Garagistes : faire réparer sa voiture coûte plus de 400 euros en moyenne

Malgré une baisse des passages en atelier en 2025, les garagistes voient leur chiffre d’affaires progresser. Cela, en raison de réparations plus techniques, de pièces plus coûteuses, le panier moyen dépassant désormais les 400 euros.

Anton Kunin
By Anton Kunin Published on 25 février 2026 8h01
Garagistes : faire réparer sa voiture coûte plus de 400 euros en moyenne
Garagistes : faire réparer sa voiture coûte plus de 400 euros en moyenne - © Economie Matin
2,7%La facture moyenne en mécanique a progressé de 2,7% sur un an.

Garagistes : moins d’entrées en atelier mais des réparations plus coûteuses

Les garagistes ont accueilli moins d’automobilistes dans leurs ateliers, mais leur activité économique ne s’est pas contractée. Bien au contraire. Selon le baromètre annuel Mobilians-Solware, le chiffre d’affaires global du secteur progresse malgré une fréquentation en recul. Derrière cette évolution se dessine une transformation profonde des réparations automobiles, marquée par la hausse du coût des interventions, la valorisation de la main-d’œuvre et l’impact croissant des véhicules électrifiés.

La première tendance est nette. Le nombre d’entrées en atelier de mécanique a reculé de 2,2% en 2025. Autrement dit, les automobilistes ont légèrement moins fréquenté les garages. Dans le même temps, le panier moyen a progressé. La facture moyenne en mécanique atteint environ 400 euros en 2025, contre 392 euros en 2024. Cela représente une hausse de 2,7 % sur un an. Une évolution qui compense largement la baisse de volume.

Ce mouvement s’explique en partie par la nature des réparations. Les interventions deviennent plus complexes, notamment avec la montée en puissance des véhicules électriques et hybrides. Ces modèles exigent des compétences spécifiques, des équipements adaptés et, souvent, des pièces plus coûteuses.

Garagistes : un chiffre d’affaires en hausse grâce à la main-d’œuvre et aux pièces

Ce glissement se retrouve dans les comptes du secteur. En 2025, le chiffre d’affaires global des ateliers de mécanique et de carrosserie progresse de 0,8%. Dans le détail, les ateliers de mécanique totalisent 679,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. La carrosserie atteint, elle, 130,8 millions d’euros.

La dynamique repose surtout sur la valorisation de la main-d’œuvre. Le chiffre d’affaires lié à la main-d’œuvre progresse de 2,6% en mécanique, selon le même baromètre. En revanche, celui des pièces recule légèrement de 0,5%. Ce contraste illustre un phénomène de fond : les réparations sont moins nombreuses, mais plus longues, plus spécialisées et donc plus chères en heures facturées.

En carrosserie, la tendance est similaire. Le panier moyen y progresse de 4,3% en 2025. Là encore, la valeur unitaire des interventions compense la modération des volumes.

Des réparations plus techniques, entre inflation et électrification

Plusieurs facteurs structurent cette évolution. D’abord, l’inflation des coûts de production et des pièces détachées continue de peser sur la facture finale. Même si la hausse des pièces ralentit, le niveau général des coûts reste élevé.
Ensuite, le parc automobile français vieillit. Les véhicules plus anciens nécessitent parfois des réparations lourdes, avec remplacement de composants majeurs. Ce type d’intervention fait mécaniquement grimper le panier moyen.

Mais c’est surtout la transition vers l’électrique qui redessine le métier. Les véhicules électriques requièrent des diagnostics spécifiques, des formations certifiantes et des équipements de sécurité renforcés pour intervenir sur les batteries haute tension. Ces investissements se répercutent sur le coût des réparations.

Dès lors, le rôle des garagistes évolue. Ils ne sont plus seulement des remplaçants de pièces d’usure. Ils deviennent des techniciens spécialisés, capables d’intervenir sur des systèmes électroniques complexes, des logiciels embarqués ou des composants de puissance.

Pour les automobilistes, un coût plus élevé à chaque passage chez les garagistes

Pour les ménages, la conséquence est tangible. Le passage chez le garagiste se fait plus rare, mais il pèse davantage dans le budget. Une facture moyenne autour de 400 euros constitue désormais un seuil symbolique. Cela ne signifie pas nécessairement que les professionnels augmentent leurs marges de manière disproportionnée. Le baromètre montre surtout une adaptation à un environnement plus exigeant. Les ateliers doivent absorber la hausse des charges, investir dans la formation et dans de nouveaux équipements.

Par ailleurs, la baisse des entrées en atelier peut traduire un arbitrage des automobilistes. Certains repoussent des réparations non urgentes. D’autres privilégient l’entretien préventif ou recherchent des devis comparatifs. Ce comportement plus attentif au coût peut expliquer la contraction des volumes.

Anton Kunin

Après son Master de journalisme, Anton Kunin a rejoint l'équipe d'ÉconomieMatin, où il écrit sur des sujets liés à la consommation, la banque, l'immobilier, l'e-commerce et les transports.

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