Le prix repère de vente du gaz va une nouvelle fois augmenter en octobre, à 182,88 euros TTC par mégawattheure. Cette revalorisation touchera directement quelque six millions de ménages. À l’origine de cette tension, la flambée des cours de gros provoquée par le conflit au Moyen-Orient et les perturbations des flux de gaz naturel liquéfié (GNL), qui ravivent les fragilités du marché énergétique européen.
Gaz : les prix vont bondir de 6,3 % au 1er octobre 2026

La hausse des cours se transmet aux ménages
La hausse se confirme. Après une augmentation de 7,4 % en juillet, puis un recul de 0,8 % en août, le prix repère de vente du gaz (PRVG) avait augmenté de 5,6 % en septembre. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a récemment annoncé qu’il progresserait de 6,3 % au 1er octobre 2026, à 182,88 euros TTC par mégawattheure. Le prix augmentera de 6,4 % pour les usages liés à la cuisson et à l’eau chaude et de 8 % pour les foyers chauffés au gaz.
Cette évolution reflète la progression des coûts d’approvisionnement des fournisseurs sur les marchés de gros. Depuis la disparition des tarifs réglementés en 2023, le PRVG, publié chaque mois par la CRE, sert de référence au marché résidentiel et permet de comparer les différentes offres commerciales.
La transmission sera immédiate pour les ménages dont le contrat est directement indexé sur ce tarif. La CRE évalue ainsi à 5,28 euros TTC l’augmentation moyenne de la facture en octobre. Mais l’effet cumulé est plus significatif encore : « Sous réserve que la situation reste à peu près stable d’ici la fin de l’année, la facture annuelle 2026 pourrait être en moyenne 10 % plus élevée que la facture annuelle 2025 », estime l’autorité. Le surcoût atteindrait environ 120 euros par foyer sur l’année.
Le risque géopolitique renchérit le gaz européen
Cette hausse trouve son origine dans la dégradation des conditions d’approvisionnement provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent habituellement près de 20 % du pétrole mondial et des exportations mondiales de GNL, constitue un point névralgique du commerce énergétique.
La perturbation de cette route maritime a contribué à réduire les volumes disponibles et à pousser les acheteurs vers d’autres sources d’approvisionnement. Sur le marché européen, cette tension s’est traduite par une forte progression du TTF néerlandais, principale référence pour les échanges de gaz. Le contrat pour livraison en octobre est passé de 31,470 euros par MWh le 27 février à 81,910 euros.
Le mécanisme repose moins sur l’origine physique du gaz consommé que sur l’interconnexion des marchés. Lorsque les opérateurs anticipent une contraction de l’offre, les prix intègrent une prime de risque. La concurrence accrue entre pays importateurs pour sécuriser les cargaisons de GNL renchérit alors le coût marginal de l’approvisionnement européen.
Cette séquence souligne aussi les limites de la diversification engagée ces dernières années. La réduction de certaines dépendances n’a pas supprimé l’exposition du continent aux marchés internationaux du GNL. Une perturbation sur une route stratégique suffit à modifier les anticipations de prix et, avec un décalage, les conditions tarifaires proposées aux consommateurs.
Prix fixe ou indexé : l’arbitrage des ménages
La hausse d’octobre ne touchera pas les offres à prix fixe, contrairement aux contrats indexés sur le PRVG. Pour les ménages concernés, la question reste donc celle de l’exposition au marché : sécuriser son tarif protège d’une nouvelle flambée, tandis que l’indexation permet de bénéficier d’un éventuel reflux des cours. Le changement de fournisseur reste gratuit et possible à tout moment.
Cette volatilité renforce aussi l’intérêt économique d’une sortie du gaz. Une pompe à chaleur air-eau permet de réduire cette dépendance, mais représente un investissement de 13 000 à 15 000 euros pour une maison, hors aides. Sa rentabilité dépend notamment du coût des travaux, du niveau d’isolation et de l’évolution respective des prix du gaz et de l’électricité.