Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre, lance une alerte majeure au G20 : l’intelligence artificielle de frontier constitue une menace systémique pour la finance mondiale. L’interaction entre endettement record, valorisations excessives et concentration des investissements en IA pourrait amplifier une correction boursière future. Les capacités cyber de ces modèles avancés risquent de déclencher des attaques d’une vitesse et d’une échelle inédites, exploitant la dépendance du système financier à quelques fournisseurs technologiques concentrés.
L’IA pourrait provoquer un krach : l’avertissement de Bailey au G20

Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d'Angleterre, a averti le G20 en Caroline du Nord des risques financiers que pose l'intelligence artificielle. Il a souligné que l'interaction entre l'endettement croissant, les valorisations excessives et la concentration des investissements en IA pourrait transformer une correction boursière en crise systémique mondiale. Dans une lettre du 28 août 2026, le président du Financial Stability Board a mis en lumière une menace sans précédent pour la stabilité financière mondiale.
Les vulnérabilités économiques selon Bailey
Bailey a décrit un phénomène nouveau où l'endettement record, les valorisations élevées et la concentration du marché pourraient amplifier une correction future. Les investissements croisés entre les entreprises d'IA et les géants technologiques comme Amazon, Microsoft et Google créent un risque accru. Les valorisations des entreprises technologiques sont déconnectées des fondamentaux, et un choc pourrait déclencher un effet domino dévastateur.
Il a également exprimé son inquiétude quant au fait qu'un choc important pourrait simultanément déclencher plusieurs vulnérabilités. L'interconnexion entre le secteur technologique et la finance crée un risque systémique unique, avec des investissements massifs dans l'IA basés sur des promesses de rentabilité hypothétiques. Si les valorisations s'effondrent, l'effet de levier pourrait transformer une baisse ordinaire en crise financière majeure, comparable à celle de 2008.
Les cyber-risques en tant que catalyseur économique
Bailey a souligné que les modèles d'IA avancés représentent une nouvelle menace pour le système financier. Ces systèmes possèdent des capacités sophistiquées d'autonomie et de résolution de problèmes, augmentant le risque de cyberattaques rapides et à grande échelle. Une attaque coordonnée par des algorithmes autonomes pourrait cibler simultanément plusieurs infrastructures financières, provoquant une perte de confiance instantanée.
La dépendance aux fournisseurs de services tiers, comme AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud, ajoute un risque de contagion. Une vulnérabilité dans ces infrastructures pourrait paralyser des centaines d'institutions financières, soulignant le risque global que pose la concentration des infrastructures technologiques.
Le dilemme britannique : investir dans l'IA tout en s'en protégeant
Le Royaume-Uni a annoncé un fonds de 100 millions de livres pour développer une capacité d'IA souveraine, visant à réduire la dépendance aux technologies étrangères. Cependant, Bailey a noté que sans protocoles appropriés, cet investissement semble dérisoire face aux investissements massifs des États-Unis et de la Chine. Le développement d'une IA souveraine pourrait même exacerber les vulnérabilités identifiées.
Depuis 2017, le Financial Stability Board examine les implications de l'IA sur la finance. En octobre 2025, un rapport soulignait déjà les dépendances aux tiers et les risques de modèle. Cependant, l'évolution rapide de l'IA dépasse les cadres réglementaires actuels. Plus de 1 367 chercheurs ont mis en garde contre les risques systémiques. La réunion du G20 en Caroline du Nord est cruciale pour décider de l'encadrement possible d'une innovation menaçant l'équilibre financier mondial.
