Hospitalisations, soins… ce qui augmente dès mars 2026

À partir du 1er mars 2026, le coût de plusieurs actes médicaux et de l’hospitalisation va augmenter en France. Forfait journalier, urgences, actes lourds, reste à charge : derrière ces mesures techniques se profile une hausse concrète pour les patients. Qui paiera quoi ?

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 23 février 2026 14h44
Hopital Systeme France Soins Sante
@shutter - © Economie Matin
3 EUROSLe forfait journalier pour une hospitalisation augmente de 3 euros.

Le calendrier est fixé. Dès le 1er mars 2026, plusieurs participations financières liées aux soins hospitaliers seront relevées. L’objectif affiché par les pouvoirs publics : maîtriser la dépense de la Sécurité sociale. En pratique, le coût pour les patients évolue, notamment via des hausses de forfaits.

Coût de l’hospitalisation : forfait journalier et urgences en hausse

Premier changement : le forfait journalier hospitalier. Il passera de 20 € à 23 € par jour d’hospitalisation, selon L’Argus de l’assurance. Ce forfait, qui couvre les frais d’hébergement et d’entretien, n’est pas remboursé par l’Assurance maladie obligatoire. Il est en revanche généralement pris en charge par les complémentaires santé. Pour les séjours en psychiatrie, le montant grimpera de 15 € à 17 € par jour à compter de la même date.

Autre hausse significative : le forfait patient urgences (FPU), dû lors d’un passage aux urgences non suivi d’hospitalisation. Il passera de 19,61 € à 23 € à partir du 1er mars 2026. Ce mécanisme, introduit pour simplifier la facturation des urgences, alourdit désormais le reste à charge de base.

Au total, ces mesures se traduisent par une augmentation « du reste-à-charge des patients à l’hôpital pour un montant total de 530 M € en année pleine », selon l’Unocam, citée par L’Argus de l’assurance. Autrement dit, plus d’un demi-milliard d’euros seraient transférés vers les ménages ou leurs complémentaires.

Coût des soins lourds : participation relevée au 1er avril

Le mouvement ne s’arrête pas à l’hospitalisation. À partir du 1er avril 2026, la participation forfaitaire sur les actes dits « lourds » sera également revalorisée. Sont concernés les actes dont le montant est au moins égal à 120 € ou dont le coefficient dépasse 60, précise Acuité. Concrètement, cette participation passera de 24 € à 32 € par acte. La hausse est loin d’être anodine : elle représente un supplément de 8 € par intervention pour les patients concernés. Or ces actes lourds couvrent de nombreuses interventions techniques ou chirurgicales.

Ces montants « restent, dans la grande majorité des cas, pris en charge par les contrats dits “responsables”, qui couvrent 98 % des assurés », selon Acuité. En théorie donc, l’impact immédiat pour l’assuré dépendra du niveau de garantie de sa complémentaire. En pratique, ces transferts alimentent la pression sur les cotisations futures. Le transfert de charges est en effet estimé à 400 M€ entre l’Assurance maladie obligatoire et les organismes complémentaires.

Reste à charge : qui paiera vraiment la hausse du coût ?

Derrière les montants unitaires, une question centrale demeure : pour qui le coût augmentera-t-il réellement ? La réponse varie selon l’âge, l’état de santé et la couverture complémentaire.

La Drees, dans un dossier publié en février 2026, a simulé plusieurs scénarios de déremboursement calibrés pour générer environ 1 Md€ d’économies. Elle montre que l’augmentation des participations forfaitaires et des franchises médicales accroît directement le reste à charge des patients qui consomment les soins concernés. Les ménages en moins bonne santé sont mécaniquement plus exposés.

Dans une simulation sur les franchises médicales, la Drees estime que le surcoût annuel atteindrait en moyenne 57 € pour les ménages dont la personne la plus âgée a 75 ans ou plus, soit 0,21 % de leur revenu. À l’inverse, il serait de 15 € pour les ménages de moins de 40 ans, soit 0,05 % du revenu. L’impact est donc proportionnellement plus lourd pour les seniors.

Autre exemple : la hausse du ticket modérateur sur certaines consultations pourrait porter la part laissée à la charge du patient à 37,8 % pour les médecins et sages-femmes, contre 30 % auparavant, selon les scénarios étudiés par la Drees. Pour les soins dentaires, il pourrait atteindre 63,6 % au lieu de 40 %. Même si ces chiffres relèvent d’hypothèses de travail, ils illustrent la sensibilité du reste à charge aux décisions de déremboursement.

Complémentaires santé : vers une hausse du coût des mutuelles ?

Officiellement, les complémentaires santé sont appelées à absorber une grande partie de ces hausses. Mais la question des cotisations reste explosive. À court terme, les assurés bien couverts pourraient ne pas voir leur reste à charge exploser sur chaque facture. Cependant, à moyen terme, la question du coût global de la couverture santé demeure entière.

Car si les complémentaires absorbent les hausses, elles devront équilibrer leurs comptes. Et si elles ne peuvent augmenter immédiatement leurs cotisations, la pression financière pourrait se reporter ultérieurement.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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