Obsolescence programmée de Windows 10 : 400 millions de PC obtiennent un sursis

La décision de Microsoft concernant Windows 10 a surpris autant qu’elle a soulagé : alors que des centaines de millions d’ordinateurs risquaient de devenir obsolètes dès octobre 2025, l’éditeur a annoncé un répit d’un an.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 25 septembre 2025 6h14
Windows 10 Microsoft
Un engouement pour Windows 10 comme défi pour Microsoft. - © Economie Matin
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Le 24 septembre 2025, Microsoft a confirmé que le support de Windows 10, prévu pour s’achever le 14 octobre 2025, serait prolongé. La firme accorde en effet un délai supplémentaire aux utilisateurs d’ordinateur encore équipés de ce système, avec la promesse d’un an de mises à jour de sécurité critiques.

Microsoft voulait tourner définitivement la page Windows 10

Lorsque Microsoft avait annoncé la fin du support de Windows 10 pour le 14 octobre 2025, le calendrier semblait sans appel. Selon BFMTV, près de 400 millions de PC auraient perdu toute mise à jour de sécurité ce jour-là. Autrement dit, des centaines de millions d’ordinateurs auraient été exposés aux menaces sans correctif officiel, ce qui inquiétait experts en cybersécurité et associations de consommateurs.

Dans un premier temps, l’entreprise avait mis en avant Windows 11 comme solution unique. Cette stratégie devait inciter les utilisateurs à migrer rapidement, quitte à remplacer du matériel incompatible. Comme le rappelle Windows Central, Microsoft conseillait aux particuliers et entreprises de “se préparer avant octobre 2025 pour rester sécurisés”, un discours qui renforçait les critiques d’obsolescence programmée.

Pour de nombreuses associations, dont Halte à l’Obsolescence Programmée (HOP), le plan initial revenait à condamner un parc massif de machines encore fonctionnelles. HOP estimait que “400 millions de machines se seraient retrouvées potentiellement obsolètes du jour au lendemain”. Le risque économique était immense, mais le risque écologique l’était tout autant, avec des millions de déchets électroniques générés prématurément.

Un compromis : mises à jour critiques pendant un an

Face à cette contestation, Microsoft a dû infléchir sa position. Le 24 septembre 2025, la firme a publié un communiqué officiel expliquant : “Nous avons entendu les préoccupations des utilisateurs et nous leur offrons une transition plus souple”. Concrètement, les utilisateurs de Windows 10 en Europe et aux États-Unis bénéficieront d’un an de répit, soit jusqu’en octobre 2026, avec des mises à jour de sécurité critiques gratuites.

Le Figaro a précisé que cette mesure concerne uniquement les correctifs critiques ou importants, mais exclut les évolutions fonctionnelles. Un programme baptisé Extended Security Updates (ESU) a été mis en place. Toutefois, seuls les ordinateurs sous la version 22H2 et liés à un compte Microsoft pourront en bénéficier. Cette solution intermédiaire répond à une exigence de sécurité, mais laisse entière la question du renouvellement forcé de matériel.

En effet, nombre de PC sous Windows 10 ne peuvent migrer vers Windows 11 faute de support matériel requis. La mesure apparaît donc comme un délai, un sursis pas une solution définitive.

Quelles conséquences pour la sécurité et l’avenir du parc informatique ?

La question de la sécurité reste centrale. Sans correctif, les ordinateurs deviennent des cibles privilégiées pour les cyberattaques. Le délai supplémentaire accordé par Microsoft permet d’éviter un scénario catastrophe dès 2025. Toutefois, comme l’explique HOP, “ce répit ne règle pas la question structurelle d’une politique de mises à jour qui pousse artificiellement les consommateurs vers Windows 11.”

Microsoft a tenté d’atténuer la polémique en prolongeant d’autres services. Ainsi, selon The Verge, les applications Microsoft 365 continueront de recevoir des mises à jour sur Windows 10 jusqu’au 10 octobre 2028. Cette annonce vise à rassurer les entreprises dépendantes de la suite Office, qui craignaient de devoir basculer toutes leurs infrastructures en urgence.

En parallèle, Windows Central souligne que Microsoft encourage le recyclage et le rachat de vieux ordinateurs, via des programmes de trade-in et de reprise. Une manière de présenter le renouvellement du matériel comme une transition responsable, même si pour les associations de consommateurs, la démarche reste insuffisante face aux enjeux environnementaux.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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