Acheter un logement reste un projet majeur pour de nombreux ménages. Pourtant, derrière le prix affiché d’un bien immobilier se cachent souvent des coûts mal anticipés et des erreurs fréquentes. Une étude récente montre que beaucoup d’acheteurs sous-estiment le budget réel nécessaire pour mener à bien leur projet immobilier, ce qui peut conduire à des renoncements ou à des difficultés financières.
Immobilier : voici les pièges dans lesquels tombent les acheteurs

Le 10 mars 2026, à l’occasion de la Semaine de l’éducation financière, une enquête menée par la plateforme d’investissement immobilier Bricks.co met en lumière les principaux écueils rencontrés par les particuliers lors d’un achat immobilier. L’étude révèle que de nombreux Français maîtrisent mal les dépenses réelles liées à un projet immobilier, alors même que ces coûts peuvent dépasser largement le prix affiché d’un bien.
Immobilier : un projet souvent mal évalué dès le départ
Le premier piège dans lequel tombent les acheteurs immobiliers concerne l’estimation du budget global. Beaucoup se concentrent sur le prix du logement sans prendre en compte l’ensemble des dépenses associées.
Selon l’étude de Bricks.co, un logement ancien affiché à 200 000 euros peut en réalité représenter un coût total compris entre 225 000 et 245 000 euros la première année. Ce montant inclut notamment les frais d’acquisition, les assurances, les taxes et diverses charges annexes. L’écart peut donc atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Cette mauvaise anticipation s’explique en partie par un manque de visibilité sur les frais annexes. Comme le rappelle Cédric O’Neill, dirigeant de Bricks.co, « un projet immobilier ne se joue pas seulement sur un prix affiché : il se joue sur des frais, des charges, des imprévus et un crédit dont le coût peut changer très vite avec les taux ».
Dans la pratique, ces dépenses supplémentaires apparaissent souvent tardivement dans le processus d’achat. Les acheteurs découvrent alors que le coût réel dépasse leur capacité de financement. Résultat : certains projets immobiliers sont abandonnés après coup. L’étude indique ainsi que 39 % des Français ont déjà renoncé à un achat immobilier après avoir recalculé le coût global de l’opération.
Les frais cachés de l’achat immobilier, un écueil fréquent
Au-delà du prix du bien, de nombreux frais viennent alourdir la facture finale. Les frais de notaire constituent l’exemple le plus connu, mais ils restent pourtant souvent mal évalués par les acheteurs. Dans l’immobilier ancien, ces frais représentent généralement entre 7 % et 8 % du prix du bien. Sur un logement de 200 000 euros, cela correspond à une dépense supplémentaire d’environ 14 000 à 16 000 euros.
Cependant, ces frais ne sont qu’une partie du coût réel d’un achat immobilier. D’autres dépenses, moins visibles au départ, viennent s’ajouter. Les charges de copropriété, la taxe foncière, les travaux de rénovation ou encore les frais d’agence peuvent faire grimper rapidement le budget global.
Certaines dépenses sont particulièrement sous-estimées. Selon l’étude de Bricks.co, 64 % des répondants citent les travaux et imprévus comme les coûts les plus difficiles à anticiper dans un projet immobilier.
Le prix affiché d’un bien immobilier ne représente qu’une partie de l’investissement total. Sans une vision complète des dépenses, les acquéreurs peuvent rapidement se retrouver face à un budget dépassé.
Les erreurs de financement qui fragilisent le projet
Un autre écueil fréquent concerne le financement du projet immobilier. Beaucoup d’acheteurs ont du mal à évaluer correctement leur capacité d’emprunt ou le montant d’une mensualité de crédit supportable.
Selon l’étude publiée le 10 mars 2026, 56 % des Français ne se sentent pas capables d’estimer une mensualité de crédit raisonnable. Cette difficulté complique la préparation du projet et peut conduire à des décisions financières mal calibrées.
Le problème se pose également lors de l’évaluation du coût total du crédit. Les variations de taux d’intérêt ont un impact direct sur la facture finale. Une hausse d’un point de taux peut ainsi augmenter le coût total des intérêts d’un crédit immobilier de 30 % à 50 %.
Pour les emprunteurs, cette sensibilité aux taux constitue un facteur de risque important. Un projet immobilier calculé avec une marge trop faible peut devenir difficile à financer si les conditions de crédit évoluent. Par ailleurs, certains acheteurs négligent les frais liés au financement lui-même. Les assurances emprunteur, les frais de dossier ou encore les garanties bancaires viennent s’ajouter au coût global du projet immobilier.
Dans ce contexte, une mauvaise préparation financière peut transformer un projet immobilier prometteur en véritable échec. Les spécialistes du secteur recommandent donc d’évaluer précisément la capacité d’emprunt avant même de commencer les visites de biens.
