Illectronisme : un tiers des Français ne s’en sort pas avec le numérique

Ordinateur, smartphone, réseaux sociaux : le numérique constitue la pièce maîtresse de l’accès aux droits, à l’emploi et à l’information. Pourtant, selon une étude de l’INSEE, une part importante de la population française reste en difficulté face aux usages numériques.

Anton Kunin
By Anton Kunin Published on 20 février 2026 8h01
Illectronisme : un tiers des Français ne s'en sort pas avec le numérique
Illectronisme : un tiers des Français ne s’en sort pas avec le numérique - © Economie Matin
15%D'après l'INSEE, 15% de la population française n’a pas de notions dans le domaine de la recherche d’information.

Des compétences numériques inégalement réparties face à l’ordinateur et au smartphone

La question des compétences numériques s’impose comme un enjeu social central en France. Alors que les démarches administratives se dématérialisent et que les usages du numérique s’intensifient, près d’une personne sur trois se trouve en situation de fragilité numérique, constate l'INSEE. Cette insuffisance touche des profils variés et interroge la capacité collective à accompagner la transition numérique.

Les compétences numériques recouvrent un ensemble de savoir-faire désormais essentiels, allant de la recherche d’informations à la protection de la vie privée. Pourtant, selon l’INSEE, 30,3% des personnes âgées de 15 ans ou plus disposent de compétences numériques faibles. Autrement dit, ces individus rencontrent des difficultés dans un à trois domaines clés du numérique, qu’il s’agisse de l’utilisation d’un ordinateur, de la maîtrise d’un smartphone ou de la compréhension des paramètres de sécurité en ligne. Ainsi, même si l’accès aux équipements progresse, les usages restent partiellement maîtrisés.

Dans le même temps, l’INSEE identifie 15,7% de la population en situation d’illectronisme. Cette catégorie regroupe des personnes n’ayant pas utilisé Internet récemment ou ne disposant pas des compétences numériques de base. Autrement dit, l’écart ne se limite pas à une mauvaise maîtrise : pour une partie des Français, l’ordinateur ou le smartphone demeure un outil marginal, voire inaccessible. Dès lors, l’idée d’une société entièrement connectée apparaît largement théorique.

Les réseaux sociaux au cœur des fragilités de compétences numériques

Si les réseaux sociaux sont souvent perçus comme intuitifs, ils constituent pourtant un révélateur des lacunes en compétences numériques. Selon l’INSEE, les difficultés concernent notamment la communication en ligne et la gestion de l’identité numérique, deux dimensions centrales des réseaux sociaux. Ainsi, publier un contenu, paramétrer la confidentialité ou identifier une information fiable suppose des compétences qui ne sont pas universellement acquises.

Par ailleurs, la faible maîtrise des réseaux sociaux expose certains utilisateurs à des risques accrus. En effet, sans compétences numériques solides, la distinction entre information et désinformation devient plus complexe, tout comme la protection des données personnelles. Or, selon l’INSEE, ces lacunes touchent une part significative de la population adulte, sans se limiter aux publics les plus âgés. De ce fait, les réseaux sociaux deviennent à la fois un espace d’expression et un facteur d’inégalités numériques persistantes.

Compétences numériques : un enjeu social majeur au-delà de l’accès aux outils

La diffusion massive de l’ordinateur et du smartphone pourrait laisser croire que la question des compétences numériques est résolue. Pourtant, les chiffres de l’INSEE montrent l’inverse : l’équipement ne garantit pas la maîtrise. Près d’un tiers des Français cumulent ainsi des usages partiels et une compréhension incomplète des outils numériques. Cette situation pèse directement sur l’accès aux droits, notamment lorsque les démarches administratives exigent une autonomie numérique minimale.

En outre, l’insuffisance de compétences numériques a des répercussions sur l’insertion professionnelle et sociale. La recherche d’emploi, la formation continue ou encore la participation à la vie citoyenne passent désormais par des interfaces numériques. Or, lorsque l’ordinateur ou le smartphone deviennent des obstacles plutôt que des leviers, les inégalités se renforcent. Selon l’INSEE, cette fragilité numérique concerne aussi bien des actifs que des retraités, soulignant le caractère transversal du phénomène.

Anton Kunin

Après son Master de journalisme, Anton Kunin a rejoint l'équipe d'ÉconomieMatin, où il écrit sur des sujets liés à la consommation, la banque, l'immobilier, l'e-commerce et les transports.

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