Le Mondial de l’Auto de Paris 2026 accueille un nombre record de 25 marques chinoises sur 60 constructeurs présents, soit 42% de l’ensemble. BYD, Xpeng, Lynk&Co et Omoda&Jaecoo déploient des stratégies d’expansion agressives avec des centaines de concessionnaires et des véhicules adaptés au marché européen. Les projections tablent sur un doublement des parts de marché chinoises en Europe d’ici 2030, passant de 10% à 20%.
Mondial de l’auto : la Chine surreprésentée face à l’Europe

Le Mondial de l'Auto de Paris 2026, ouvert au public depuis le 12 octobre 2026, marque une étape majeure dans l'évolution du secteur automobile. Parmi les 60 constructeurs présents, 25 sont chinois, représentant 42% du total. Ce record reflète une offensive commerciale soigneusement planifiée. Tandis que les visiteurs découvrent les nouveautés, les chiffres révèlent une autre réalité : les marques chinoises pourraient doubler leur part de marché européenne d'ici 2030, passant de 10% à 20%, selon la Plateforme automobile.
Un record de présence : 25 marques chinoises au cœur du Mondial
Vingt-cinq marques chinoises sont présentes au salon de Paris, un chiffre inédit pour cet événement. Les constructeurs européens, quant à eux, sont 18, contre 11 en 2024. Cet écart grandissant souligne la transformation de la géographie du salon, comme l'indique Le Parisien. Inauguré le 12 octobre par Emmanuel Macron, l'événement attend 500 000 visiteurs jusqu'au 18 octobre. Au-delà de l'aspect spectaculaire, ces chiffres traduisent une réalité économique : la Chine investit massivement le marché européen avec une stratégie commerciale agressive et des moyens considérables.
BYD, leader mondial des ventes de véhicules électriques, incarne l'ambition chinoise avec une part de marché française inférieure à 2% mais 130 concessionnaires déjà actifs. Dorothée Bonassies, directrice générale de BYD France, souligne : « On a vraiment envie d'être présent en France sur du long terme. L'objectif est d'arriver à 200 concessionnaires, c'est très important parce que c'est ça qui crée la confiance avec nos clients. » Xpeng suit une approche similaire avec environ 100 concessions et prévoit 9 000 ventes en 2026, dépassant les 7 000 initialement estimées. Lynk&Co, filiale de Geely, cible un segment plus restreint avec trois SUV haut de gamme et anticipe entre 2 000 et 5 000 ventes en 2027. Ces stratégies partagent une même volonté : ancrer durablement la présence chinoise en Europe.
Les stratégies commerciales : adaptation et localisation
Différemment des premières incursions asiatiques, les constructeurs chinois investissent dans des infrastructures locales. BYD ambitionne de passer de 130 à 200 points de vente, un réseau similaire à celui des acteurs déjà établis. France Info rapporte qu'Omoda&Jaecoo (groupe Chery) a même ouvert un centre de recherche et développement à Paris. Lionel French-Keogh, directeur des opérations en France pour Chery, explique : « Les marques comme Omoda&Jaecoo ont été faites pour le marché à l'export. On a installé un centre de recherche et développement à Paris pour travailler justement sur les citadines, qui ne sont pas forcément des tailles de véhicules qu'on va retrouver en Chine. » Cette localisation ne se limite pas à la distribution, elle vise aussi la conception des produits.
Gammes de prix compétitives et ciblage de segments
Xpeng présente au Mondial de l'Auto son modèle L03 à 35 000 euros, conçu pour répondre aux attentes européennes. Thomas Rodier, directeur commercial de Xpeng France, précise : « Ce véhicule existe parce que l'Europe l'a demandé. En Chine, plus c'est grand, mieux c'est. La L03 fait 4,65 mètres, pour eux, ça paraît vraiment minuscule ! » Ce positionnement tarifaire constitue un atout compétitif majeur. Les constructeurs chinois associent prix attractifs, technologie de batteries avancée et adaptation aux routes européennes. Cette stratégie, qui inclut le SUV premium de Lynk&Co et les citadines d'Omoda&Jaecoo, défie les acteurs traditionnels peinant à maintenir des prix similaires tout en préservant leurs marges.
Implications économiques : vers une redistribution des parts de marché
La Plateforme automobile, représentant le secteur français, prévoit un doublement des parts de marché chinoises en Europe d'ici 2030, atteignant 20%, soit une voiture neuve sur cinq. Cette progression pourrait bouleverser les équilibres économiques du continent. Le Monde note que les constructeurs européens cherchent à valoriser leurs atouts séculaires, mais la dynamique actuelle favorise les nouveaux venus. Entre 2024 et 2026, la présence chinoise au salon a considérablement augmenté, avec BYD passant de son implantation initiale à 130 concessionnaires. La progression suit une courbe exponentielle.
Face à cette offensive, les acteurs européens ajustent leurs stratégies. Stellantis renforce sa présence au Mondial de l'Auto. Les 18 marques européennes présentes en 2026, contre 11 en 2024, montrent une prise de conscience. Pourtant, l'écart technologique sur les batteries électriques et les capacités de production à bas coût restent des défis majeurs. L'implantation possible d'une méga-usine BYD en France accentuerait encore la pression concurrentielle. Les constructeurs historiques misent sur leur réputation, leur infrastructure établie et leur expertise. Mais ces atouts suffiront-ils face à des concurrents soutenus par l'État chinois, maîtrisant la chaîne de valeur des batteries et proposant des tarifs 20 à 30% inférieurs ? La réponse se dessine dans les allées du salon parisien, où certaines marques européennes misent sur l'innovation conceptuelle pour se démarquer.
