La France représente à elle seule 44,5 % du montant total des impôts sur la transmission du patrimoine en Europe. Ce chiffre devrait faire rougir n'importe quel gouvernement. Il ne fait pourtant aucun bruit. Pendant ce temps, le 1er août apporte son lot de nouvelles hausses pour les ménages. Bienvenue en France.
44,5 %
La part de la France dans le total des impôts sur la transmission du patrimoine collectés dans toute l'Europe.
La France, ogre fiscal de l'héritage européen
Prenons un instant pour laisser ce chiffre faire son chemin : 44,5 %. Presque la moitié. La France, à elle seule, capte quasiment la moitié de l'ensemble des droits de succession et de donation prélevés sur tout le continent européen. Pas la moitié des recettes fiscales, non : la moitié des impôts sur la transmission du patrimoine de 27 pays. C'est vertigineux.
Force est de constater que nous ne parlons pas d'un détail technique. Nous parlons d'une conception profondément idéologique de ce que l'État est en droit de faire avec la richesse que vous avez accumulée, souvent en travaillant toute une vie, parfois en prenant des risques considérables. En Allemagne, les abattements pour transmission en ligne directe sont deux à trois fois supérieurs aux nôtres. En Suisse, les cantons ont largement supprimé ces droits entre parents et enfants. Aux Pays-Bas, des réformes successives ont allégé la facture. En France, on réfléchit à une "année blanche" en 2027 pour faire des économies — mais pas sur la fiscalité successorale, évidemment.
Ce record européen n'est pas une fierté. C'est un aveu : celui d'un État qui préfère ponctionner la transmission intergénérationnelle plutôt que de réduire ses propres dépenses.
Pendant ce temps, le 1er août prend dans votre poche
Ce 1er août 2026 restera dans les mémoires comme un début de mois particulièrement amer pour les ménages français. Les tarifs réglementés de l'électricité augmentent. L'aide carburant évolue. L'allocation de rentrée scolaire sera versée plus tard dans le mois — une bonne nouvelle, certes, mais qui n'efface pas les mauvaises.
Je note, avec une ironie toute relative, que la France est capable d'une précision d'horloger quand il s'agit de déclencher des hausses de tarifs ou de prélèvements. En revanche, dès qu'il faut simplifier, alléger, réduire, on nous parle de "réformes structurelles de long terme" ou de "contraintes européennes". La mécanique du prélèvement est huilée. Celle de la restitution au contribuable, grippée.
L'inflation remonte, tirée notamment par les tensions énergétiques mondiales. En zone euro, elle atteint 2,9 % en juillet selon les derniers chiffres. En France, le mouvement est similaire. Les ménages, déjà sous pression, n'ont pas besoin qu'on leur rappelle que l'État, lui, n'est jamais en difficulté pour trouver de nouvelles façons de prélever.
Le vrai choix que personne ne veut faire
Le gouvernement explore l'idée d'une "année blanche" budgétaire en 2027 pour dégager des économies. Très bien. Mais je pose la question directement : pourquoi cette créativité budgétaire ne s'applique-t-elle jamais à la baisse des impôts ?
La France dépense 57 % de son PIB en dépenses publiques. Elle est championne d'Europe de la succession taxée. Elle augmente les tarifs réglementés au 1er août. Et elle s'interroge sur comment faire des économies sans jamais remettre en cause l'édifice fiscal.
Les entrepreneurs qui transmettent leur entreprise à leurs enfants, les artisans qui ont mis 30 ans à construire quelque chose, les épargnants qui ont simplement été prévoyants : ce sont eux qui paient. Pendant que l'État cherche des "années blanches", les contribuables, eux, vivent dans un présent qui coûte cher.
Il est temps d'appeler les choses par leur nom : 44,5 % du patrimoine successoral européen prélevé par un seul pays, c'est de la confiscation déguisée en solidarité.

