QatarEnergy prolonge l’état de force majeure sur ses livraisons de gaz naturel liquéfié jusqu’à fin novembre 2026, voire début décembre pour certains clients européens comme Edison. Cette décision, motivée par le blocage persistant du détroit d’Ormuz dans le contexte du conflit américano-iranien, prive les marchés mondiaux de 96% des exportations qataries habituelles et alimente une flambée des prix à l’approche de l’hiver.
Gaz : QatarEnergy prolonge la suspension de ses livraisons de GNL

Suspension prolongée jusqu'à fin novembre
QatarEnergy, autrefois le deuxième plus grand exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, a prolongé l'état de force majeure sur ses livraisons. Les exportations ne reprendront pas avant fin novembre 2026 pour la majorité des clients, et début décembre pour certains acheteurs européens. Initialement invoquée en avril, cette suspension, causée par le blocage du détroit d'Ormuz, dure maintenant depuis six mois. Ce passage stratégique est devenu impraticable pour les méthaniers qataris depuis le début des tensions entre les États-Unis et l'Iran.
Le Qatar est donc dans l'incapacité de livrer ses cargaisons à ses marchés traditionnels. Les négociations entre Washington et Téhéran restent au point mort, sans espoir de résolution rapide, forçant l'émirat à prolonger l'interruption de ses livraisons, avec des répercussions majeures sur les marchés énergétiques mondiaux.
Impact sur le commerce mondial de GNL
QatarEnergy a déclaré l'état de force majeure en avril 2026, en raison de l'impossibilité d'honorer ses engagements contractuels. Le détroit d'Ormuz, vital pour les exportations énergétiques du Golfe Persique, est devenu un obstacle infranchissable. Environ 20 % du commerce mondial de GNL transitaient par ce passage avant la crise.
Contrairement au pétrole brut, le GNL nécessite des conditions de transport spécifiques qui rendent les opérations de transbordement difficiles. Depuis le début de la crise, le Qatar n'a exporté que 18 cargaisons de GNL, une chute de 96 % par rapport aux 509 cargaisons de l'année précédente. Les tentatives de transbordement au large d'Oman n'ont pas réussi à répondre aux besoins des acheteurs sous contrat.
Prolongation des notifications pour l'Europe et l'Asie
Le 28 septembre 2026, QatarEnergy a informé ses clients de la prolongation de la force majeure. Pour l'italien Edison, un acheteur européen majeur, la suspension des livraisons s'étend jusqu'à début décembre 2026, entraînant l'annulation de six cargaisons supplémentaires, portant le total à 35 livraisons non effectuées depuis le début de la crise.
Les clients asiatiques, notamment au Bangladesh, au Pakistan et en Inde, ont également reçu des prolongations de la force majeure jusqu'à fin novembre 2026. Cette extension d'un mois témoigne de l'absence de progrès dans la résolution du conflit au détroit d'Ormuz. Edison, qui a un contrat à long terme avec QatarEnergy, a dû réorganiser ses approvisionnements, se tournant vers les fournisseurs américains, bien que les conditions tarifaires soient moins favorables.
Conséquences économiques majeures
Selon Bloomberg, QatarEnergy a perdu environ 24 milliards de dollars de recettes depuis le début de la crise. L'impact économique touche non seulement le Qatar, mais aussi ses partenaires, qui doivent trouver des volumes de remplacement sur un marché mondial tendu. L'Europe et l'Asie entrent en compétition pour sécuriser les volumes disponibles, exacerbée par l'approche de l'hiver.
L'envolée des prix du gaz sur les marchés européens reflète les tensions d'approvisionnement. Les analystes de Goldman Sachs mettent en garde contre un potentiel effet domino si les États-Unis devaient restreindre leurs exportations pour protéger leur marché intérieur. Les coûts de fret maritime ont également atteint des sommets historiques, ce qui renchérit le coût final du gaz livré.
Stratégies de diversification
Face à la crise, l'Europe est contrainte de diversifier ses sources d'approvisionnement en GNL. Edison a massivement importé des États-Unis pour compenser les cargaisons non livrées par le Qatar, ce qui a entraîné une hausse des coûts. Les acheteurs européens doivent payer plus cher le gaz et supporter des coûts logistiques élevés. La situation met en lumière les vulnérabilités des chaînes d'approvisionnement énergétique.
En Asie, les clients du Qatar, notamment au Bangladesh et au Pakistan, subissent les conséquences de la pénurie de GNL. Certains pays poursuivent néanmoins leurs programmes de construction de centrales électriques au gaz, espérant une normalisation future. Les raffineurs indiens ont augmenté leur production de GPL pour compenser le manque de GNL.
