L’Insee chiffre à 3,2 millions les emplois salariés industriels à la mi-2026. Malgré une légère remontée depuis 2017, l’industrie ne représente plus que 17,9 % de l’emploi marchand non agricole, contre 43 % en 1970.
Industrie française : l’emploi se redresse, mais son poids continue de reculer

L’industrie française employait 3,2 millions de salariés à la mi-2026, selon la synthèse statistique publiée le 6 novembre par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Après une longue phase de contraction, ses effectifs ont légèrement progressé depuis 2017. Sa place dans l’emploi marchand non agricole continue pourtant de diminuer : elle atteint 17,9 %.
Une stabilisation après plusieurs décennies de recul
En 1970, l’industrie comptait 5,4 millions de salariés et concentrait 43 % de l’emploi marchand non agricole. Ses effectifs ont ensuite baissé jusqu’à 3,3 millions en 2010, soit une perte de 2,1 millions d’emplois. Entre 2010 et 2017, la contraction s’est poursuivie, à un rythme plus modéré, avant le léger redressement observé depuis.
Ce contraste s’explique notamment par la progression plus rapide de l’emploi dans les autres secteurs. L’Insee souligne aussi le rôle des gains de productivité et de l’automatisation dans la transformation de l’emploi industriel sur longue période.
Une part de la valeur ajoutée presque inchangée depuis 2010
La contribution des branches industrielles à la valeur ajoutée nationale représentait 13,6 % du produit intérieur brut en 2025, exactement la proportion observée en 2010, après des fluctuations intermédiaires. Pour les seules activités manufacturières, cette part s’établissait à 11,2 % en 2025, contre 11,4 % quinze ans auparavant.
La baisse historique du poids de l’industrie dans le PIB tient aussi à une évolution des prix des biens industriels moins rapide que celle des services. En volume, la valeur ajoutée industrielle a été multipliée par 8,1 entre 1950 et 2025, contre 8,6 pour l’ensemble du PIB. Ces chiffres permettent de distinguer l’évolution de la production de celle de son poids relatif dans l’économie.
Des activités industrielles profondément recomposées
La structure industrielle a elle-même changé. L’habillement, le travail du bois, le papier et plusieurs branches de biens d’équipement occupent une place plus réduite qu’après-guerre. À l’inverse, l’agroalimentaire, la pharmacie, les matériels de transport ainsi que la production et la distribution d’énergie et d’eau pèsent davantage dans l’ensemble industriel.
Pour les politiques de réindustrialisation, les données de l’Insee invitent donc à suivre plusieurs indicateurs distincts : les effectifs, la production en volume et la valeur ajoutée. Une progression des emplois industriels peut coexister avec une diminution de leur part dans l’emploi total lorsque les services se développent plus rapidement.