Immobilier : MaPrimeRénov’ revient… mais ça va être compliqué

Lundi 23 février 2026, à midi, le guichet MaPrimeRénov’ rouvre officiellement. L’information est confirmée par le ministère du Logement, qui souligne que les nouvelles demandes n’étaient plus enregistrées depuis le 1er janvier 2026. L relance de MaPrimeRénov’ intervient après l’adoption définitive du budget 2026, ce qui permet de redémarrer l’instruction et d’accepter de nouveaux dossiers.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 23 février 2026 6h08
MaPrimeRénov’ suspendue au 1er janvier 2026 faute de budget voté
Immobilier : MaPrimeRénov’ revient… mais ça va être compliqué - © Economie Matin
4,3 MILLIARDS €Pour MaPrimleRénov’ 2026, l’Anah annonce un budget d’intervention 2026 de 4,3 milliards d’euros

Ce redémarrage de MaPrimeRénov’ arrive dans un contexte tendu. D’un côté, l’État réaffirme l’ampleur des moyens, avec une enveloppe annoncée à 3,6 milliards d’euros de crédits et 500 millions d’euros de certificats d’économies d’énergie. De l’autre, MaPrimeRénov’ doit absorber un stock massif : 83 000 dossiers seraient restés en attente depuis la fin de l’année 2025, d’après La Tribune.

MaPrimeRénov’ : quelles sont les conditions d’accès à l’aide en 2026 ?

MaPrimeRénov’ repose toujours sur un principe central : la demande doit être déposée avant le démarrage des travaux, et le dossier doit correspondre aux règles de l’Anah. Mais en 2026, les conditions se lisent aussi à travers une nouvelle priorité affichée : la qualité des projets et la maîtrise des fraudes, avec des garde-fous qui s’ajoutent à l’accès à l’aide pour la rénovation énergétique.

Dans son communiqué du 20 février 2026, l’Anah insiste sur une « priorité » donnée aux projets de rénovation de qualité, ce qui éclaire la logique des conditions 2026. Et, dans le guide « Les aides financières en 2026 », MaPrimeRénov’ « rénovation d’ampleur » est présentée comme de nouveau accessible à tous les ménages, toutes catégories de revenus.

L’aide pour la rénovation énergétique MaPrimeRénov’ reste structurée par des plafonds de ressources, qui conditionnent notamment les parcours et les montants. Le guide Anah / France Rénov’ publie des seuils au 1er janvier 2026, fondés sur le revenu fiscal de référence. Par exemple, pour une personne, le plafond « très modestes » est fixé à 17 363 euros hors Île-de-France, et à 24 031 euros en Île-de-France.

MaPrimeRénov’ et travaux d’énergie : ce qui change selon le type de rénovation

MaPrimeRénov’ ne finance pas les mêmes travaux selon que l’on vise une rénovation d’ampleur ou une rénovation « par geste ». En 2026, cette distinction devient plus visible, et elle pèse directement sur l’énergie, le choix des équipements, et la stratégie des ménages dans l’immobilier.

Le guide Anah / France Rénov’ acte deux exclusions claires dans le périmètre « par geste » : les chaudières biomasse et l’isolation des murs ne sont plus financées dans cette logique. L’attribution de l’aide MaPrimeRénov’ a désormais aussi des conditions techniques qui orientent les travaux, en privilégiant certains parcours plutôt que d’autres. Pour les ménages, cela se traduit par une question immédiate : viser un projet global, ou rester sur un geste unique, au risque d’être limité sur des postes de travaux majeurs.

En 2026, MaPrimeRénov’ est aussi impactée par un changement méthodologique autour du DPE et de l’audit énergétique, avec une incidence sur l’appréciation de l’énergie consommée. Le guide Anah / France Rénov’ rappelle que le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9 dans la méthode DPE/audit, et que la nouvelle méthode peut être appliquée rétroactivement aux DPE et audits réalisés avant le 1er janvier 2026, sous réserve d’attestation. Cette donnée peut modifier la consommation du bien, et donc la manière de présenter un projet MaPrimeRénov’ dans un parcours travaux, surtout lorsque le bien immobilier est déjà classé de façon défavorable.

MaPrimeRénov’ : quand déposer une demande ?

En 2026, le point de départ est clair : le guichet rouvre le lundi 23 février à midi, ce que confirment le ministère et l’Anah. La CAPEB précise que les nouvelles demandes d’aides distribuées par l’Anah n’étaient plus enregistrées depuis le 1er janvier 2026, ce qui explique la mécanique de « reprise » plutôt qu’un simple retour à la normale.

Sur le “comment”, MaPrimeRénov’ ajoute désormais une étape structurante pour les rénovations d’ampleur : un rendez-vous personnalisé obligatoire avec un conseiller France Rénov’ avant le dépôt du dossier. L’Anah l’écrit dans son communiqué du 20 février 2026, et précise que cet échange est gratuit et qu’il donne lieu à une attestation à joindre au dossier MaPrimeRénov’. Cette exigence change l’expérience des ménages : elle impose une séquence plus encadrée, mais elle vise aussi à fiabiliser les travaux, les devis et la cohérence énergétique.

MaPrimeRénov’ en 2026 : budgets, délais, stock de dossiers...

MaPrimeRénov’ revient, mais elle revient avec un enjeu opérationnel : le traitement des demandes. Les chiffres publiés et rapportés ces derniers jours disent une même chose : l’aide est financée, mais la file d’attente est lourde, et les délais inquiètent, notamment dans le secteur du bâtiment et de l’immobilier.

Pour MaPrimleRénov’ 2026, l’Anah annonce un budget d’intervention 2026 de 4,3 milliards d’euros et estime qu’environ 350 000 logements pourront être rénovés grâce à cette enveloppe, selon son communiqué. Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, revendique l’effort budgétaire : « Le budget 2026 confirme l’importance de la rénovation de l’habitat, avec 3,6 milliards d’euros pour MaPrimeRénov’ (…) Le budget est voté, le guichet va rouvrir : promesse tenue ! », déclare-t-il dans le guide Anah / France Rénov’.

Mais les propriétaires vont devoir s’armer de patience avant de voir l’aide arriver sur leur compte bancaire, si elle y parvient. L’Anah écrit que l’interruption des engagements pendant la période des « services votés » a allongé les délais moyens de réponse, au-delà de 6 mois pour les rénovations d’ampleur et 3 mois pour un geste unique, dans son communiqué du 20 février 2026. 83 000 dossiers seraient restés en attente depuis la fin 2025, selon La Tribune. Et le ministère l’assume indirectement : « L’adoption définitive du budget 2026 va permettre de reprendre l’instruction des dossiers restés en attente depuis la fin de l’année 2025 », indique le ministère de la Ville et du Logement. Pour l’immobilier, cette inertie n’est pas neutre : elle peut retarder des chantiers, peser sur les calendriers de mise en location, et compliquer la décision de vendre ou de rénover, surtout lorsque l’énergie devient un critère de valorisation.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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