Salaire : le travail des femmes est « gratuit » dès le 4 novembre 2022

Puisque les inégalités salariales entre les hommes et les femmes, à poste et compétences égales, se poursuivent en France, une fois de plus le collectif féministe Les Glorieuses est au rendez-vous.

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 8 novembre 2022 à 20h21
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13%En Europe, en moyenne, une femme gagne 13% de moins qu'un homme.

L’écart de salaire s’améliore très légèrement en 2022 par rapport à 2021, mais il reste élevé. Et durant près de deux mois, les femmes travaillent « gratuitement ».

Inégalités salariales : le jour où les femmes ne gagnent plus rien

Chaque année, Les Glorieuses met en avant le jour où, du fait des inégalités salariales, le travail des femmes est gratuit jusqu'à la fin de l'année. Une date symbolique, issue d’un calcul mathématique simple, mais qui a le mérite de faire réfléchir. En 2021, c’était le 3 novembre à très précisément 9h22 que les femmes travaillaient « gratuitement ». En 2022, on note une amélioration très légère.

Grâce à un recul de l’écart salarial entre les femmes et les hommes, les inégalités salariales s’amenuisent. L’écart atteignait 16,5% en 2021, il tombe à 15,8% en 2022 selon Les Glorieuses. Une amélioration de 0,7% loin de suffire et qui fait que la date a été repoussée de moins de 24 heures. Le vendredi 4 novembre 2022 à 9h10, les femmes travaillent gratuitement en France jusqu’à la fin de l’année 2022.

D’ailleurs, la France fait partie des mauvais élèves de l’Union européenne : la moyenne, elle, est de 13%.

Une amélioration en trompe-l’œil pour le salaire des femmes

Si le recul de 0,7% est une bonne nouvelle, il faut le remettre en perspective. Dans leur communiqué de presse, Les Glorieuses rappellent qu’en réalité l’écart se creuse. En 2016, les femmes gagnaient 15,1% de moins que les hommes pour le même emploi, soit 0,7%… de plus !

La Covid-19, soulignent Les Glorieuses, a conduit d’ailleurs à un recul de près de 25 ans de l’amélioration des inégalités salariales. Et selon le Forum économique mondial, au rythme actuel de l’amélioration, il faudra 132 ans « pour atteindre la parité totale dans le monde ».

Une pétition pour la fin des inégalités salariales

Afin que les pouvoirs publiques prennent la question au sérieux, Les Glorieuses ont lancé une nouvelle pétition avec trois principes majeurs :

- l’obligation d’égalité salariale pour une entreprise pour accéder aux marchés publics, aux subventions et aux prêts étatiques ;

- une revalorisation des salaires dans les métiers à majorité féminins ;

- un congé parental « équivalent » pour les deux parents.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

1 commentaire on «Salaire : le travail des femmes est « gratuit » dès le 4 novembre 2022»

  • C’est très inquiétant (plutôt effrayant) de voir, qu’aujourd’hui, en 2022, il y a toujours autant de mensonges et fake-news publiés par les médias sur le rapport entre le salaires des femmes et des hommes.

    INSEE, étude n° 1803 du 18/06/2020 :
    « L’écart de salaire moyen en EQTP entre les femmes et les hommes pour un même poste se réduit donc à 5,3 % dans le secteur privé en 2017 »

    Et, selon l’INSEE, on ne sait pas dire si ces 5,3% sont dus à une discrimination sur le sexe ou à d’autres facteurs « mécaniques » non identifiés dans les études à ce jour.

    Les 15,8% d’écart peuvent se rapprocher de l’écart entre les salaires perçus par les hommes et les femmes si on ne tient pas compte des types de poste occupé.
    Après, certaines personnes peuvent souhaiter un modèle de société où un homme de ménage et une neuro-chirurgienne touche le même salaire, c’est leur droit.
    (sans chercher à manquer de respect aux femmes de ménage, ma mère en était une)

    Il n’y a que 2 solutions pour une égalité salariale complète : Soit il faut qu’il y ait exactement le même nombre d’employés femmes et hommes dans chaque poste, dans chaque secteur d’activité. dans chaque taille d’entreprise, et dans chaque région. Soit que tous les salariés de France perçoivent exactement le même salaire, quelque soit le poste, les responsabilité, la technicité, l’expérience, le secteur, la région, la durée…

    Pourquoi pas. Moi, perso, je suis pour. Qui d’autre ?

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