Le 12 mars 2026, le collectif Cash sur Table a dévoilé une étude intitulée « Argent : les Français entre inquiétude et immobilisme ». Réalisée auprès de 1 300 participants entre le 16 février et le 1er mars 2026, cette enquête met en lumière un malaise persistant autour de l’argent en France. Les résultats montrent que l’argent nourrit une angoisse diffuse qui influence les décisions personnelles, l’épargne et même les projets de vie, selon le communiqué du collectif.
L’argent, une source d’angoisse pour une large part des Français
L'étude montre que l’argent demeure un facteur de stress majeur pour une grande partie de la population. Selon les résultats publiés par le collectif Cash sur Table le 12 mars 2026, 50 % des répondants affirment que l’argent constitue une source d’angoisse, avec une note comprise entre 6 et 10 sur une échelle de 1 à 10. Cette perception révèle une inquiétude profonde face aux finances personnelles. De plus, les dépenses imprévues accentuent ce sentiment : 50 % des personnes interrogées indiquent que ces situations sont leur principale source de stress financier.
Certaines situations concrètes illustrent cette pression liée à l’argent, comme la fin du mois qui reste notamment un moment difficile pour de nombreux ménages. 18 % des Français déclarent ressentir un stress particulier à cette période. Par ailleurs, les inquiétudes dépassent parfois la seule gestion du budget quotidien. Comme l’explique Julien Jacquemin, directeur général de Gedeon, « derrière ces chiffres, il y a une réalité : beaucoup de Français avancent aujourd’hui avec une forme d’inquiétude financière permanente ».
L’argent sous pression dans un contexte économique incertain
Par ailleurs, le climat économique et international pèse fortement sur la relation des Français à l’argent. L’étude révèle que 40 % des répondants considèrent le contexte géopolitique et économique actuel comme une source supplémentaire de stress. Cette situation contribue à renforcer l’angoisse autour de l’argent et incite les ménages à adopter des stratégies plus prudentes dans la gestion de leurs finances.
Dans ce contexte, les comportements financiers évoluent sensiblement. L’étude indique que 79 % des Français affirment que la situation économique et internationale influence leur gestion de l’argent. 45 % des répondants déclarent avoir augmenté leur épargne de précaution, tandis que 20 % ont privilégié des placements plus sécurisés. Enfin, plus de 10 % affirment avoir réduit leurs investissements, signe d’un climat de prudence généralisée autour de l’argent.
Argent, immobilisme et manque d’accompagnement financier
L’étude souligne également un phénomène plus discret mais significatif : l’immobilisme. Sous l’effet de l’angoisse liée à l’argent, certains Français préfèrent reporter des décisions importantes. Selon les résultats de l'étude, près d’un Français sur deux affirme avoir déjà repoussé un projet de vie, comme un achat important, un mariage ou un projet d’enfant, par crainte financière. Cette situation illustre l’impact concret de l’argent sur les choix personnels et familiaux.
De plus, le sujet de l’argent reste parfois difficile à aborder. L’étude indique que près d’un Français sur trois reconnaît avoir déjà évité une conversation liée à l’argent. Cette gêne reflète une relation complexe à l’argent, mêlant inquiétude et manque de repères. Hugo Berthe, directeur général de La Première Brique, souligne cette dimension en déclarant : « Dans un contexte économique et géopolitique incertain, les Français ont plus que jamais besoin de repères et d’accompagnement pour gérer leur argent sereinement ».
L’étude met en évidence le rôle des connaissances financières dans cette relation à l’argent. Selon les résultats publiés le 12 mars 2026, 46 % des répondants estiment que leur niveau de connaissances financières influence directement leur situation économique. Dans le même temps, 40 % des Français associent leur angoisse financière à un manque de compréhension des questions liées à l’argent.
Un autre facteur apparaît dans les résultats : le sentiment d’isolement face aux décisions financières puisque les banques, pourtant interlocuteurs privilégiés, ne répondent pas toujours aux attentes. L’étude indique que 77 % des personnes interrogées estiment ne pas être suffisamment accompagnées par leur banquier. Cette situation contribue à freiner les décisions. D’ailleurs, 42 % des répondants expliquent que ce manque d’accompagnement les empêche d’avancer dans leurs projets financiers.
Dans ce contexte, certains acteurs souhaitent encourager un dialogue plus ouvert autour de l’argent. Thomas Perret, fondateur de Mon Petit Placement, estime que la question de l’argent doit être davantage discutée publiquement : « Plusieurs actions seront déployées lors de la Semaine de l’éducation financière afin de libérer la parole et décomplexer les Français vis-à-vis de leurs finances personnelles », a-t-il déclaré.
