Un accord de paix historique entre l’Iran et les États-Unis a été annoncé dimanche, prévoyant la réouverture du détroit d’Ormuz et la fin immédiate des hostilités. Les marchés financiers ont immédiatement réagi, avec une chute de 4% des cours du pétrole et un bond des Bourses asiatiques.
Guerre en Iran : l’accord de paix signé, ce que l’on sait

Trump annonce un accord de paix avec l'Iran, Ormuz rouvre
Donald Trump a annoncé dimanche soir la finalisation d'un accord de paix avec l'Iran, marquant potentiellement la fin d'un conflit débuté le 28 février dernier. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé de ces négociations, a confirmé que les deux nations avaient « déclaré la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban ».
L'annonce présidentielle s'accompagne de la réouverture du détroit d'Ormuz, artère vitale par laquelle transitent 20% des exportations pétrolières mondiales. « L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais finalisé », a déclaré Trump sur Truth Social, ajoutant : « J'autorise par les présentes la réouverture gratuite du détroit d'Ormuz et, simultanément, j'autorise la levée immédiate du blocus naval américain. »
Les bourses asiatiques s'envolent, le pétrole chute
Les places financières asiatiques ont immédiatement réagi. Tokyo a bondi de 4%, Séoul de 5% dès l'ouverture lundi matin. L'euphorie traduit l'espoir des investisseurs de voir se normaliser les flux énergétiques mondiaux.
Inversement, les cours pétroliers ont plongé. Le Brent a perdu 3,89% pour s'établir à 83,93 dollars le baril, le WTI américain reculant de 4,45% à 81,10 dollars. Malgré ce recul, les prix demeurent supérieurs de plus de 20% par rapport au début de la guerre.
24 milliards de dollars d'avoirs iraniens débloqués
L'agence iranienne Mehr News a publié ce qu'elle présente comme le texte intégral du mémorandum d'entente. Le document révèle des engagements financiers considérables : 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés seraient débloqués pendant la période de négociations de 60 jours qui s'ouvre. La moitié de cette somme devrait être mise à disposition de Téhéran avant même le début des discussions finales.
Les sanctions pétrolières, pilier de la pression économique américaine, seraient également levées. Les pays européens de l'E4 (Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie) ont annoncé leur disposition à « lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l'Iran concernant son programme nucléaire ».
Le nucléaire iranien sous haute surveillance
L'Iran devrait réaffirmer son engagement sous le Traité de non-prolifération nucléaire à s'abstenir de produire des armes atomiques. « Nous pouvons dire avec confiance que l'Iran n'aura jamais d'arme nucléaire », a déclaré le vice-président JD Vance.
Trump maintient néanmoins la pression. Dans une interview au New York Times, le président américain a averti qu'il pourrait « redémarrer les attaques militaires si Téhéran échouait à parvenir à un accord nucléaire avec les États-Unis » durant les négociations élargies prévues dès vendredi.
Ormuz : réouverture progressive après déminage
Le calendrier de réouverture du détroit reste flou. Trump a précisé que le passage maritime s'ouvrirait « après la signature de l'accord vendredi, pour les besoins du déminage ». Cependant, l'armée américaine n'a pas confirmé la présence effective de mines iraniennes dans le détroit.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a souligné son espoir que « la réouverture du détroit d'Ormuz stabilisera les marchés énergétiques ». Emmanuel Macron a insisté sur le fait que « la reprise du trafic maritime, sans restrictions ni péages, est essentielle pour la stabilité régionale et l'économie mondiale ».
Missiles et « groupes de résistance » exclus de l'accord
Certains aspects cruciaux échappent aux négociations actuelles. Le programme de missiles balistiques iranien et le soutien de Téhéran aux « groupes de résistance » régionaux ne figureront pas dans l'accord final, selon le texte publié par Mehr News. Une omission qui pourrait compliquer la stabilité à long terme au Moyen-Orient.
L'accord reste fragile, comme l'ont démontré les tensions de dimanche. Israël a mené des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, tuant trois personnes. Trump a qualifié ces attaques d'inopportunes « particulièrement en ce jour spécial où nous sommes si proches d'un accord de paix avec l'Iran ». Le négociateur iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a questionné la capacité américaine à « honorer ses engagements ».
Genève, vendredi 19 juin : signature sous haute tension
La cérémonie de signature prévue vendredi 19 juin à Genève constituera un test décisif. JD Vance a confirmé sa probable participation, évoquant « une nouvelle ère » pour le Moyen-Orient. Les défis demeurent considérables : reconstruire la confiance entre adversaires historiques, maintenir la stabilité régionale et assurer une surveillance efficace des engagements nucléaires iraniens.
L'économie mondiale scrute désormais chaque détail. Si l'accord tient ses promesses, il pourrait bouleverser la géopolitique énergétique et ouvrir une nouvelle page des relations américano-iraniennes, avec des répercussions majeures sur les prix de l'énergie, les flux commerciaux internationaux et l'équilibre géostratégique au Moyen-Orient.
