L’inflation suisse a atteint 1,5 % en octobre 2026, un niveau supérieur aux attentes de la Banque nationale suisse. Son président Martin Schlegel évoque une possible adaptation de la politique monétaire si les hausses de prix se diffusent, sans annoncer de relèvement des taux.
En Suisse, l’inflation surprend la banque centrale et remet les taux d’intérêt sous surveillance

La Banque nationale suisse (BNS) surveille de plus près la remontée des prix. Dans un entretien publié jeudi 5 novembre 2026 par la Handelszeitung et rapporté par Reuters, son président Martin Schlegel reconnaît que l'inflation d'octobre, à 1,5 % sur un an, a dépassé les anticipations de l'institution.
La hausse provient principalement, selon lui, du renchérissement des carburants et du fioul domestique dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. La banque centrale ne constate pas, à ce stade, d'effets de second tour significatifs : autrement dit, elle n'observe pas encore de propagation importante de cette hausse à d'autres prix et aux salaires.
Un taux directeur à zéro, mais une vigilance accrue
Le taux directeur suisse se situe actuellement à 0 %. La BNS définit la stabilité des prix par une inflation comprise entre 0 % et 2 % à moyen terme. Avec 1,5 % en octobre, l'indicateur reste donc dans cette fourchette, même si sa progression inattendue incite les responsables monétaires à la prudence.
Martin Schlegel indique que l'institution n'hésiterait pas à ajuster sa politique si la stabilité des prix était menacée. Cette déclaration ne constitue pas une décision de hausse des taux. La banque devra notamment déterminer si l'augmentation des coûts énergétiques reste concentrée sur certains postes ou si elle entraîne des relèvements plus généralisés.
Dans un autre entretien publié le même jour et relayé par cash.ch, le président de la BNS fait état de premiers signes de poursuite de la croissance suisse. Il souligne le rôle de la pharmacie et de la chimie dans les résultats du deuxième trimestre, tout en estimant que l'activité demeure relativement largement soutenue.
Pourquoi cette évolution intéresse aussi les entreprises européennes
La Suisse est une économie très ouverte, fortement liée aux échanges européens. Le franc suisse joue également un rôle de valeur refuge lorsque l'incertitude internationale augmente. Les décisions de la BNS peuvent donc modifier les conditions financières des entreprises qui facturent, empruntent ou commercent en francs, sans que cela implique automatiquement une variation déterminée du taux de change.
La réaction de la banque centrale dépendra des prochaines statistiques et de la persistance du choc énergétique. Une inflation plus élevée n'entraîne pas mécaniquement un resserrement monétaire : l'institution doit aussi apprécier les effets possibles sur l'activité et la transmission des prix à l'ensemble de l'économie.
Pour les acteurs français exposés au marché suisse, le point à surveiller n'est donc pas une hausse de taux déjà décidée, mais l'évolution conjointe de l'inflation, du franc et des prochaines communications de la BNS.