Inflation à 3,1% : la France se taxe jusqu’à l’os

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By Agnès C.
Inflation à 3,1% : la France se taxe jusqu'à l'os
Inflation à 3,1% : la France se taxe jusqu'à l'os - © Economie Matin

L'inflation repart à la hausse, les prix alimentaires flambent, et la réponse de l'État reste invariablement la même : taxer davantage. Pendant que les ménages français subissent une double peine — prix en hausse, impôts qui suivent — nos voisins européens, eux, choisissent une autre voie. Jusqu'où peut-on aller avant que la marmite explose ?

3,1%

Le taux d'inflation en France en septembre 2026, au plus haut depuis janvier 2024, porté par l'énergie et les produits frais — pendant que la pression fiscale, elle, ne faiblit pas.

L'inflation est de retour. Et l'État en profite.

3,1% d'inflation en septembre. Ce chiffre, publié par l'INSEE, ne devrait pas être une surprise. L'énergie repart à la hausse, les produits frais flambent dans les rayons, et les ménages les plus modestes, ceux qui consacrent la plus grande part de leur budget à se nourrir et se chauffer, absorbent le choc de plein fouet.

Mais voilà ce que l'on oublie de dire : l'inflation est, pour l'État, une aubaine fiscale. Chaque point d'inflation supplémentaire gonfle mécaniquement les recettes de TVA. Les droits d'accises sur l'énergie suivent la même pente. Le contribuable paie plus, non pas parce que les services publics se sont améliorés, mais simplement parce que les prix ont monté. C'est ce que les économistes appellent discrètement la "fiscalité implicite". Traduction en français courant : un impôt que personne n'a voté, mais que tout le monde paie.

En Allemagne, face à une situation comparable, le gouvernement a choisi de baisser temporairement la TVA sur certains produits alimentaires. En France ? On annonce de nouvelles taxes sur l'énergie pour financer la transition écologique. La logique fiscale française est d'une cohérence remarquable : quand ça va mal, on taxe. Quand ça va bien, on taxe aussi.

Une fiscalité qui étouffe sans protéger

La France est championne d'Europe des prélèvements obligatoires. 45,4% du PIB. Un record que l'on brandit parfois avec une fierté inexplicable, comme si taxer plus signifiait protéger mieux. Les faits disent le contraire.

Avec 58,2% du PIB engloutis dans la dépense publique, la France dépense plus que la Suède, plus que le Danemark, plus que n'importe quel pays de l'OCDE. Et pourtant, les services rendus aux citoyens ne sont pas proportionnellement meilleurs. Les hôpitaux sont en crise. L'école décroche dans les classements internationaux. Les transports du quotidien se dégradent. On dépense plus pour faire moins bien.

Imaginez un instant qu'une entreprise privée consacre 58% de son chiffre d'affaires à ses frais généraux. Elle serait en liquidation judiciaire avant la fin de l'année. L'État, lui, continue, protégé par l'emprunt. La dette atteint désormais 3 460 milliards d'euros — soit environ 51 000 euros par Français, nouveau-nés compris.

Le vrai sujet : dépenser moins, pas taxer plus

Face à la flambée des prix, la tentation est grande d'exiger de l'État qu'il "fasse quelque chose". Chèques énergie, boucliers tarifaires, subventions en tout genre — la boîte à outils est connue. Le problème, c'est que tout cela se finance par de la dette ou par de nouveaux prélèvements, qui alimentent eux-mêmes l'inflation. On arrose le feu avec de l'essence.

La vraie réponse à l'inflation n'est pas budgétaire au sens dépensier du terme. Elle est structurelle. Moins de charges sur le travail pour redonner du pouvoir d'achat par les salaires. Moins de normes pour permettre aux entreprises de produire moins cher. Moins de dépenses publiques inefficaces pour alléger la pression fiscale.

La Suisse a un taux d'imposition global de 28% du PIB. Son niveau de vie est parmi les plus élevés du monde. La corrélation entre dépense publique massive et bien-être collectif n'existe tout simplement pas. Il est temps que la classe politique française arrête de faire semblant de ne pas le savoir.

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Agnès C. est une économiste libérale qui conseille dans l'ombre une large partie du personnel politique français, proposant des solutions pragmatiques et courageuses pour redresser les comptes publics.

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