Fer de lance de la politique de rénovation énergétique des logements, MaPrimeRénov’ pourrait bien s’arrêter plus tôt que prévu en 2025. Les crédits pour l’année auraient été entièrement consommés. De fait, plus aucune aide ne pourrait être versée dès le 1er juillet 2025.
MaPrimeRénov’ : le dispositif pourrait s’arrêter le 1er juillet 2025

Vers la fin des aides pour MaPrimeRénov’ en 2025 ?
Selon Le Parisien, le gouvernement envisage de suspendre MaPrimeRénov’ dès le mois de juillet 2025, avec une reprise possible uniquement à partir de janvier 2026. Le dispositif phare de soutien à la rénovation énergétique, déjà mis à rude épreuve ces dernières années, semble désormais victime de son propre succès et des restrictions budgétaires drastiques imposées par Bercy.
MaPrimeRénov’, pilier de la politique publique de rénovation énergétique, pourrait bien connaître une année blanche. En effet, « les crédits prévus pour l’ensemble de l’année 2025 sont déjà pratiquement intégralement consommés », explique une source proche du dossier. Traduction : les fonds sont épuisés, six mois avant la fin de l’exercice. Une situation ubuesque, quand on sait que l’aide était censée permettre à des milliers de foyers modestes d’améliorer la performance énergétique de leur logement.
La trajectoire budgétaire du dispositif a été progressivement réduite. Le budget prévu initialement pour 2024, soit 4,5 milliards d’euros, a fondu à 2,3 milliards d’euros en 2025. Cette réduction a mécaniquement limité la capacité d’action du programme, alors même que la demande continuait de croître.
Rénovation énergétique : gel des aides et tsunami administratif
La suspension envisagée n’est pas qu’un détail technique. Elle implique le gel immédiat de toutes les nouvelles demandes. Cependant, des retards sont à prévoir pour ceux dont le dossier est déjà validé et qui, de facto, devraient bénéficier des aides. Les autres devront attendre, c’est une certitude. Peut-être longtemps. Ce gel fragilise toute la chaîne : entreprises du bâtiment, artisans certifiés RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), et surtout les ménages les plus vulnérables. Pire encore : l’administration est engorgée. Le cabinet de la ministre du Logement, Valérie Létard, reconnaît « une surcharge des services instructeurs », « un allongement des délais d’engagement » et un « niveau élevé de fraude ». Bref, l’appareil semble au bord de la rupture.
Face à cette situation explosive, le gouvernement temporise pour le moment. Le cabinet de la ministre du Logement affirme que, pour l’instant, rien n’est encore définitivement acté. Des annonces officielles sont attendues dans les prochains jours, selon Le Parisien, pour « mieux gérer l’afflux de dossiers et détecter les fraudeurs en amont ». Mais pour les professionnels comme pour les citoyens, l’effet d’annonce est déjà là.
Outre les effets budgétaires, les failles du dispositif sont mises en lumière : plusieurs milliers de plaintes ont été déposées devant les tribunaux administratifs pour défaut de suivi des chantiers ou des fraudes. Certains particuliers dénoncent même des retards de paiement de plus de 300 jours. Le grand chantier de la rénovation énergétique commence à patiner sérieusement.
