La Marine française maintient sa confiance dans son investissement de 10 milliards d’euros pour le porte-avions France Libre, équipé de catapultes électromagnétiques américaines EMALS. Malgré l’ordonnance de Donald Trump visant à revenir aux catapultes à vapeur, l’amiral Christophe Cluzel ne voit pas le contrat français menacé, s’appuyant sur la fiabilité technique éprouvée et les stratégies de réduction de dépendance mises en place.
Marine française : 10 milliards d’euros investis dans le projet France Libre

Alors que Donald Trump a ordonné le retour aux catapultes à vapeur pour les porte-avions américains, la Marine française reste confiante dans son investissement de 10 milliards d'euros pour le programme France Libre. Ce projet repose sur les catapultes électromagnétiques fournies par General Atomics, un fabricant américain. L'amiral Christophe Cluzel, chef d'état-major de la Marine nationale, a exprimé le 14 octobre 2026 qu'il ne considère pas leur contrat menacé, malgré la décision présidentielle de l'été dernier.
Investissement public dans le porte-avions France Libre
Le porte-avions France Libre est un des plus grands projets d'armement de la décennie pour la France, avec un budget total de 10 milliards d'euros. Ce navire de 80 000 tonnes et 310 mètres de long devrait être opérationnel en 2038. Le budget couvre la construction, l'intégration des systèmes de combat, la propulsion nucléaire et les équipements de catapultage. Lors d'une audition parlementaire, il a été souligné que ce programme assure une permanence aéronavale, garantissant qu'au moins un porte-avions français soit toujours en service.
Dépendance à General Atomics : un risque maîtrisé ?
La France a choisi General Atomics pour des raisons économiques, développer une solution nationale aurait entraîné des délais et des coûts incompatibles avec l'échéance de 2038. "Nous pourrions le faire, mais cela prendrait plus de temps et coûterait bien plus cher", a déclaré l'amiral Cluzel. Les EMALS américaines présentent un taux de disponibilité de 98% après 40 000 lancements, réduisant ainsi les coûts d'exploitation à long terme. Pour atténuer le risque financier, la Marine a prévu l'achat d'un stock stratégique de pièces détachées, assurant les réparations sans dépendre des délais de livraison transatlantiques. Une étude sur la conception de catapultes nationales est attendue pour 2028, ouvrant la possibilité de solutions autonomes pour l'avenir.
L'impact potentiel de la décision de Trump sur l'investissement français
La décision américaine de revenir aux catapultes à vapeur pourrait affecter la chaîne d'approvisionnement des EMALS. Si General Atomics réduit sa production, les coûts pour les clients étrangers pourraient augmenter. Cependant, selon l'amiral Cluzel, cette décision n'est pas définitive. Plusieurs scénarios économiques sont envisageables : dans le meilleur des cas, General Atomics continue sa production pour les commandes internationales ; dans un scénario intermédiaire, l'entreprise augmente ses tarifs, entraînant des surcoûts pour la France ; dans le pire des cas, General Atomics abandonne la technologie EMALS, obligeant la France à développer une alternative dans l'urgence. Les experts en économie de défense privilégient actuellement le scénario optimiste, en raison des investissements déjà engagés par General Atomics.
Étude française sur l'autonomie technologique en 2028 : un enjeu de taille
L'étude sur la faisabilité d'une conception nationale de catapultes électromagnétiques est cruciale pour l'avenir. Ses conclusions, attendues en 2028, détermineront si la France doit investir dans un programme autonome. Le développement de cette technologie pourrait transformer une dépense en opportunité industrielle, avec des perspectives d'exportation vers d'autres marines européennes. Bien que le coût de développement reste à préciser, il pourrait s'élever à plusieurs centaines de millions d'euros sur dix ans. L'enjeu principal est de savoir s'il est préférable d'investir dans la souveraineté technologique ou de continuer la coopération avec les États-Unis pour optimiser les coûts.
La Marine française affiche une confiance solide dans son investissement de 10 milliards d'euros, fondée sur une analyse pragmatique des risques et opportunités. L'avenir dira si les turbulences politiques américaines influenceront ce choix économique et stratégique.