La CRE a validé une hausse de 5,6% du prix de référence du gaz au 1er septembre 2026, portant le tarif à 172,05 euros TTC par mégawattheure. Six millions de ménages français en offre indexée subiront directement l’augmentation, tandis que les abonnés à prix fixe restent provisoirement protégés.
Gaz : la CRE annonce une forte hausse de plus de 5% en septembre 2026

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a confirmé le 10 août une augmentation de 5,6% du prix de référence du gaz, applicable au 1er septembre 2026. Une mauvaise nouvelle pour 6 millions de ménages français qui devront débourser davantage sur leurs factures énergétiques. Mais tous les consommateurs ne sont pas logés à la même enseigne face à cette envolée tarifaire.
Une hausse de 5,6% approuvée par la CRE
L'annonce est tombée dimanche dernier. Le régulateur français de l'énergie a validé une progression tarifaire de 5,6% qui prendra effet dans trois semaines. Selon la CRE, "cette hausse est entièrement liée à l'augmentation des prix du gaz sur les marchés, alimentée par le conflit persistant au Moyen-Orient". Le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran depuis le 28 février 2026 pèse lourdement sur l'approvisionnement européen. Par ce goulot stratégique transitent 20% des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié.
Le nouveau tarif : 172,05 euros TTC par mégawattheure
Concrètement, le prix de référence du gaz s'établira à 172,05 euros TTC par mégawattheure à compter du 1er septembre. Pour un ménage chauffé au gaz consommant environ 12 000 kWh par an (soit 12 MWh), la facture annuelle grimpe mécaniquement de 115 euros environ. Un surcoût qui s'ajoute aux dépenses incompressibles des foyers. Ce tarif repère, fixé mensuellement par la CRE depuis la disparition des prix réglementés, sert de boussole aux fournisseurs pour calibrer leurs offres indexées.
Qui est vraiment concerné ? Les 6 millions de ménages en offre indexée
Tous les abonnés au gaz ne subiront pas cette augmentation. Seuls les ménages ayant souscrit une offre indexée sur le prix de référence verront leur facture alourdie. Ils représentent environ 6 millions de foyers, soit 60% des abonnés résidentiels français au gaz, selon les données relayées par TF1 Info. Les 40% restants, protégés par des contrats à prix fixe, échappent pour l'instant à cette flambée. Une segmentation du marché qui crée deux France énergétiques distinctes.
Les gagnants et les perdants de cette augmentation
La frontière entre bénéficiaires et victimes de la hausse se dessine clairement. D'un côté, les 6 millions de ménages en offre indexée subissent de plein fouet l'envolée des cours. De l'autre, 4 millions de foyers ont verrouillé leurs tarifs et naviguent à l'abri de la tempête. Pour combien de temps ? La question mérite d'être posée alors que les tensions géopolitiques persistent.
Les offres à prix fixe : protégées jusqu'à quand ?
Les contrats à prix fixe constituent actuellement un rempart efficace contre la volatilité. Mais leur durée varie généralement entre un et trois ans. À l'échéance, les abonnés devront renégocier dans un contexte potentiellement dégradé. Les fournisseurs pourraient alors proposer des tarifs fixes nettement supérieurs aux niveaux actuels, notamment si les marchés de gros restent tendus. Une épée de Damoclès suspendue au-dessus des foyers qui croient avoir échappé à la hausse.
Factures en hausse : combien de plus à débourser ?
Pour un appartement de 70 m² consommant 10 000 kWh annuels, la hausse de 5,6% représente environ 96 euros supplémentaires sur l'année. Un pavillon de 120 m² avec une consommation de 18 000 kWh verra sa facture grimper de 173 euros. Les ménages modestes, souvent locataires de logements mal isolés, cumulent double peine : consommation élevée et impossibilité d'investir dans la rénovation thermique. Certains experts en pilotage énergétique domestique promettent jusqu'à 625 euros d'économies annuelles grâce aux dispositifs de régulation intelligente.
D'où vient cette augmentation ?
L'origine de la hausse ne fait aucun doute : les marchés de gros européens flambent depuis six mois. L'indice TTF néerlandais, référence continentale du gaz, a bondi de 93,18% entre le 27 février (31,959 euros/MWh) et le 10 août (61,700 euros/MWh). Une quasi-multiplication par deux qui reflète la panique des acheteurs face à la raréfaction de l'offre. Le 11 août, le contrat à terme pour livraison en septembre a clôturé à 55,7 euros par mégawatt-heure, en progression de 6,3% sur une seule séance.
Les marchés de gros à l'origine de la flambée
Le blocage du détroit d'Ormuz depuis le 28 février agit comme un garrot sur l'approvisionnement mondial. Les traders anticipent des pénuries et stockent massivement, alimentant une spirale spéculative. Les terminaux méthaniers européens tournent à plein régime pour compenser les flux bloqués, mais les capacités d'importation atteignent leurs limites. Les gouvernements européens peinent à coordonner leurs achats groupés, laissant les prix s'emballer au gré des tensions diplomatiques.
Juillet 2026 : une première augmentation de 7,4%
Les ménages français n'en sont pas à leur première mauvaise surprise. En juillet dernier, le prix de référence avait déjà bondi de 7,4%, alourdissant les budgets en pleine période estivale. Cumulées, les deux hausses successives représentent une progression de 13,6% en deux mois. Un rythme d'augmentation qui rappelle les pires heures de la crise énergétique de 2022.
