Les économistes interrogés par la Banque centrale européenne ont relevé leurs anticipations d’inflation pour 2026 et 2027, sous l’effet de l’énergie. Pour les ménages et les entreprises françaises, cette révision éclaire les tensions sur les prix et les décisions monétaires à venir, sans préjuger de leur issue.
Inflation : les prévisionnistes de la BCE relèvent leurs attentes à 3 % pour 2026 et 2,6 % pour 2027

Les prévisionnistes interrogés par la Banque centrale européenne tablent désormais sur une inflation moyenne de 3 % dans la zone euro en 2026, puis de 2,6 % en 2027. Leurs estimations ont été relevées respectivement de 0,3 et 0,4 point par rapport à l’enquête précédente, selon les résultats publiés le 30 octobre par la Banque de France.
La hausse des coûts énergétiques constitue le principal facteur de révision. Pour les consommateurs français, ce signal porte autant sur les dépenses de chauffage et de carburant que sur les prix des biens et services susceptibles d’intégrer progressivement les surcoûts de production et de transport.
Une inflation attendue plus persistante en 2027
L’enquête détaillée de la BCE repose sur 52 réponses recueillies entre le 2 et le 7 octobre 2026. Elle traduit l’appréciation de prévisionnistes professionnels, et non une nouvelle projection officielle des services de la banque centrale.
Leur scénario retient une inflation de 2 % en 2028, comme dans la précédente édition. Les anticipations à plus long terme, pour 2031, restent également fixées à 2 %. La révision concerne donc surtout la durée et la transmission du choc énergétique à court et moyen terme.
L’inflation sous-jacente, qui exclut notamment l’énergie et l’alimentation, est attendue à 2,4 % en 2026, puis à 2,5 % en 2027. Ce dernier chiffre a été relevé de 0,2 point. Les répondants estiment que les effets indirects des prix de l’énergie devraient être particulièrement visibles l’an prochain.
La BCE maintient ses taux, mais surveille le choc énergétique
La publication intervient au lendemain d’une réunion de politique monétaire. Le 29 octobre, le Conseil des gouverneurs de la BCE a laissé ses trois taux directeurs inchangés, tout en soulignant que le renchérissement de l’énergie accroît les risques d’inflation et pèse sur les perspectives de croissance.
Le taux de la facilité de dépôt reste ainsi à 2,50 %. Les prochaines décisions dépendront des données économiques et de l’évolution des risques, plutôt que d’un calendrier de hausse annoncé à l’avance. Pour les emprunteurs français, l’évolution des taux des crédits dépendra aussi des conditions de financement des banques et de la concurrence entre établissements.
Une croissance européenne qui ralentit au troisième trimestre
Le contexte économique demeure contrasté. Dans sa première estimation publiée le 30 octobre, Eurostat fait état d’une progression du PIB de 0,4 % dans la zone euro au troisième trimestre, après 0,6 % au deuxième. L’Union européenne dans son ensemble affiche une hausse de 0,5 %.
Les écarts entre pays sont marqués : l’Allemagne progresse de 0,2 %, l’Espagne de 0,6 %, tandis que la France recule de 0,1 % sur le trimestre. Ces données provisoires peuvent encore être révisées.
Les prévisionnistes interrogés par la BCE attendent néanmoins une croissance annuelle de 1 % dans la zone euro en 2026, puis de 1,3 % en 2027. Ils ont relevé leur prévision pour l’année en cours, en tenant compte des données économiques disponibles au début du mois d’octobre.
Ce que ces chiffres changent pour les ménages français
Une inflation moyenne plus élevée signifie une pression prolongée sur le pouvoir d’achat, particulièrement pour les dépenses exposées à l’énergie. Elle complique également les arbitrages des entreprises entre prix de vente, marges et investissements. La situation de chaque ménage dépend toutefois de sa consommation, de ses revenus et de ses contrats énergétiques.
La prochaine estimation rapide d’Eurostat pour l’inflation d’octobre est attendue le 4 novembre. Elle apportera un point de comparaison avec ces anticipations, tandis que la BCE continuera d’évaluer l’ampleur du choc énergétique avant sa prochaine décision.