IA : un data center va créer 2 400 emplois dans le nord

Dans le Nord, un vaste projet industriel redonne vie à une friche sidérurgique. Un data center de dernière génération, centré sur l’intelligence artificielle, verra le jour à Escaudain d’ici 2030. Doté d’un budget de 5 milliards d’euros, il pourrait générer jusqu’à 2 400 emplois permanents.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Last modified on 11 décembre 2025 9h09
IA : un data center va créer 2 400 emplois dans le nord
IA : un data center va créer 2 400 emplois dans le nord - © Economie Matin
80 %Actuellement, une large majorité des données des citoyens français — environ huit sur dix — sont hébergées sur des serveurs situés aux États-Unis. Face à cette dépendance, la France accélère le déploiement de ses infrastructures numériques pour regagner en maîtrise et en autonomie.

La communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut a officialisé, le 9 décembre 2025, la création d’un gigantesque data center sur l’ancien site Usinor à Escaudain, près de Valenciennes. Ce centre de données, dédié à l’IA, représente un investissement colossal de cinq milliards d’euros et s’inscrit dans une stratégie de revitalisation économique et numérique du territoire. Le projet, qui devrait être opérationnel à l’horizon 2030, s’annonce comme l’un des plus importants en France dans le domaine des infrastructures numériques.

Une friche industrielle transformée en hub numérique stratégique

Le choix d’installer ce data center à Escaudain n’est pas anodin. L’ancien site Usinor, inactif depuis plusieurs décennies, offre une superficie exploitable de 38 hectares. Ce vaste terrain, situé au sein de la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut, constitue un levier de requalification exemplaire. Cette localisation bénéficie également d’un atout énergétique majeur. La proximité immédiate du poste très haute tension de Mastaing, élément clé pour garantir l’alimentation électrique du futur campus. D’un point de vue technique, les ambitions sont d’envergure.

Le centre visera une capacité brute de 700 mégawatts, ce qui le placera parmi les plus puissants d’Europe. Le site sera structuré en plusieurs modules pour accueillir des charges massives liées aux usages de l’intelligence artificielle : calcul intensif, stockage haute performance, hébergement de plateformes critiques. L’objectif affiché est de faire émerger un campus de nouvelle génération, au service de la souveraineté numérique française.

Emploi et formation : 2 400 postes pérennes envisagés

L’impact économique de cette infrastructure est au cœur des préoccupations des élus locaux. Selon La Voix du Nord, 2 400 emplois permanents pourraient être créés une fois le centre pleinement fonctionnel. Ces chiffres traduisent une dynamique de long terme qui dépasse largement la phase de construction. Plus de 2 000 salariés seront présents quotidiennement sur le site.

Le futur campus est conçu pour constituer un “vivier de compétences diversifiées”, avec des besoins étendus dans le domaine du numérique. Pour anticiper ces besoins, les collectivités annoncent également une collaboration avec les acteurs régionaux de la formation, dans le but de soutenir l’émergence de nouveaux métiers liés à l’exploitation des data centers et aux technologies de l’information. Cela pourrait favoriser l’installation durable de compétences technologiques dans une région historiquement marquée par la désindustrialisation.

Vers une indépendance numérique portée par l’IA

La création de ce data center ne répond pas uniquement à des objectifs économiques. Elle s’inscrit dans une stratégie nationale plus large, visant à garantir l’indépendance technologique de la France dans le domaine du numérique. L’accélération des usages liés à l’IA exige des capacités de calcul colossales et hautement sécurisées, que seule une infrastructure souveraine peut offrir. Le projet est intégré au plan de développement territorial 2024–2044 porté par la communauté de la Porte du Hainaut. Ce plan prévoit la reconversion d’anciens sites industriels en pôles technologiques, dans une optique de transition écologique et numérique.

La réutilisation de la friche Usinor, combinée à l’objectif de haute performance énergétique, illustre cette volonté de concilier innovation et développement responsable. Si le nom du porteur de projet demeure pour l’instant confidentiel, les autorités locales indiquent qu’il s’agit d’un acteur majeur du secteur numérique. La discrétion actuelle pourrait s’expliquer par les discussions encore en cours autour du financement et des partenariats technologiques stratégiques.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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