Hôpital : tensions aux urgences, la ministre de la Santé alerte sur un système saturé

La situation est critique dans les hôpitaux français. Entre flambée épidémique, intempéries et grève des médecins libéraux, les services d’urgences connaissent une suractivité brutale. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, dénonce une « tension dans tous les services d’urgences ». Un signal d’alerte pour un système de santé à bout de souffle.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 9 janvier 2026 17h00
Hôpital : tensions aux urgences, la ministre de la Santé alerte sur un système saturé
Hôpital : tensions aux urgences, la ministre de la Santé alerte sur un système saturé - © Economie Matin

Un « moment compliqué » dans les hôpitaux, selon Stéphanie Rist

Le 8 janvier 2026, au cœur de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a dressé un constat sans appel. Les hôpitaux français traversent une période de tension aiguë. L'accumulation de plusieurs événements, virus hivernaux, retour de la neige et mobilisation des médecins libéraux, a plongé les urgences dans une situation critique.

« Il y a une tension dans tous les services d’urgences », a déclaré la ministre lors de sa visite à l’AP-HP, dans des propos rapportés par Le Monde. Face à la saturation, elle a évoqué un « moment compliqué », tout en soulignant la capacité de résilience des équipes médicales. L’option des réquisitions a été évoquée : « On arrive à réquisitionner s’il y a besoin », a-t-elle précisé, citée par le quotidien. Au même moment, les urgences de Saint-Antoine enregistraient une activité hors norme : 240 passages en 24 heures, contre 180 habituellement. Soit une hausse de +40 %. Une charge de travail qui, malgré l’ampleur, a été absorbée, selon la ministre.

L’effet domino : grève, épidémies et neige

La pression sur l’hôpital ne résulte pas d’un seul facteur. Trois chocs se superposent. D’une part, la grève des médecins libéraux, entamée le 5 janvier 2026, désorganise l’offre de soins ambulatoires. Cette mobilisation de dix jours s’oppose à des mesures budgétaires jugées inadaptées par la profession. Elle a déjà un effet direct, selon l’Assurance maladie, l’activité des généralistes a chuté de 19 % et celle des spécialistes de 12 %, le mardi précédant la déclaration de la ministre.

En parallèle, les épidémies hivernales — grippe, bronchiolite, gastro-entérite — contribuent à gonfler les flux vers les urgences. À cela s’ajoute un épisode neigeux brutal qui complexifie les déplacements et multiplie les accidents, accentuant le recours aux structures hospitalières. Plusieurs hôpitaux ont d’ailleurs déclenché des « plans blancs », pour redéployer les moyens et déprogrammer certains soins non urgents. Le constat des professionnels de terrain est sans appel : « Jamais vu depuis la pandémie de Covid-19 », alertent plusieurs urgentistes.

Un système de santé sous contrainte chronique

La crise actuelle agit comme un révélateur d’un malaise plus profond. Les urgences hospitalières, déjà éprouvées par les vagues successives de la pandémie, peinent à retrouver un équilibre stable. L’accumulation d’absences médicales dans le privé, la surcharge des structures publiques et la diminution de la médecine de ville dans certains territoires font peser une contrainte constante sur les hôpitaux.

L’Assurance maladie tire la sonnette d’alarme sur l’effet cumulatif de ces désorganisations : la baisse de l’offre en ville se répercute mécaniquement sur les services hospitaliers, qui se retrouvent en première ligne. Et la capacité de réponse s’amenuise au fil des alertes sanitaires.

Dans plusieurs établissements, des tensions similaires à celles observées à Saint-Antoine ont été signalées. Certaines directions hospitalières, ont été contraintes de faire appel à du personnel supplémentaire en urgence, voire de rappeler des soignants sur leurs jours de repos. D’autres envisagent désormais une montée en charge plus durable si la situation persiste au-delà du pic hivernal.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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