En France, comme dans de nombreux pays, l’intelligence artificielle (IA) transforme rapidement les pratiques hospitalières. Selon le dernier rapport mondial sur les soins de santé de SOTI, intitulé « Le dilemme numérique des soins de santé : risques calculés et défis cachés », 81 % des établissements de santé dans le monde utilisent désormais l’IA dans les soins aux patients, contre 61 % en 2024. En France, l’augmentation est encore plus spectaculaire : de 45 % à 81 % en seulement un an, ce qui en fait l’un des marchés les plus dynamiques en termes d’adoption de l’IA.
L’IA dans le secteur de la santé gagne du terrain, mais des systèmes obsolètes freinent les progrès

Les cas d'utilisation ne se limitent pas à de simples tâches administratives, ils s'étendent à l'ensemble du système complexe des soins de santé, du diagnostic à la mise en place des traitements médicaux. Traitement et/ou analyse des données médicales (55 % en France), mise à jour des dossiers des patients (60 %), planification des traitements (48 %), établissement des diagnostics (42 %) et personnalisation des traitements (36 %). Toutes ces fonctions essentielles promettent des gains d'efficacité considérables pour les équipes soignantes.
Mais cette adoption rapide révèle un paradoxe. Le rapport de SOTI révèle que 97 % des établissements de santé français, et la plupart des autres établissements dans le monde, s'appuient sur des systèmes obsolètes, déconnectés et difficiles à intégrer. Cela limite considérablement la capacité du secteur à embrasser pleinement la transformation numérique, a des implications plus larges en matière de sécurité et, en fin de compte, a un impact sur la capacité à fournir d'excellents soins aux patients
L'interopérabilité : une faiblesse persistante
L'essor de l'IA dans le secteur de la santé dépend d'un flux constant de données, qui doivent être collectées, sécurisées, analysées et partagées de manière rapide et fiable. Le secteur de la santé s'appuie de plus en plus sur les appareils mobiles pour améliorer la prestation des soins : les médecins et les professionnels de santé utilisent des appareils pour collecter les données des patients, consulter leurs antécédents médicaux et mener des recherches approfondies. Pourtant, 96 % des décideurs informatiques dans le monde signalent des problèmes avec les appareils médicaux, principalement en raison de la fragmentation des systèmes. En France, 60 % des organisations déclarent que leurs appareils médicaux ne sont pas intégrés à leur infrastructure informatique.
Ce manque d'interopérabilité perturbe la coordination des soins et augmente le risque d'erreurs et de retards. Il exerce également une pression énorme sur les équipes informatiques, qui passent plus de temps à résoudre des problèmes techniques qu'à favoriser l'innovation.
Des risques de cybersécurité qui s'intensifient
Depuis 2023, 77 % des établissements de santé français (83 % au niveau mondial) ont connu au moins un incident de cybersécurité, qu'il s'agisse d'une fuite de données, d'une attaque par ransomware ou d'une autre violation. Aujourd'hui, 45 % des responsables informatiques mondiaux estiment que leurs réseaux sont vulnérables aux attaques de sécurité en raison de leurs systèmes hérités. En France, ce chiffre atteint 54 %, soit une augmentation de 27 points par rapport à 2024.
Et pourtant, seules 36 % des organisations dans le monde ont mis en place des mesures de sécurité spécifiques à l'IA.
Il est urgent de renforcer les bases techniques avant de développer les capacités algorithmiques.
Modernisation : un impératif mondial pour de meilleurs soins
Le défi ne réside pas dans l'IA elle-même, mais dans l'environnement numérique dans lequel elle est déployée. Des systèmes obsolètes empêchent 38 % des prestataires de soins de santé dans le monde de déployer de nouveaux appareils et imprimantes, et 38 % ne peuvent pas prendre en charge les appareils à distance ni obtenir des informations détaillées sur les problèmes rencontrés.
C'est pourquoi la modernisation des infrastructures, associée à une gestion centralisée et sécurisée des appareils, doit devenir une priorité stratégique. La gestion de base des appareils mobiles ne suffit plus. Il faut désormais des plateformes avancées de gestion de la mobilité d'entreprise (EMM) capables d'intégrer tous les appareils connectés, de les surveiller en temps réel et de protéger les données sensibles tout au long du parcours de soins.
Une responsabilité collective pour l’avenir des soins
Les professionnels de santé, les DSI et les responsables des établissements partagent tous le même objectif : fournir des soins plus sûrs, plus fluides et plus personnalisés. Mais investir dans l'IA et les appareils connectés ne suffit pas. Ces technologies doivent pouvoir « communiquer » entre elles, s'intégrer aux systèmes existants et évoluer en toute sécurité.
Il s'agit d'un défi mondial. Mais en France, où l'adoption de l'IA est élevée, mais où la modernisation est urgente, les enjeux sont particulièrement clairs. Pour réduire les risques pour les patients, il est essentiel que le secteur investisse dans une solution EMM efficace qui permette des soins continus et ininterrompus, un dépannage à distance et la protection des données sensibles à tout moment. Ces solutions doivent être capables de prendre en charge
tous les appareils mobiles, tous les systèmes d'exploitation et tous les appareils partagés. En investissant dès maintenant dans une infrastructure robuste, interopérable et résiliente, nous pouvons faire en sorte que la technologie devienne un véritable moteur pour l'amélioration des soins pour tous.
* Source : « Dilemme numérique et santé : décrypter les risques et les défis émergents » – SOTI, 2025 (basé sur une enquête menée auprès de 1 750 décideurs informatiques dans 11 pays, dont 150 en France).
