La guerre au Proche-Orient fait grimper le prix des carburants. L’aviation, particulièrement touchée, voit les prix des billets repartir à la hausse. Pour atténuer les tensions sur les prix, le gouvernement n’exclut pas de libérer des stocks stratégiques de kérosène.
Kérosène : la France prête à libérer des stocks stratégiques

Des stocks de kérosène bientôt libérés ?
Face à l’explosion du prix des carburants, le gouvernement français a tenu à clarifier la situation des approvisionnements énergétiques. Si aucune rupture n’est constatée, la vigilance reste de mise, en particulier pour le kérosène, carburant indispensable à l’aviation. « Il n’y a aucune pénurie à l’heure où nous parlons », a assuré Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement. Ce message vise à rassurer dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques. Toutefois, cette stabilité reste fragile. « Il y a davantage de tensions », a-t-elle reconnu. En clair, les flux d’approvisionnement pourraient être affectés si la situation internationale venait à se dégrader.
Pour faire face à un éventuel choc d’approvisionnement, la France dispose de réserves stratégiques de carburants. Ces stocks, conçus pour répondre à des crises majeures, peuvent être mobilisés rapidement si nécessaire. Leur ampleur offre une sécurité non négligeable : les autorités évoquent « une centaine de jours de disponibilité de carburant ». Cette capacité permettrait d’amortir une interruption temporaire des importations de kérosène.
Cependant, leur utilisation suit une logique précise. « Ces stocks répondent à des problèmes de volume et non à des problèmes de prix », a précisé Maud Bregeon. Autrement dit, ils ne sont pas destinés à contenir les hausses tarifaires, mais à prévenir une pénurie physique. Depuis quelques jours, les compagnies aériennes appellent l’État à agir face à la situation actuelle.
L’aviation européenne sous pression face aux risques sur le kérosène
L’inquiétude actuelle trouve son origine dans les tensions au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique concentre une part significative du commerce mondial de pétrole, ce qui en fait un point de vulnérabilité majeur. Depuis le début de la guerre dans la région, les prix fluctuent en fonction des tensions locales. Les perturbations dans cette zone alimentent les craintes d’un déséquilibre des approvisionnements en Europe. Le kérosène, en raison de sa dépendance aux flux internationaux, est particulièrement exposé.
Dans ce contexte, les compagnies aériennes montent au créneau. Plusieurs acteurs du secteur réclament déjà des mesures d’urgence à Bruxelles. Leur crainte : une réduction des livraisons susceptible d’affecter les opérations aériennes à court terme. D’autant que le kérosène importé en Europe provient essentiellement du Moyen-Orient. Pour l’instant, l’aviation est l’un des secteurs les plus touchés par les tensions internationales. Les compagnies ont déjà répercuté les hausses sur de nombreux billets, bien que les destinations les plus courtes semblent encore épargnées.
