les données plus récentes deviennent disponibles.