La Répression des fraudes va pouvoir utiliser plus largement le « name and shame »

Depuis le 1er janvier, la Direction de la répression des fraudes a acquis de nouveaux pouvoirs en matière de « name and shame », littéralement « nommer publiquement et faire honte » aux entreprises coupables d’actions illicites.

Par Olivier Sancerre Modifié le 2 janvier 2023 à 10h11
Dgccrf Utiliser Largement Name And Shame
35,8 millionsEn 2021, la DGCCRF a adressé des demandes administratives d'un montant de 38,5 millions d'euros.

Les entreprises en ont horreur, et pour cause : la pratique du « name and shame » vise en effet à pointer du doigt publiquement celles qui se rendent coupables de mauvaises pratiques. Depuis le début de l'année, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a de nouveaux pouvoirs en la matière, par la vertu de la loi votée cet été sur les mesures d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat. Un décret publié en toute fin de semaine dernière précise ces outils supplémentaires qu'Olivia Grégoire, la ministre déléguée au Commerce, espère être utilisés « largement et rapidement ».

La DGCCRF déjà adapte du « Name and shame »

La DGCCRF avait déjà la possibilité de dénoncer publiquement et nommément une entreprise, mais uniquement dans le cadre d'une sanction administrative. Le texte prévoit désormais que les inspecteurs pourront rendre publique les injonctions à modifier une pratique illicite, une infraction à la réglementation ou encore une clause commerciale illégale. Il s'agit de pousser les entreprises à mettre fin à leurs pratiques dans un court délai. La Direction explique que le « name and shame » est complémentaire aux sanctions financières, voire aux peines d'emprisonnement.

Complémentaire aux sanctions financières

Ces outils s'appliquent à l'ensemble du champ d'action de la Direction de la répression des fraudes. Cela pourra être par exemple dans le cadre de la protection des consommateurs, ou encore la lutte contre les pratiques limitant la concurrence. Autre mesure : la DGCCRF pourra effectuer des « réquisitions numériques » qui lui permettra d'ordonner le renvoi des sites frauduleux bloqués vers une page qui informera les consommateurs des motifs du blocage.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

2 commentaires on «La Répression des fraudes va pouvoir utiliser plus largement le « name and shame »»

  • Voilà ce que c’est quand nos « dépités » de la Nation décident unilatéralement de copier le système anglo-saxon du « name & shame » alors que l’on peut le faire à notre façon c’est à dire en appliquant le « name & shame » pour les abus et les gros bonnets et donc en épargnant les pauvres gens qui ont du mal à s’en sortir et donc à joindre les deux bouts alors que souvent des façons illicites sont les seuls recours d’arrondir les fins de mois.

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  • En fait, je tenais à signifier qu’il ne faut pas seulement viser les personnes morales (entreprises, associations, fondations, groupes) mais aussi les personnes physiques valides, riches et tous ceux qui abusent des systèmes en place.
    Alors que nos Députés n’ont toujours pas pondu des lois qui réforment et donc évitent les abus dans tous les domaines sociaux et économiques… et là, il y a du pain sur place…
    Comme toujours en France, on met des sparadras sur tout mais on ne règle pas les problèmes ou les abus pour autant et donc, le « name & shame » pourrait s’appliquer autant à l’ETAT qu’à toutes les personnes morales et physiques pour n’avoir pas réglé les problèmes, résolu les abus et mis des réformes sous forme de loi si nécessaire.

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